Ce volume propose la traduction de textes anciens associés à la mémoire des saints évêques de Lyon: le Martyre de St Irénée, St Andoche (ou Andéol) et St Bénigne, la Vie ancienne de St Just, les vers de Sidoine Apollinnaire commémorant St Patiens, la Vie ancienne de St Nizier.
Le livre est accompagné d’une carte géographique des lieux mentionnés dans le texte et d’un glossaire des termes rares.
(Traduit du grec ancien et du latin en français et en russe par Sergey Kim. Collection "Saints bilingues", vol. 4.)
Il s'agit d'une édition bilingue français-russe Disponible aux éditions Eikon
Le livre contient une nouvelle traduction francaise et russe de la Vie de sainte Geneviève de Paris. Cette Vie ancienne a été composée par un membre du clergé, probablement un parisien, dix-huit ans après la mort de la sainte, c'est-à-dire autour de l'an 520.
La publication constitue le deuxième volume de la série de livres avec une édition parallèle des vies des anciens saints de l'Occident qui sont vénérés dans l’Église orthodoxe. Les nouvelles traductions sont préparées par les membres du groupe orthodoxe de travail sur les saints locaux. Le principe de l’édition bilingue vise à élargir le lectorat.
Le livre est accompagné d’une carte géographique des lieux mentionnés dans le texte et d’un glossaire des termes rares.
(Traduit du latin en français et en russe par Aline Derely et Sergey Kim. Collection "Saints bilingues", vol. 2.)
A la découverte des reliques des Saints orthodoxes de France - Une aventure chrétienne
La vénération des reliques semblait s'être éteinte en Occident, la voilà qui renaît. Pouvait-il en être autrement? Comme tout pays chrétien, la France s'est construite sur les reliques qu'elle possédait.
La France, malgré les vicissitudes, regorge de reliques. Une multitude de saints l'ont peuplée et nourrie durant le premier millénaire, celui de l'Église indivise, lorsque les chrétiens n'étaient pas séparés entre Orient et Occident.
A peine frémissants dans les années 90 du XX° siècle, les pèlerinages des chrétiens orthodoxes sur les reliques des saints et des lieux saints de France se multiplient depuis le début du XXI° siècle. L'intérêt augmente chez les Catholiques, les ostensions attirent des foules.
Quand les Orthodoxes découvrent et vénèrent les saints des Gaules des premiers siècles, ce sont des blessures par-delà l'histoire qui se referment dans une prière commune.
Nous présentons ici le premier guide écrit en français des reliques des saints «orthodoxes» en France. Pour chaque entrée, un bref rappel de la vie du saint, du contexte historique et de l'histoire de sa relique est exposé.
Introduction
UNE AVENTURE CHRÉTIENNE
À chaque jour du calendrier chrétien correspond la fête de saints particuliers. Réciproquement, chaque saint glorifié a son, ou ses, jours de fête. Ces saints, par leur vie exemplaire et le récit des miracles accomplis de leur vivant et après leur mort, exaltent notre foi. Lorsque nous les fêtons ou que nous les prions, ils portent nos prières jusqu'au Père.
Saint Justin Popovitch dans son ouvrage Philosophie orthodoxe de la Vérité, dogmatique de l'église orthodoxe, tome V, consacre plusieurs chapitres à ce qui définit un être reconnu comme saint par l'église. Il écrit:
«La Sainteté des saints, tant celle de leurs âmes que celle de leurs corps, vient du zèle qu'ils ont mis à mener leur vie dans la grâce et dans les vertus dans le corps divino-humain de l'Eglise du Christ».
Certains édifices religieux gardent encore précieusement le corps entier, un élément de ce corps, un vêtement ou un objet ayant appartenu à un saint. Ce sont des reliques.
Le père Justin dit à propos des saintes reliques:
«...Lorsqu'elle vénère pieusement les reliques des saints, l'Eglise les vénère bien comme des temples du Saint-Esprit, des temples du Dieu vivant dans lesquels Dieu vit par la grâce, même après la mort corporelle des Saints ... ».
L'importance accordée aux reliques a un fondement extrêmement ancien dont la réalité plonge dans la tradition vétérotestamentaire. Il suffit pour s'en persuader de relire la fin de la vie de Jacob et de Joseph qui clôt le livre de la Genèse (Gn 49, 29-33; 50, 25) et aussi ce qui advint par les ossements du prophète Élisée (2 R 13, 20-21).
Ces reliques, dont la partie contient l'ensemble, sont pour les fidèles un appel à la ferveur. Comme l'énonce le père Placide Deseille dans sa préface aux Lettres pastorales de St Nectaire d'Égine:
«Ainsi que l'écrivait au Ve siècle l'évêque de Rouen, saint Victrice, et comme l'ont expérimenté au long des siècles d'innombrables croyants, un petit fragment de son corps ou même d'un linge qu'il a touché rend présent un saint tout entier, avec sa puissance d'exemple et d'intercession ».
Saint Jean Damascène (début du VIII° siècle) compare les reliques à «des temples de Dieu remplis de l'Esprit» car, comme dans les églises, l'Esprit Saint demeure en permanence en elles.
Les reliques sont à l'origine de la fondation de toute église, petite chapelle ou immense basilique. Durant les premiers siècles, beaucoup d'églises étaient construites sur l'emplacement des sépultures des martyrs. Au VIIIe siècle, lors du 7° Concile Ecuménique, la règle est définitivement instituée que tout autel devra obligatoirement être fondé sur de réelles reliques.
La vénération des reliques fut à l'origine de grands rassemblements et de pèlerinages dès les premiers temps chrétiens. Dès le haut Moyen-Âge, posséder des reliques importantes était l'assurance d'obtenir un flux important de pèlerins. Pour les protéger et les mettre en valeur, l'artiste façonna de splendides reliquaires ou participa à la construction de fastueuses cathédrales. Chaque relique possède son histoire. Comme le répétait volontiers le père Nicolas Nikichine, le miracle le plus indubitable des reliques est la beauté et la magnificence des édifices et parfois des villes entières qu'elles ont développés par leur présence.
Les reliques ont voyagé, elles ont été offertes, vendues, achetées, échangées, volées, cachées, mais aussi dispersées, falsifiées, brûlées ou profanées.
La France détient depuis le début de son évangélisation une multitude de reliques. Certaines sont encore vénérées, d'autres ont été oubliées, beaucoup ont disparu, détruites principalement au moment des guerres de religion par les protestants et, plus tard, par les révolutionnaires et les communards. Cet acharnement contre les reliques est un témoignage supplémentaire de leur importance. Elles ne laissent pas indifférent.
