jeudi 16 mars 2017

Acathiste à saint Grégoire de Nicopolis


KONDAKION 1
Saint ascète, élu de Dieu et serviteur très humble du Christ, Saint Grégoire, la Grâce divine s'est déversée dans ton âme avec abondance durant ton séjour sur la terre. Toi qui te tiens maintenant auprès du Seigneur, ne nous prive pas de ton amour, nous qui implorons ton intercession et te disons d'un coeur plein de tendresse: Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

IKOS 1
Le Créateur des anges, saint Grégoire, t'a élu dès ta jeunesse et t'a fait don d'une âme pure et d'un coeur profond pour que, par la Sagesse et la Puissance de l'Esprit Saint, tu parcours la voie étroite et difficile de l'ascèse monastique te rendant semblable à un ange sur la terre. Et nous, émerveillés de la Providence de Dieu envers toi, nous te chantons avec allégresse:
Réjouis-toi, sage initiateur à l'ascèse et à la vertu.
Réjouis-toi, vivante icône de la pureté de la foi.
Réjouis-toi, trésor inépuisable de chasteté et d'humilité.
Réjouis-toi, modèle de douceur aimé et chanté par les moines.
Réjouis-toi, guide lumineux vers la divine contemplation.
Réjouis-toi, archevêque béni de la sainte Arménie.
Réjouis-toi, Gloire et protection de la Beauce et du Gâtinais.
Réjouis-toi, saint patron de la ville de Pithiviers.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 2
Saint Grégoire, la piété de tes parents, les engagea à te confier dès l'enfance aux meilleurs théologiens pour t'instruire des vérités divines. Mais tu les surpassas par la connaissance que tu puisais dans la prière et la contemplation, instruit en la Vérité entière par l'Esprit Saint à qui tu chantait sans cesse: Alléluia !

IKOS 2
Ainsi tu acquis, dès ta jeunesse, la pureté de la vraie foi. Toute ta conduite était guidée par la prière, l'humilité, la modestie, la douceur et la chasteté et ton coeur était empli d'une grande compassion pour les pauvres et les malheureux. Et nous, guidés par toi vers l'amour de nos frères, nous te disons :
Réjouis-toi, fruit béni de l'amour de parents très croyants.
Réjouis-toi, fleur embaumée de la pureté de leur foi.
Réjouis-toi, qui as cherché dès ta jeunesse ta joie dans le Seigneur.
Réjouis-toi, qui n'as pas convoité les richesses de ce monde.
Réjouis-toi, comblé des trésors intarissables de l'Esprit.
Réjouis-toi, qui t'es montré toujours assidu dans la vertu.
Réjouis-toi, qui t'es nourri des semences de la vrai foi.
Réjouis-toi,  refuge de tous les malheureux qui espèrent en toi.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 3
Tu quittas ta maison et ton pays natal, l'Arménie, saint Grégoire, pour mener la vie monastique à Nicopolis en Cappadoce. Assidu au jeûne et à la prière tu émerveillais déjà les Anciens du monastère longuement aguerris dans l'ascèse, avec lesquels tu chantais sans cesse au Seigneur : Alléluia !

IKOS 3
Passant tes nuits en prière dans l'église, saint Grégoire, tu trouvais en Dieu seul ta joie. Et tu intercédais sans cesse pour le salut de tous les hommes priant le Seigneur de leur venir en aide dans les épreuves et de les aider à vaincre les tentations de ce monde pour acquérir les biens futurs. Aussi nous te chantons avec amour :
Réjouis-toi, épi de blé mûr coupé de tes parents.
Réjouis-toi, imitateur fidèle de la vie de nos saints Pères.
Réjouis-toi, qui as suivi la voie monastique de tout ton coeur.
Réjouis-toi, flamme brûlante pour l'amour du Seigneur.
Réjouis-toi, demeure de la prière ardente et du silence.
Réjouis-toi, contemplateur de la lumière inaccessible.
Réjouis-toi, intercesseur fervent pour le salut de tous.
Réjouis-toi, beauté d'une vie semblable à celle des anges.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 4
Une si grande ferveur fit bientôt connaître, o saint Grégoire, que tu étais béni de Dieu. L'évêque de Nicopolis te conféra l'ordination sacerdotale pour accomplir les mystères du Corps et du Sang du Christ et pour prêcher les enseignements sacrés du Verbe divin à qui tu chantais sans cesse : Alléluia !