Dans les pays orthodoxes, les processions avec des reliques, l'exposition des reliques, transporter des reliques pour les faire vénérer aux fidèles ou faire des kilomètres pour un fidèle pour les vénérer sont tout à fait habituels. Processions et ostensions en pays catholiques perdurent à certains endroits, y compris en France malgré l'interdiction des processions promulguée sous la III° République.
La date de la mort d'un saint est le plus souvent choisie pour déterminer la date où il sera fêté. Cependant, des événements en lien avec les reliques des grands saints sont aussi commémorés, ce qui fait qu'un saint peut être fêté à plusieurs dates. Par exemple saint Nicolas, évêque de Myre en Lycie, est fêté le 6 décembre mais aussi le 9 mai, jour de la translation de ses reliques à Bari. Le Prophète et Précurseur Jean le Baptiste est fêté le 24 juin, jour de sa naissance, mais aussi le jour de sa décollation, le 29 août, ou pour l'invention de son Chef, le 24 février, et à d'autres dates encore.
Le Grand schisme de 1054 sépara malheureusement les chrétiens d'Occident et d'Orient. Depuis, les saints ne sont plus tous reconnus de part et d'autre. Mais avant cette date, ils sont communs. La présence en France d'un grand nombre de reliques de saints d'avant le schisme nous rappelle les liens très étroits et anciens tissés entre les chrétiens d'Orient et d'Occident que ces reliques unissaient, par-delà les distances géographiques, dans une même foi. Il en est ainsi de saint Clément, évêque de Rome mort en 101, dont la vie et l'histoire des reliques nous transportent d'Occident en Orient et d'Orient en Occident.
Malgré la présence en France de fidèles orthodoxes en nombre significatif depuis le milieu du XIX° siècle, l'intérêt de ceux-ci pour les reliques ne semble pas s'être manifesté pendant environ un siècle. Les pèlerinages d'orthodoxes sur les reliques en France apparaissent dans les années 9O du XX° siècle. Des opuscules, bien faits mais restreints à quelques lieux emblématiques, furent édités depuis les années 2000 en langue russe à l'usage du pèlerin russe en France et en langue géorgienne pour le pèlerin géorgien.
Nous abordons de notre côté l'étude de la présence en France des reliques des saints orthodoxes, c'est-à-dire: soit des saints reconnus dans le calendrier orthodoxe, soit des saints non reconnus dans le calendrier orthodoxe mais qui, datant du premier millénaire pourraient être reconnus. De grands saints occidentaux ne figurent dans les calendriers orthodoxes par méconnaissance. Mais l'Église n'étant pas un organisme figé, ils peuvent y entrer. Par exemple, l'Église russe inclut récemment clans son calendrier saint Patrick apôtre de l'Irlande, sainte Odile, saint Vincent de Lérins et d'autres. Un travail important de l'autre côté des Pyrénées s'effectue ces dernières années pour faire connaître en Russie les saints de la péninsule ibérique.
Dans notre étude nous nous sommes limités aux saints et aux lieux les plus connus. La France malgré toutes les vicissitudes regorge de reliques. Il était hors de question d'envisager d'être exhaustif. Nous nous bornons à un premier pas modeste sur le chemin de la connaissance des reliques de France. Lorsque nous avons débuté ce travail, celui-ci progressait lentement car il était ardu de trouver les informations qui restaient comme confidentielles. Les années passant, les données devenaient plus accessibles, davantage publiques, ce qui nous a permis de constater le regain de l'intérêt général pour les reliques.
S'imprégner de la vie des saints et partir à la découverte de leurs reliques est une véritable aventure chrétienne. Nous nous proposons de vous en offrir un avant-goût à travers ces notes. Chaque mois, à l'occasion de la fête d'un saint, nous rappelons brièvement les grands traits de sa vie, l'histoire de ses reliques et l'endroit où le pèlerin d'aujourd'hui peut les vénérer. Nous suivons le calendrier de l'année liturgique qui commence en septembre.
Cette publication inaugure une série de livres avec une édition parallèle des vies des anciens saints qui ont vécu en Occident et qui sont vénérés dans l’Église orthodoxe. Les nouvelles traductions sont préparées par les membres du groupe orthodoxe de travail sur les saints locaux, qui réunit des clercs et des laïcs orthodoxes, des universitaires et des écrivains désireux de rendre les hagiographies anciennes accessibles au lecteur moderne. Le principe de l’édition bilingue vise à élargir le lectorat.
Le livre est accompagné d’une carte géographique des lieux mentionnés dans le texte et d’un glossaire des termes rares.
(Traduit du latin en français et en russe par Sergey Kim. Collection “Saints bilingues”, vol. 1.)
Le volume est sous presse, disponible en précommande promotionnelle jusqu’au 01-06-2024 (date prévisionnelle de parution).
Pour demander une remise “En gros, 40%” (à partir de 20 exemplaires), rendez-vous sur la page Contact.
Ayant récemment appris la publication de cet ouvrage, nous relayons ci-dessous l'annonce :
Reliques et lieux saints orthodoxes en France. Prix 20 Euros, Port inclus.
Ce guide de pèlerinage, première partie de la collection, réunit des informations précises sur l’emplacement de reliques de saints gaulois en France, ainsi que sur d’autres grandes reliques, y compris celles du Sauveur et de la Mère de Dieu. Je les ai compilées sur la base de mon ouvrage précédent, « Les reliques orthodoxes de France », que j’ai publié en géorgien.
J’ai également ajouté des informations sur les vingt-trois monastères canoniques orthodoxes en activité en France. La partie suivante comprendra la vie de saints gaulois et l’histoire de quelques grandes reliques.
J’espère que ces livres feront connaître aux lecteurs la grandeur spirituelle de l’Eglise de la Gaule tout comme les mérites et la puissance extraordinaires de ses saints et les aideront lors de leur pèlerinage.
Le saint évêque Jean de Shanghai et le hiéromoine Seraphim (Rose), deux grandes figures du XXe siècle, ont œuvré pour restaurer la mémoire des saints de la Gaule.
Le prix du livre est de 20 euros, y compris les frais d’envoi.
Collection Trésors poitevins, éditions Association Gilbert de la Porrée
Un petit livre de référence sur saint Hilaire évêque de Poitiers au IVe siècle et père de l'Eglise, surnommé l'Athanase d'occident.