IKOS 4
Introduis dans la moisson du champ de l'Eglise, tu travaillas avec une plus grande ardeur encore à réconcilier les parties en discorde, à défendre les veuves et les orphelins et à combattre les hérésies. Et nous, émerveillés par tant de labeur au service de l'unité des chrétiens, nous te chantons :
Réjouis-toi, comblé des grâces de la bonté céleste.
Réjouis-toi, qui répands les dons de l'Esprit comme une lampe sa lumière.
Réjouis-toi, revêtu de la grâce sacerdotale à l'autel du Seigneur.
Réjouis-toi, qui nous nourris du Pain de vie et de la Coup immortelle.
Réjouis-toi, qui as défendu les dogmes de l'Eglise apostolique.
Réjouis-toi, qui nous garde par ton zèle dans la juste foi.
Réjouis-toi, qui as mené à bon port le navire de l'Eglise du Christ.
Réjouis-toi, fait entre nous tous l'unité et la paix.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 5
Lorsque l'évêque de Nicopolis quitta ce monde, le peuple et les prêtres même t'acclamèrent comme son digne successeur sur le trône épiscopal. Tu ne voulus pas résister à l'ordre de Dieu qui se manifestait ainsi malgré le sentiment de ton indignité et tu exerças avec sagesse toutes les fonctions de ta charge en chantant sans cesse au Seigneur : Alléluia !

IKOS 5
Saint Grégoire, tu pourvoyais à tous les besoins spirituels et corporels des fidèles qui dans la peine et l'affliction accouraient de très loin vers toi. Tu ne les repoussais pas dans leurs malheurs mais tu leur obtenais la guérison de l'âme et du corps par tes prières. C'est pourquoi tes enfants spirituels te disent leur amour en chantant :
Réjouis-toi, ami bien-aimé des prêtres et des fidèles.
Réjouis-toi porté sur le trône épiscopal par leurs acclamations.
Réjouis-toi, qui t'es chargé de ce joug par obéissance et par humilité.
Réjouis-toi, qui as broyé ton corps dans le moulin du Christ.
Réjouis-toi père plein de douceur et de compassion pour tous les hommes.
Réjouis-toi, qui répands sur le monde les rayons de ta bonté.
Réjouis-toi, trésor de consolation de ceux qui sont accablés.
Réjouis-toi, dispensateur de l'huile vivifiante de la charité.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 6
Cependant, Saint Grégoire, comparant les soins et les attentions continuels dont tu étais l'objet avec la vie solitaire des pères du désert et jugeant que l'état de ces derniers était bien plus sûr pour le salut de ton âme, tu décidas d'aller te cacher dans quelque lieu inconnu où chanter en secret au Seigneur avec les anges : Alléluia !

IKOS 6
Ainsi donc, tu entrepris un voyage long et épuisant de l'Orient vers l'Occident. Dans tes prières , tu demandais au Seigneur de te montrer le lieu où demeurer le reste de ta vie dans la solitude. Et nous, émerveillés de cet abandon à la Providence, nous te chantons :
Réjouis-toi, qui as suivi l'exemple d'Abraham par ta foi.
Réjouis-toi, qui as oublié tout ce qui était derrière toi.
Réjouis-toi, qui t'es porté de tout toi-même vers ce qui est en avant.
Réjouis-toi, qui as connu la faim et le froid en marchant et en priant.
Réjouis-toi, qui as couru droit au but en suivant la volonté du Seigneur.
Réjouis-toi, qui t'es enfoncé pour cela dans le désert intérieur.
Réjouis-toi, qui as été guidé par les anges jusqu'en Occident.
Réjouis-toi qui as trouvé le repos sur la terre de nos parents.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 7
L'Esprit Saint te conduisit jusqu'à l'église de Pithiviers, où dans un songe, tu eus la révélation de l'existence d'une petite église isolée, consacrée à Saint Martin de Vertou. Et, tombant à genoux devant la beauté sauvage de ce lieu, tu chantas au Seigneur : Alléluia !

IKOS 7
Parcourant la vallée, tu découvris les grottes, habitées autrefois par les moines et tu choisis d'y mener la vie ascétique dans le secret de l'Amour de Seigneur. Quant à nous, émerveillés par la grandeur de ton humilité, nous te chantons :
Réjouis-toi, arbre planté près des eaux vives dans la vallée.
Réjouis-toi, qui, par tes larmes, as éteint le feu du péché.
Réjouis-toi, qui as moulu ton corps comme de la bonne graine.
Réjouis-toi, qui as coupé les épines des passions par la faux de l'ascèse.
Réjouis-toi, qui as labouré ton âme par la charrue de la pénitence.
Réjouis-toi, qui as travaillé à ton salut comme la prudente abeille.
Réjouis-toi, qui par la prière as butiné la fleur de chaque vertu.
Réjouis-toi, qui as déposé ce miel spirituel dans la ruche de ton cœur.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 8
Saint Grégoire, tu passais tes nuits en contemplation, tu couchais sur la terre nue et après le coucher du soleil, tu ne mangeais qu'une poignée de lentilles et quelques racines crues trois fois par semaine, car la faiblesse de ton corps renforçait ton âme qui chantait sans cesse au Seigneur : Alléluia !

IKOS 8
En vérité, le Seigneur t'avait conduit jusqu'en Occident pour y paraître comme un flambeau destiné à éclairer les hommes par l'exemple de ta vie ascétique, par la profondeur de tes conseils spirituels et par les guérisons de l'âme et du corps que tu obtenais par la prière ; et nous, devant tant de bienfaits, nous te chantons avec reconnaissance :
Réjouis-toi, qui as aminci ton corps par l'ascèse.
Réjouis-toi, qui as illuminé ton âme par l'humilité.
Réjouis-toi, qui as habité ton cœur par l'amour du Seigneur.
Réjouis-toi, médecin spirituel, de toutes tentations le vainqueur.
Réjouis-toi, trésor de bonté pour tous ceux qui sont accablés.
Réjouis-toi, encens agréable à dieu qui sauve les âmes en danger.
Réjouis-toi, myrrhe qui dissipe toute douleur, consolation des désespérés.
Réjouis-toi, doux rivage de ceux qui errent dans l'océan du péché.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 9
Les hommes de toutes contrées accouraient jusqu'à ton ermitage car, comme Jean le Baptiste, tu es apparu comme une plante du désert chargé des fruits de l'Esprit. Et toi, tu accueillais tous ceux qui venaient à toi, ployant sous leur fardeau et avec eux tu chantais au Seigneur : Alléluia !

IKOS 9
Qui pourra faire le récit de tes combats spirituels, o Bienheureux, et de la grandeur de ta charité ; car malgré ton âge avancé, tu accueillais chaque homme avec amour et compassion, guide des égarés, guérison des malades, consolation dans la pauvreté, repos dans l'épreuve ; pour tous tes bienfaits, nous te chantons :
Réjouis-toi, secours des sans-appui et richesse des pauvres.
Réjouis-toi, qui consoles et apaises les hommes accablés.
Réjouis-toi, qui rallume la flamme de notre âme languissante.
Réjouis-toi, baume qui fortifie nos corps vieillissants.
Réjouis-toi, immensité de miséricorde en temps de peine et d'épreuves.
Réjouis-toi, appui et conseil des veuves et des orphelins.
Réjouis-toi, pasteur du saint troupeau qui raffermit les plus faibles.
Réjouis-toi, exorciste des esprits impurs par l'invocation du Nom du Christ.
Réjouis-toi, saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 10
Le Seigneur, t'ayant fait connaître le jour de ton départ de ce monde et parvenu au terme de ton combat, dans la solitude du désert, tu remis ton âme pure entre les mains des anges qui l'ont conduite jusqu'au trône du Tout Puissant. Le peuple entier porta ton corps avec amour dans l'église de Saint Martin, pleurant et chantant au Seigneur : Alléluia !

IKOS 10
Ô Père béni des Dieu, pendant ta vie, tu as dispensé la lumière, et même après ta mort, tu continues de briller tel un flambeau éclatant sur le sol de France ; car, tu opères toujours de nombreux miracles et c'est pourquoi, Ô notre intercesseur et thaumaturge, nous te chantons :
Réjouis-toi, car en mourant comme un juste, tu as montré la sainteté de ta vie.
Réjouis-toi, car tes prières sont toujours exaucées.
Réjouis-toi, car tu répands encore la foi par tes miracles.
Réjouis-toi, toi qui travailles sans cesse pour l'unité et pour la paix.
Réjouis-toi, riche grenier des pauvres dans les temps de famine.
Réjouis-toi, douce rosée changeant la sécheresse en pluie.
Réjouis-toi, Soleil brûlant qui évapore les pluies excessives.
Réjouis-toi, Moisson des semeurs et espoir des laboureurs.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 11
La réputation de ta sainteté, Ô Saint Grégoire, s'étant portée jusque dans ton pays natal, tes amis d'Orient retrouvèrent le lieu de ta retraite, et malgré leur peine de ne plus te revoir vivant, il portèrent à la connaissance de tous ta sainte vie en Arménie afin que nous chantions au Seigneur : Alléluia !