On y trouvera la vita écrite par saint Venance Fortunat, ainsi que des extraits de chaque œuvre du saint hiérarque : Commentaire sur saint Matthieu ; La Trinité ; Traité sur les psaumes ; Traité des mystères ; Hymnes, précédé d'une introduction qui replace le contexte de chaque œuvres.
L'ouvrage se termine par un chapitre retraçant le vénération et l'histoire des reliques de saint Hilaire.
La christianisation de la France (IIe - VIIIe siècle) de Pierre Pierrard, Desclée de Brouwer, 1994.
Cette ouvrage qui aurait très bien pu s'appeler la christianisation de la Gaule IIe-VIIe siècle, s'arrête à la fin du VIIe siècle juste avant l'avènement de Charlemagne. Il se veut un essai critique sur la réalité de cette christianisation : lente, citadine avant d’essaimer dans un monde rural où les survivance païenne persisteront encore longtemps, méditerranéenne avant de gagner l'ouest, puis le nord de la Gaule, contrairement au pieuse légende qui fait remonter l'arrivée de l’Évangile en Gaule à l'entourage de Jésus et son évangélisation à des évêques venu de Rome.
"Le livre de Pierre Pierrard permet à chacun de se faire une idée juste de l'arrivée du christianisme en Gaule et des conditions historiques de son assimilation."
En tant que lecteur orthodoxe outre deux ou trois confusion de l'auteur entre christianisme et catholicisme, ce livre retrace très clairement la période orthodoxe du christianisme en Gaule, jusqu'au début de son déclin, qui commença au milieu VIIe siècle suite à la mort du roi Dagobert (639) qui entraînera le royaume dans une crise politique qui engendrera une décadence culturelle et morale. Celle-ci aboutera à partir des carolingiens à la société médiévale et aux prémices de ce qui deviendra le catholicisme.
Un livre riche en information et en réflexion sur l'histoire du christianisme orthodoxe en Gaule.
Hilaire de Poitiers et la passion de la Communion, actes du colloque consacré à Hilaire de Poitiers par l'association Caritas Patrum.
HILAIRE DE POITIERS ET LA PASSION DE LA COMMUNION
Pionnier de la théologie d’expression latine, il continue de nous enseigner à travers ses textes et ses combats. Passionné du mystère de Dieu et de sa transmission, il vivait, disait-il, l’épreuve du langage confronté à la nécessité de formuler la foi tout en gardant une vive conscience des limites de nos simples mots face au mystère de Dieu.
Cette quête de cohérence et d’intelligibilité ne cessera d’éclairer sa recherche de vérité au long cours. Baptisé à l’âge adulte, puis choisi comme évêque par les clercs et les laïcs de sa ville, il fut intimement mêlé à la lutte contre l’arianisme. Payant le prix fort pour son engagement, il n’eut d’autre objectif, d’autre combat que d’affirmer la réciprocité entre vérité et communion au sein de l’expérience chrétienne. Artisan du rétablissement de l’orthodoxie en Gaule (on l’appellera « l’Athanase de l’Occident »), reconnu déjà comme « docteur de l’Église » par Augustin, sa théologie trinitaire, nourrie par l’Ecriture, s’enrichira, pendant ses années d’exil, de sa découverte des sources grecques. Pour notre plus grand profit.
Au sommaire de ces Actes :
- Le rassembleur (Philippe HENNE)
- Hilaire de Poitiers, l’homme des communions (Pascal-Grégoire DELAGE)
- Dimensions eucharistiques de la communio (Denis DUPONT-FAUVILLE)
- Le peuple juif dans le Commentaire sur Matthieu (Marc MIHAU)
- Hilaire de Poitiers à l’épreuve du langage (Annie WELLENS)
- Considération sur la prière selon Hilaire de Poitiers (Michel COZIC)
- La basilique dédiée à saint Hilaire à Poitiers : Bilan des dernières recherches archéologiques (Anne JEGOUZO)
- Phoébade d’Agen et la christianisation de l’Aquitaine (Pascal-Grégoire DELAGE)
« D’Eucher, on ne sait presque rien. Ce seront, pour l’essentiel, des conjectures. Voici à peu près à quoi ressembla sa vie.
Il naît dans une grande famille lyonnaise ; la date est incertaine. (Celle de sa mort n’est pas plus assurée : entre 449 et 455. Du moins a-t-on ces repères.) Il lit beaucoup, connaît un peu le grec. On voit passer dans ses textes, dans le Mépris du monde, dans les Instructions, l’ombre d’un long cortège, Cicéron, Sénèque, Aulu-Gelle, Pline, Symmaque, Prudence, Claudien ; et Virgile et la Bible, dont il est évidemment pétri, comme le sont ceux qui vivent en sachant où est la vie. Il devient sénateur (il n’y a pas de plus haute fonction). Il a épousé Galla, qui est très pieuse elle aussi ; viennent deux fils, Salonius et Veranius - Salon et Véran -, qu’il envoie à Lérins pour y être élevés par le moine Hilaire dans le monastère de l’île, qu’Honorat vient de fonder. Les deux fils seront évêques du vivant de leur père, le premier de Genève, le second de Vence, sans doute.
La charge de sénateur ne semble pas le satisfaire ; on lit dans l’abrégé de sa Vie par Adon, telle qu’on la découvre en tête de la traduction qu’Arnauld d’Andilly a faite du Mépris du monde : « Il renonça à la qualité de Sénateur si relevée pour s’aller enfermer dans une caverne en l’une de ses terres assise sur la rivière de la Durance, où ne s’occupant qu’à servir Dieu il passait tous les jours & les nuits en jeusnes et en prieres ». Le désir grandit ; Eucher va retrouver ses fils à Lérins en 422, et embrasse la vie religieuse. Galla, de son côté, se retire dans un cloître. Le père, la mère et les deux fils : il y aura quatre saints dans la famille. Puis le monastère même ne suffit pas ; il choisit la vie d’anachorète, fait la traversée de l’île de Lérins (Saint-Honorat) à celle de Lero (Sainte-Marguerite), et s’y établit. Il est seul. Ses vertus sont connues, son exemple rayonne ; on vient le chercher pour l’asseoir sur le siège épiscopal, à Lyon […] Je cite Adon : « L’Evesque de Lyon estant mort, toute cette Eglise suivant l’ancienne coûtume jeusna & pria durant trois jours, pour demander à Dieu de luy vouloir donner un Pasteur capable de la gouverner. Vn ange apparut alors à vn enfant & luy dit : Il y a dans une caverne assise sur le bord de la Durance, vn Senateur nommé Eucher qui a tout abandonné pour suivre IESUS-CHRIST. Il faut l’aller trouver & le prendre pour vostre Evesque : car c’est luy que Dieu a choisi. » Le voici donc à Lyon, sans doute jusqu’à sa mort.
Sa réputation grandit encore. Il défend Augustin contre les « semi-pélagiens » provençaux , correspond avec bien des gens, si l’on en juge par ce qui reste des lettres qu’on lui envoie, Paulin de Nole , Cassien, qui lui dédie l’une de ses Conférences, participe activement au premier concile d’Orange, écrit vraisemblablement La Passion de saint Maurice d’Agaune, ce chef de la légion thébaine qui se fait massacrer au verrou du Rhône, ou alors c’est juste à côté, sur les hauteurs de Martigny (Octodure). Claudien Mamert, qui l’a connu, et avait écouté ses prédications, fait de lui ce bref éloge : « D’âge jeune et d’esprit mûr, méprisant la terre et n’aspirant qu’au ciel, profondément humble et d’un mérite éminent, doué d’une intelligence pénétrante, d’une science étendue et d’une éloquence débordante, il fut sans conteste le plus grand parmi tous les évêques de son temps ». Et c’est à peu près tout. Eucher a-t-il lu ces quelques phrases ? Peu importe. On découvre avec plaisir qu’on peut faire de quelqu’un le portrait le plus précis en ne reprenant que les lieux de l’exemplarité et de la dévotion. Les signatures et les fiertés viendraient plus tard, avec l’invention des individus et celle des écrivains. Je note simplement (et je ne reviendrai plus sur le contraste, c’est inutile) que l’extrême singularité de l’expérience de solitude, celle aussi bien, pour reprendre les termes anciens, du colloque avec Dieu, s’accompagne naturellement d’un certain effacement, et même d’un désir d’oubli, c’est-à-dire d’une confiance ; et qu’à l’inverse, les identités rivées à elles-mêmes, inquiètes et closes, sont comme la petite monnaie de masses indistinctes, leur conversion illusoire et apeurée. Le sens du tragique, donc celui de l’œuvre, s’en est accru ; le changement nous apporte des chances étranges, chèrement payées. »
L'on peut trouver la lettre d'Eucher à Hilaire de Lérins, couramment appelé "Éloge du désert" en format pdf dans une traduction de Christophe Carraud, agrémenté d'une introduction et de notes, sur le site patristique.org. Publié en la fête de saint Eucher de Lyon
Une recension de J.C. Larchet du dernier ouvrage du R.P. Placide Deseille. Ouvrage qui rassemble les nombreux fascicule écrit par l'auteur, dont nous avions déjà évoqué à quelques reprises l'existence.
Père Placide Deseille, « De l’Orient à l’Occident. Orthodoxie et catholicisme », Avant-propos de Bernard Le Caro, Éditions des Syrtes, Genève, 2017, 348 p.
C’est une excellente idée d’avoir rassemblé, dans ce volume, les riches études de l’Archimandrite Placide Deseille, qui datent pour beaucoup d’entre elles de l’époque déjà ancienne où il donnait des conférences régulières et très suivies à Montgeron, mais qui après des années passées n’ont pas pris une ride. Ces textes avaient été publiés sous forme de fascicules par son monastère, et de ce fait n’avaient pas connu toute la diffusion qu’ils méritaient. Le fait de les réunir permet des les avoir tous, mais aussi et surtout de monter un ensemble cohérent, consacré pour l’essentiel à une réflexion historique, théologique et spirituelle sur les rapports entre l’Orient et l’Occident chrétiens avant et après le schisme. Il s’agit plus précisément de montrer comment et pourquoi le christianisme occidental s’est progressivement éloigné du christianisme oriental, le catholicisme-romain se montrant sur certaines points en rupture totale avec l’Orthodoxie, mais conservant, sur d’autres points, des éléments de leurs racines communes, l’Orthodoxie, de son côté, gardant des liens forts avec les saints occidentaux du premier millénaire et assumant parfaitement ce qui, dans la tradition latine du premier millénaire, était en plein accord avec la tradition orthodoxe. Les dix-sept études qui composent le recueil peuvent être réparties en deux parties. Dans une première partie, le Père Placide montre comment l’Occident a été évangélisé à partir de l’Orient, comment le monachisme occidental a pris ses sources dans le monachisme des déserts d’Égypte et en a été profondément imprégné (dans la tradition bénédictine notamment), puis comment des points de rupture sont apparus déjà avec la théologie de saint Augustin, avant que ne se produise une déchirure entre ce qui devint le catholicisme-romain et l’Orthodoxie. Les différences puis les divergences se sont étendues à la spiritualité, mais certaines convergences ont cependant subsisté, et on en voit bien des éléments encore chez Pascal et les « Messieurs de Port-Royal », grands amateurs de la spiritualité des Pères grecs qu’ils ont édités, et jusqu’à nos jours dans les ordres monastiques les plus anciens, comme celui qui suit toujours la règle de saint Benoît. Dans une deuxième partie, l’auteur envisage surtout les rapports de l’Europe avec l’Orthodoxie à l’époque moderne et les questions liées à la diaspora, à l’uniatisme et à l’œcuménisme. L’ouvrage se conclut sur une réflexion sur la façon d’être chrétien orthodoxe aujourd’hui et sur la formulation de quelques exigences de la vie chrétienne.