IKOS 11
Nous nous réjouissons de ta glorification, ô saint Grégoire ! Quel hymne pourra suffire à te célébrer ? A toute créature, ton séjour dans le désert de la vallée fut providentiel. Empruntant le chemin de l'ascèse, tu as dirigé ta course vers la demeure lumineuse du Christ. Et c'est vers Lui que tu conduis tous les hommes qui te chantent :
Réjouis-toi, qui contemple éternellement le soleil de justice.
Réjouis-toi, qui te reflètes dans le doux visage du Christ.
Réjouis-toi, qui te nourris de l'Arbre de vie qui fleurit sans répit.
Réjouis-toi, qui as hérité avec tous les saints de la béatitude du Paradis.
Réjouis-toi, guide qui conduit tous les hommes au ciel.
Réjouis-toi, bouclier et rempart de notre cité de Pithiviers.
Réjouis-toi, qui intercèdes sans cesse pour l'absolution de nos péchés.
Réjouis-toi, aujourd'hui pour moi pécheur et aie pitié de moi.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 12
Ô Saint Père Grégoire, puisque maintenant tu te tiens devant le trône du Roi des Rois, Notre Seigneur Jésus-Christ, là où il n'y a plus, ni douleur, ni tristesse, ni gémissements, parmi les chants d'allégresse de tous les saints et la voix des anges, rends-nous dignes nous aussi de Lui chanter : Alléluia !

IKOS 12
Accorde à notre âme, ô saint Grégoire, dont le nom signifie "le veilleur" qu'elle ne s'endorme pas dans les douceurs de cette vie ; toi, l'épi du désert, tu nous invites à produire le bon grain de la pénitence ; Réveille-nous du sommeil du péché, et fais de nous des veilleurs tenant notre lampe allumée pour te chanter le visage illuminé :
Réjouis-toi, saint Grégoire qui te réjouis avec tous les saints.
Réjouis-toi, ange dans la chair qui chantes avec les anges.
Réjouis-toi, qui converses avec les apôtres et les martyrs.
Réjouis-toi, qui habites avec les hommes droits et les justes.
Réjouis-toi, car tu as hérité à jamais de la Jérusalem céleste.
Réjouis-toi, car tu as été jugé digne de la chambre nuptiale du Christ.
Réjouis-toi, serviteur de la très pure Vierge et Mère de Dieu.
Réjouis-toi, louange des moines, parure bénie de l’Église.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 13
A toi, en vérité, Saint Grégoire, puissant thaumaturge et saint très glorieux, nous adressons cette prière : Reçois nos supplications pour tout l'univers, pour les croyants et pour les incroyants ; ramène-les tous vers le Royaume de la Sainte Trinité ; réconcilie-nous les uns avec les autres et nous tous avec Dieu, afin qu'au jour du Jugement, nous puissions obtenir sa Miséricorde et Lui chanter avec allégresse : Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !
(ce Kondakion se dit trois fois)

IKOS 1
Le Créateur des anges, saint Grégoire, t'a élu dès ta jeunesse et t'a fait don d'une âme pure et d'un coeur profond pour que, par la Sagesse et la Puissance de l'Esprit Saint, tu parcours la voie étroite et difficile de l'ascèse monastique te rendant semblable à un ange sur la terre. Et nous, émerveillés de la Providence de Dieu envers toi, nous te chantons avec allégresse:
Réjouis-toi, sage initiateur à l'ascèse et à la vertu.
Réjouis-toi, vivante icône de la pureté de la foi.
Réjouis-toi, trésor inépuisable de chasteté et d'humilité.
Réjouis-toi, modèle de douceur aimé et chanté par les moines.
Réjouis-toi, guide lumineux vers la divine contemplation.
Réjouis-toi, archevêque béni de la sainte Arménie.
Réjouis-toi, Gloire et protection de la Beauce et du Gâtinais.
Réjouis-toi, saint patron de la ville de Pithiviers.
Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

KONDAKION 1
Saint ascète, élu de Dieu et serviteur très humble du Christ, Saint Grégoire, la Grâce divine s'est déversée dans ton âme avec abondance durant ton séjour sur la terre. Toi qui te tiens maintenant auprès du Seigneur, ne nous prive pas de ton amour, nous qui implorons ton intercession et te disons d'un cœur plein de tendresse: Réjouis-toi saint Grégoire rassembleur des peuples chrétiens.