La compétence particulière du Père Placide Deseille pour analyser les divergences et les convergences (statiques et dynamiques) entre l’Orient et l’Occident chrétiens du premier millénaire, puis entre l’Orthodoxie et le catholicisme-romain tient à sa formation bivalente et à son itinéraire personnel, exposés dans l’autobiographie qui ouvre le volume, avec : sa naissance en 1925, sa première formation au sein du catholicisme, la révélation précoce de sa vocation religieuse, son entrée dans le monachisme à l’âge de 16 ans en 1942, sa formation, sa vie et ses activités au sein du monachisme cistercien (où il fut notamment maître des novices, développa un secteur sur le monachisme et occidental dans le cadre de la collection « Sources chrétiennes », fonda la collection « Spiritualité orientale » aux éditions de Bellefontaine), la fondation d’une communauté de rite byzantin à Aubazine en 1966, puis la crise suscitée par le concile Vatican II, sa découverte progressive (déjà avant cette époque) de l’Église orthodoxe et de quelques-uns des ses grands spirituels au cours de pèlerinages dans les pays orthodoxes, la prise de conscience que le rite byzantin n’était au sein du catholicisme qu’un pauvre ersatz auquel manquait l’essentiel (voir sur ce point son précédent livre : Propos d’un moine orthodoxe), son entrée par le baptême dans l’Église orthodoxe en 1977, et sa fondation en France du monastère Saint-Antoine le Grand dans le Vercors et du monastère de Solan, deux métochia (dépendances) du monastère de Simonos-Pétra (Mont-Athos). Cette conversion du Père Placide et de sa communauté française ne fut pas une expatriation ni un exil, ni même une acculturation : il ne fit par là que retrouver les racines profondes de l’Occident latin et de la France, le christianisme de leurs origines, comme il l’explique dans les dernières lignes de cette autobiographie :
« Un vieux moine de la Sainte Montagne maintenant décédé, le père Gélasios de Simonos-Pétra, nous avait dit un jour : “Vous n’êtes pas des catholiques romains convertis à l’Orthodoxie grecque. Vous êtes des chrétiens d’Occident, des membres de l’Église de Rome, qui rentrez en communion avec l’Église universelle. C’est beaucoup plus grand et beaucoup plus important.” Et, tandis qu’il disait cela, de grosses larmes coulaient sur ses joues… Certes, nous nous sommes bien “convertis”, en ce sens que nous sommes passés de l’Église romaine – envers laquelle nous gardons une immense gratitude pour tout ce que nous avons reçu au sein de nos familles et de ce peuple chrétien qui nous a si longtemps portés – à l’Église orthodoxe. Mais cette Église orthodoxe n’est pas une Église “orientale”, une expression orientale de la foi chrétienne : elle est l’Église du Christ. Sa tradition fut la tradition commune de tous les chrétiens pendant les premiers siècles, et en entrant en communion avec elle, nous ne faisions que revenir à cette source. Nous n’avons pas “changé d’Église” : nous n’avons fait que rentrer dans la plénitude de l’unique Église du Christ. »
Bien documentée mais sans faire étalage d’érudition, claire et pédagogique, vivante (pour être issue de conférences), très équilibrée et nuancée dans ses jugements, et nourrie d’une longue et riche expérience personnelle, cette série d’analyses est indispensable à tous les Orthodoxes vivant en Occident, à tous les Occidentaux s’intéressant à leurs racines chrétiennes les plus profondes et les plus authentiques, et à tous ceux qui souhaitent comprendre, sans aveuglement, compromis ou exagérations de mauvais aloi, ce qui distingue, sépare ou rapproche le catholicisme romain et l’Orthodoxie tant dans leur théologie que dans leur spiritualité et leur mentalité.
L'Orthodoxie : Qu'est-ce que c'est ?
La Voie, La Vérité, La Vie et ses différences avec le Catholicisme.
Ecrit par l'archimandrite Elie, fondateur du monastère de la Transfiguration.
Un petit livre qui contient l'essentiel de ce qu'il faut savoir sur la foi orthodoxe et ce qui la différencie du catholicisme (et en annexe du protestantisme, de islam et du bouddhisme).
"Ce livre, abordable par tous, est à entrées multiples et peut se lire dans l'ordre ou dans le désordre selon les questionnements ou les centres d'intérêt. Les paragraphes nombreux, mais courts, apportent éclaircissements et précisions sur la foi et la vie orthodoxes dans une première partie, puis abordent les points de divergence avec les Catholiques. Aucun désir polémique, seulement la joie de faire connaitre ce qui rend heureux les Orthodoxes, même au cœur des difficultés ! "
Pour en savoir plus, l'on trouve sur la Librairie du monastère un entretien avec le père Elie et le sommaire de l'ouvrage.
L'évangéliaire slavon de Reims dit "Texte du sacre", qui a encore fait parlé de lui récemment lors de la visite du président russe en France, entre mythe et réalité, un texte à lire pour s'éclaircir les idées à son sujet.
Une communication de Sabine Maffre.
La nouvelle édition de l’Annuaire de l’Église orthodoxe en France vient de paraître (format 15 x 21 cm – 100 pages). S’y trouvent: Une carte avec les 280 lieux de culte orthodoxe en France. La présentation de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. Une liste de tous les lieux de culte par département avec vos références. La liste des évêques, des prêtres et des diacres au nombre de 340. Les monastères et les écoles de théologie. Les mouvements, institutions et médias. Les revues, maisons d’éditions, librairies et ciergeries. Les ateliers de chant liturgique et d’iconographie. La liste des membres du clergé décédé depuis 2014.
Commande et règlement à adresser au père Samuel, Monastère de Cantauque – 11250 Villebazy Tél : 04 68 31 69 61 – Courriel : aofrance@nordnet.fr Chèque libellé à l’ordre de : ”Association monastère de Cantauque”
Tarifs port compris 1 exemplaire : 15€ 3 exemplaires : 30€ 5 exemplaires : 40€ Pour la vente en paroisse ou en magasin (à partir de 10 ex.), demandez les tarifs.
Annuaire de l’Église Orthodoxe
Jusque dans les années 1994, le Service Orthodoxe de Presse et d’information (S O P), a édité un annuaire qui fit l’objet de publications successives, sous le titre «L’ÉGLISE ORTHODOXE EN FRANCE».
En mai 2010, nous avions repris ce premier travail, prolongé sous une forme nouvelle, en tenant compte de l’accroissement et de la diversification des communautés et institutions orthodoxes en France, pour offrir un outil réunissant le maximum de renseignements pratiques.
En ce début d’année 2017, après un travail de mise à jour, nous rééditons cet annuaire, sur ce qui constitue l’Église Orthodoxe en France : l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de France (A.E.O.F), les diocèses, les lieux de culte, les monastères, la liste des membres du clergé avec leurs coordonnées, les aumôniers, les ateliers d’icône ou de chant liturgique, les mouvements, les revues et les médias.
Tous ces éléments ont été rassemblés à partir de listes établies par les différentes juridictions orthodoxes de France que nous remercions grandement. Nous aimerions remercier aussi, ceux, nombreux, qui ont bien voulu nous aider dans le travail de recherche nécessaire à cette entreprise.
Malgré le soin apporté à la collecte des informations, un tel ouvrage peut évidemment comporter des lacunes ou des informations erronées. Nous sollicitons d’avance l’indulgence des utilisateurs et nous ne manquerons pas de tenir compte de leurs suggestions et observations qui pourraient nous être faites pour une édition ultérieure.
L’Église orthodoxe en France aujourd'hui
L’Église Orthodoxe en France, s’est structurée à partir des différentes vagues d’émigration, provenant de pays majoritairement orthodoxes.
Ce sont principalement l’émigration russe dans les années 1920, et grecque après 1922, qui ont entraîné un afflux de fidèles nécessitant la création de paroisses et de diocèses.
Alors qu’à la fin du XIXe siècle, on estimait à 20 000 le nombre d’orthodoxes en France, ce nombre, en 1990, était évalué à 200 000.
Aujourd’hui, suite aux récents apports d’une immigration diversifiée, la France compterait environ 500 000 baptisés orthodoxes. Ces nouveaux fidèles viennent de l’ancienne Union Soviétique, de Roumanie, des pays issus de l’ancienne Yougoslavie, et du Moyen-Orient. A ces fidèles d’origine étrangère s’en ajoute un nombre croissant d’origine française, ayant découvert la foi dans l’Église orthodoxe. L’origine nationale des fidèles explique qu’une bonne partie des paroisses utilisent encore, dans les célébrations, la langue liturgique de leurs « Églises-mères » : grec, slavon, roumain, serbe, géorgien, arabe.
Toutefois, le nombre de communautés utilisant le français dans la liturgie et la catéchèse est en croissance continue. C’est en 1927 à Paris, que fut créée la première paroisse de langue française : la paroisse de la Transfiguration et de Sainte Geneviève, confiée au père Lev Gillet. D’autres communautés suivirent, très minoritaires pendant longtemps. Depuis les années 1970, de nouvelles paroisses francophones ont vu le jour, non seulement à Paris, mais sur l’ensemble du territoire. Elles sont devenues majoritaires aujourd’hui, répondant aux besoins pastoraux de fidèles français, mais aussi des enfants et petits-enfants d’immigrés, de plus en plus intégrés à la société française.
On compte en France environ 280 paroisses, une bonne vingtaine de communautés monastiques, trois écoles de théologie, des organisations comme la Fraternité Orthodoxe, et de nombreux mouvements de jeunesse.
Les prêtres et les diacres, au nombre de 330, sont en majorité mariés et exercent le plus souvent une activité professionnelle.
Pour des raisons historiques, les paroisses se regroupent en diocèses, constitués à l'origine selon des critères ethniques et dépendant de patriarcats situés en Europe Orientale ou au Moyen-Orient.
Pour institutionnaliser les relations des diocèses ayant juridiction en France, un Comité Interépiscopal orthodoxe fut créé en 1967, dont l’une des missions était de permettre aux juridictions canoniques d’adopter des positions communes dans les relations oecuméniques.
En 1997, lui a succédé l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France (A.E.O.F), instance de concertation entre évêques. Pour les problèmes communs, elle assume le rôle de porte-parole de l’épiscopat orthodoxe en France.
A cette date, dix Évêques sont membres de « l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France » : Le métropolite Emmanuel, son évêque auxiliaire Irénée et l’archevêque Jean, (tous trois dépendant du patriarcat de Constantinople) ; le métropolite Ignace du patriarcat d'Antioche, l’évêque Nestor du patriarcat de Moscou ; l'évêque Luka du patriarcat Serbe ; le métropolite Joseph et son évêque vicaire Marc du patriarcat de Roumanie ; l’archevêque Michel de l'église Russe hors frontières-patriarcat de Moscou et enfin, le métropolite Abraham du patriarcat de Géorgie.
Les communautés ressortissant des Églises de Bulgarie et d'Ukraine dépendent d'évêques résidant à l'étranger.
Chaque laïc orthodoxe, s’il veut être authentiquement orthodoxe, est censé être rattaché à l’une des paroisses ou communautés dépendant de l’un des membres de « l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de France », eux-mêmes membres du synode de leur patriarcat respectif.
On doit signaler qu’existe en France une marge non-canonique comportant des groupes plus ou moins importants, ne dépendant aucunement d’un patriarcat orthodoxe.
A ce sujet, l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France met en garde contre l’utilisation abusive du nom d’Église Orthodoxe : « L’ecclésiologie orthodoxe est une ecclésiologie de communion qui se manifeste dans l’unité de la foi et du calice, attestée par la succession apostolique et la conciliarité des évêques. Concernant la France, les Églises orthodoxes canoniques sont représentées par tous les évêques qui sont membres de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. Elle seule est habilitée à manifester l’unité et la canonicité de l’Église orthodoxe dans ce pays. En conséquence, toute personne se prétendant « évêque orthodoxe » sans être en communion avec ladite Assemblée ne peut se prévaloir d’un statut canonique orthodoxe en France. L'Assemblée des Évêques Orthodoxes en France tient donc à mettre en garde les personnes dont la bonne foi pourrait ainsi se trouver surprise et déclare que la responsabilité de l’Église orthodoxe en France ne saurait être aucunement engagée par les activités ou les déclarations de toute personne ou de tout groupe n’étant pas en communion avec elle ».
C’est seulement par son appartenance à une communauté
Il y a 200 ans naissait René François Guettée, le futur archimandrite Wladimir (Guettée), premier français prêtre orthodoxe.
Jean - Paul Besse, « Un précurseur : Wladimir Guettée (1816-1892), du Gallicanisme à l’Orthodoxie », Éditions St Jean le Roumain, Lavardac, 1992, 176 pages.
Jean Paul Besse, historien, que les lecteurs du Messager Orthodoxe connaissent bien, livre ici une biographie du père Wladimir Guettée.
Cet ouvrage parut en 1992 à l’occasion du centenaire de la naissance au ciel du père Wladimir, est préfacé par l’archimandrite Serge (Yazadjiev) de l’Eglise Orthodoxe Bulgare, qui en même temps rends un hommage personnel à l‘œuvre du père Wladimir. Il comporte en plus une bibliographie des ouvrages du Père Guettée composé par l’archimandrite Antoine, ainsi que l’Office à Tous les saints orthodoxes glorifiés en terre de France composé par Jean Paul Besse.
René François Guettée (1816-1892), natif de Blois fut le premier prêtre orthodoxe français. Doté d’une vive intelligence, celle-ci lui vaudra des tracasseries dès son jeune âge au séminaire, de la part de ses professeurs jaloux. Ordonné prêtre dans l’Eglise catholique à l’âge de 23 ans, il se fit remarquer grâce à ces remarquables travaux sur l’histoire ecclésiastique, et notamment son Histoire de l’Eglise de France (en 12 tomes). Combattu violemment par le puissant courant ultramontain qui faisait rage à cette époque et désirait écraser pour de bon le gallicanisme, il démontra dans ses œuvres l’inanité des prétentions papales au magistère suprême et à l’infaillibilité, ainsi que celle de l’hérésie mariale (« Immaculée conception ») qui fut érigé en dogme à cette époque. Témoin dérangeant d’une autre vérité chrétienne authentique, il découvrit finalement la catholicité authentique dans l’Eglise orthodoxe. Comme il l’écrira lui-même dans ses Souvenirs d’un prêtre romain devenu prêtre orthodoxe (1889) : « Toutes mes études, en me conduisant à l’Orthodoxie, me confirmaient dans les vrais principes catholiques, et je retrouvais ces principes dans toute leur pureté au sein de l’Eglise Orthodoxe. Je m’étais toujours cru exclusivement catholique au sein du papisme. Mes études me démontrèrent que je m’étais trompé et que la papauté, au lieu d’être catholique dans le vrai sens du mot, avait créé un schisme dans l’Eglise de Jésus-Christ. Je devais donc devenir orthodoxe pour être véritablement catholique. » (p.356-357).
C’est ainsi, qu’à la fin des années 1850, il rencontra de manière fortuite l’archiprêtre Joseph Wassilieff, aumônier de l’église de l’ambassade russe à Paris. Des entretiens qui s’en suivirent sortit la décision de publier L’Union chrétienne, périodique que l’on pourrait qualifier de premier journal orthodoxe en Occident, auquel participa le père Joseph qui écrivait des articles en français, ou encore Alexis Khomiakov et qui fut soutenu par le comte Tolstoï. C’est en 1861 lors de la consécration de l’église orthodoxe russe de Paris, rue Daru, construite grâce aux efforts du père Wassilieff, que le père Guetté rencontra Mgr Léonce, évêque-vicaire du métropolite Isidore de Novgorod et Saint-Pétersbourg, venu consacrer l’édifice, et auquel il fit part de son désir de rejoindre l’Eglise orthodoxe russe. Ce dernier lui promit de transmettre sa requête au saint-synode, qui l’approuvât et le reçut comme prêtre de l’Eglise orthodoxe russe sous le nom de Wladimir. C’est à cette époque qu’il publia son fameux livre La Papauté schismatique, pour lequel il reçut les félicitations du Patriarche de Constantinople Sophrone III, et de saint Philarète patriarche de Moscou, qui un peu plus tard lors du voyage en Russie du père Wladimir, le fera docteur de l’académie de théologie de Moscou pour le récompenser de ses ouvrages.
Toujours persécuté par ses adversaires ultramontains tant parmi les ecclésiastiques que les hommes politiques, il finira par prendre la nationalité russe quelques temps avant la fin tragique du Tsar Alexandre II, qui lui avait accordé une longue audience lors du voyage en Russie du père Wladimir et l’avait décoré des insignes de commandeur de l’Ordre impériale russe de Sainte-Anne. Cela ne suffira pas et le père Wladimir devra finalement s’exiler au Luxembourg, où il consacrera ses derniers efforts à sa monumentale Histoire de l’Eglise (seulement 7 volumes purent paraître, la mort l’empêchant de mener cette entreprise à son terme).
Après des funérailles célébrée à l’église russe de la rue Daru, il fut inhumé au cimetière parisien des Batignolles le 23 avril 1892. Le père Wladimir laisse derrière lui une œuvre monumentale, dont nous venons d’évoqué seulement une petite partie. Plusieurs de ces œuvres furent traduites en grec, bulgare, roumain, russe, anglais.
Écrivain infatigable, véritable précurseur, il est fort regrettable qu’un tel monument de l’orthodoxie française soit si méconnu. Pour reprendre les mots de l’archimandrite Serge Yazadjiev dans sa préface : « Hélas ! Depuis près d’un siècle, la mémoire du Père Wladimir Guettée était méconnue, sinon presque oubliée, même dans sa patrie. […] Aussi faut-il féliciter de son heureuse initiative Monsieur le Professeur Jean Besse qui, après avoir publié dans le Messager Orthodoxe (n°80, III, 1978) un article bien documenté sur le Père Guettée, lui consacre aujourd’hui, à l’occasion de son centenaire, une étude plus approfondie. ».
Précisons également que l’auteur de cet ouvrage avant d’entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire la vie du père Wladimir, s’attache tout d’abord à en resituer le contexte historique, avant de dresser un tableau du contexte spirituel de l’Europe occidentale et plus particulièrement de la France, dans les siècles qui le précède et dans lesquels émerge un certains nombres de précurseurs en quête d’un retour aux racines antique et authentique de la foi chrétienne. Notons également que l’ouvrage contient un certains nombres d’illustrations.
Terminons en citant à nouveau l’archimandrite Serge Yazadjiev qui conclut sa préface par les mots suivants : « Puisse cet ouvrage […] servir la cause du renouveau orthodoxe en Occident, dont le Père Wladimir Guettée fut le précurseur lointain ! Puisse ce livre encourager nos frères orthodoxes de France à persévérer dans leur sainte foi et attirer de nouveaux fils à l’Eglise Orthodoxe, unique refuge des vrais fidèles du Christ ! ».
Ce livre que l’on peut acquérir pour la modique somme de 3E , fait partie du second déstockage effectué par le Monastère St Geny que nous avions évoqué ICI.
Rappelons également que dans les déstockages effectués par ce Monastère se trouve également l’Histoire de l’Eglise, La papauté schismatique, et La papauté Hérétique, du père Wladimir Guettée à prix cassé.
En marge du Dictionnaire des Intercessions Orthodoxes
Autrefois, les maladies pour lesquelles la médecine n’avait aucun remède, trouvaient par la pure grâce de Dieu, des remèdes par l’intercession des saints. Dans le langage populaire, le caractère extraordinaire des guérisons répétées de certaines maladies par des saints particuliers, firent que on ne parla plus de ces maladies qu’en leur donnant le nom du saint que l’on invoquait pour qu’il intercède et demande à Dieu la guérison de l’âme et du corps.
La tradition populaire de l’Eglise nous a donné la liste suivante des saints orthodoxes d'Occident et leurs intercessions:
Boutons: Mal de Saint Laurent ( Diacre-Martyr de Rome)
Cancer: Mal de Saint Gilles ou Aegide de Nîmes
Convulsions: Mal de Saint Barthélémy
Épilepsie: Mal de Saint Jean Baptiste
Erysipèle: Mal de Saint Antoine
Fistule: Mal de Saint Fiacre ( de Breuil)/ Mal de Saint Quirin ( Martyr de Rome)
Folie: Mal de Saint Mathurin ( de Larchant)
Gale: Mal de Saint Méen ( de Bretagne), Mal de Sainte Reine ( D’Alyse)
Goutte: Mal de Saint Maur ( de Glanfeuil)
Ivresse: Mal de Saint Martin ( de Tours)
Lèpre: Mal de Saint Job ( le Saint Prophète de l’Ancienne Alliance)
Maladies inflammatoires: Mal de Saint Sylvain ( de Levroux )
Maladies nerveuses: Mal de Saint Guy ( Danse de Saint Guy)
Rhume : Mal de Saint Aventin ( de Chartres)
Ulcère: Mal de Saint Eloi ( de Noyon)
Claude Lopez-Ginisty d'après les Vies des Saints. Source
La recension de J.C Larchet de l'ouvrage de Claude Lopez-Ginisty : Le secours des saints. Dictionnaire des intercessions orthodoxes, Éditions Xénia est lisible ici sur Orthodoxie.com.
Les origines chrétiennes de la France, Archimandrite Placide Deseille, Ed. Monastère St-Antoine-le-Grand - Monastère de Solan, 26 pages.
Perséverer dans la voie du reniement des racines chrétiennes de la France et de l'Europe, prétendre "construire" celle-ci sur cette base, serait une attitude suicidaire dont les conséquences néfastes seraient incalculables. En revanche, une France fidèle à ces racines chrétiennes n'en jouerait que mieux en Europe et dans le monde le rôle qui est le sien, parce que les valeurs qu'elle devrait représenter et promouvoir au sein du concert des peuples retrouveraient leur fondement et leurs garanties, - animée par l'amour véritable du prochain, et non par un esprit de revendication et de haine des classes, une culture authentique, enracinée dans tout le patrimoine constitué au long des siècles, ennoblissante pour l'homme et ouverte à l'universel.
1. L’époque Gallo-romaine
Le contexte historique
La première évangélisation de la Gaule
L’évangélisation asiate (vers 160)
L’évangélisation romaine (vers 250)
Après la paix de l’Église (IVe siècle). L’organisation de l’Église en Gaule
Le Ve siècle. Lérins et les moines-évêques
2. La période mérovingienne
La fin du Ve siècle et le VIe. L’ « hagiocratie » mérovingienne
Le rayonnement du monachisme colombanien (590-v.700)
La fidélité aux racines chrétiennes de la France
A l'occasion de la fête de saint Jean Cassien rappelons que ces deux œuvres majeures les Conférences et les Institutions (écrit vers 420), qui furent des textes fondamentaux pour le monachisme en Provence et dans le reste de l'Occident, sont disponible en ligne à cette adresse.
Présentation de l'éditeur : "Saint Martin le Miséricordieux, qui fut évêque de Tours au IVe siècle est un saint très vénéré et pour lequel plusieurs Vies ont été rédigées. Cet ouvrage n'est pas là pour rajouter une Vie parmi d'autres, mais pour combler une lacune. Il n'y a pas de Vie de saint Martin le Miséricordieux, rédigée après la séparation entre l'Orient et l'Occident, écrite par un orthodoxe, en langue française. Nous avons choisi non pas de réécrire une Vie, mais de traduire la Vie de saint Martin le Miséricordieux rédigée par saint Dimitri de Rostov, en Russie, dans la seconde moitié du XVIIe siècle..."
L'auteur de cette publication, la moniale Sofia est également l'auteur d'ouvrages consacrés aux saints Nicolas de Myre, Matrone de Moscou et Serge de Radonège.
Saint Geny de Lectoure et ses compagnons soldats martyrs, Monastère orthodoxe St Clair et Maurin, Lectoure, 60 pages.
En ce jour de sa fête rappelons cette ouvrage consacré au saint ermite Geny de Lectoure qui se compose d'une brève vie de saint Gény, de l'office (Ménée) de saint Génie de Lectoure, écrit par le père Denis Guillaume en 2001 et de nombreuses photographies de la vie liturgique au monastère orthodoxe saint Clair et Maurin de Lectoure depuis sa restauration en l'an 2000, dont la basilique abrite le tombeau et les reliques de saint Geny.
Cet ouvrage est disponible au prix modique de 1 Euro dans le destockage effectué par le Monastère orthodoxe st Geny de Lectoure.
Saint Orens d’Auch, Poème, Monastère orthodoxe st Michel, 1992, 104 pages.
A l'occasion de la fête de saint Orens nous souhaitions rappeler cette publication.
Ce texte d’Orens (Orientius) évêque d’Auch au Ve siècle, fut traduit du latin et annoté par Yves-Germain Bouissou d’Arnaudet, également traducteur de la Divine liturgie de St Jean Chrysostome (Divenca liturgia de St Joan Crisostom) en langue d’Oc au édition du Monastère de l'Archange Michel de Lavardac.
Orens, fils d’une noble famille hispano-romaine, quittera sa famille et son pays pour se retirer de l’autre côté des Pyrénées dans une vallée où il vivra dans l’ascèse. La réputation de sa sainteté fera que le peuple d’Auch en quête d’un nouvel évêque enverra une délégation pour le quérir. Il acceptera cette tâche après que la volonté du Seigneur ce soit manifesté par un miracle. Devenu évêque d’Auch en 410, il luttera pendant son épiscopat contre le paganisme encore présent dans la société gallo-romaine et sera témoin du déclin de l’Empire romain en Gaule face à l’installation des Wisigoth (ariens) dans la région. Ce qu’il évoque d’ailleurs dans son ouvrage (p.76).
Cet ouvrage est plus une exhortation qu’un poème (nommé ainsi par Orens p.95). Il se compose de deux livres. Le premier exhortant à reconnaître que tout vient de Dieu et à vivre selon ses préceptes. Le second est consacré à la mort et au Jugement à venir.
A l’intérieur l’on trouvera en outre quelques illustrations dont l’icône du saint qui fait également la couverture du livre, son tropaire et kondakion, un tropaire au saint orthodoxe Gascogne avec une liste de ceux-ci (notons la présence d’un légère erreur : « ste Ode et st Mondin martyrs » au lieu de ste Dode et st Montin martyrs.).
Cet ouvrage est disponible au prix modique de 1 Euro dans le destockage effectué par le Monastère orthodoxe st Geny de Lectoure.
Rappelons la Divine liturgie de St Jean Chrysostome traduit en Occitan par le même traducteur également disponible dans ce destockage (2 Euros).