PRIÈRE A SAINT GRÉGOIRE
Saint Grégoire, notre père, grand thaumaturge de Pithiviers, homme de Dieu. Dès ta jeunesse jusqu'à ta vieillesse, tu as gardé dans l'ascèse une ardeur égale. Tes saintes vertus te rendirent célèbre en Arménie, où tu fus admiré et aimé de tous. Cependant, quittant ton diocèse en secret, tu as choisi une vie cachée dans une grotte de la vallée de Bondaroy, où le Seigneur t'a révélé à tous comme un flambeau, pour qu'en te voyant et en t'entendant, l'on connaisse la puissance des commandement qui rendent la vie droite et heureuse et que chacun s'anime à suivre le chemin de la vertu. Prompt secours de tous ceux qui recourent à toi ! De ton vivant, nul ne t'a quitté les mains vides et sans consolation, mais pour tous, ce fut une douceur de voir ton visage et d'entendre le son de tes paroles indulgentes. En toi se manifestaient en abondance le don de guérison, de clairvoyance et de consolation des âmes affligées. Et lorsque Dieu t'a fait entrer dans son Royaume céleste, ton amour ne nous a jamais quittés. C'est pourquoi nous aussi, nous te prions : Ô serviteur de Dieu, plein de douceur et d'humilité, intercesseur hardi auprès du Seigneur, qui ne repousse jamais aucun de ceux qui s'adressent à toi, élève pour nous ta prière vers le Seigneur, afin qu'il affermisse notre foi, qu'Il nous apprenne à nous aimer les uns les autres et à vivre la charité fraternelle et à travailler à notre tour à l'unité de tous les hommes. Prie Le qu'Il nous accorde tout ce qui contribue au salut de nos âmes dans cette vie, qu'Il nous garde de tomber dans le péché et nous enseigne le vrai repentir, afin que nous puissions entrer dans le Royaume céleste et éternel, là où tu brilles maintenant d'une gloire sans déclin, afin que nous chantions, nous aussi avec tous les saints, les louanges de la Divine Trinité, source de vie, jusqu'à la consommation des siècles. Amen

samedi 11 mars 2017

Des saints occidentaux introduits dans le calendrier de l’Église orthodoxe russe


Lors de sa session du 9 mars 2017, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a décidé d’introduire dans son ménologe plusieurs saints occidentaux antérieurs au schisme.
La Commission chargée de l’établissement du ménologe de l’Église orthodoxe russe, créée le 18 septembre 2014 avec la bénédiction de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, a constitué une liste des saints anciens qui ont vécu en Occident, sur la base de leur vénération par les orthodoxes des diocèses d’Europe occidentale de l’Église orthodoxe russe, et également par d’autres Églises orthodoxes locales.
Lors de l’examen de la question de l’introduction dans le ménologe de saints ayant vécu en Europe occidentale et centrale avant 1054, la Commission a été guidée par les critères suivants : leur confession irréprochable de la foi orthodoxe, les circonstances dans lesquelles a eu lieu leur canonisation ; l’absence de la mention du saint dans des œuvres polémiques ayant pour but la lutte contre l’Église d’Orient et le rite oriental ; leur vénération actuelle dans les diocèses étrangers de l’Église orthodoxe russe et des autres Églises locales orthodoxes.
En outre, lors de ce travail, ont été pris en compte les données contenues dans « le ménologe complet de l’Orient » de l’archevêque Serge (Spassky), le rapport du saint hiérarque Jean (Maximovitch) au Synode des évêques de l’Église russe hors-frontières en 1952, les articles de « l’Encyclopédie orthodoxe » [éditée par l’Église orthodoxe russe, ndt], ainsi que le Synaxaire composé par le hiéromoine Macaire (1 et 2) du monastère athonite de Simonos Petras.

Les saints suivants ont été inclus :
• hiéromartyr Pothin, évêque de Lyon et ses compagnons martyrisés avec lui (2/15 juin ; +177)
• martyre Blandine et martyr Pontique de Lyon (2/15 juin ; +177)
• martyr Épipode de Lyon (22 avril / 5 mai ; +vers 177)
• martyr Alexandre de Lyon (24 avril / 7 mai, +vers 177)
• hiéromartyr Saturnin, premier évêque de Toulouse (29 novembre / 12 décembre, +IIIème s.)
• martyr Victor de Marseille (21 juillet / 3 août ; +vers 290)
• martyr Alban des îles britanniques (22 juin / 5 juillet, +IIIème – début IVè s.)
• saint Honorat, évêque d’Arles (16 / 29 janvier, +429)
• saint Germain, évêque d’Auxerre (31 juillet / 13 août, + 448)
• saint Vincent de Lérins (24 mai / 6 juin ; +avant 450)
• saint Patrick, illuminateur de l’Irlande (17/30 mars ; +après 460)
• saint Loup, évêque de Troyes (29 juillet / 11 août ; +479)
• sainte Geneviève de Paris (3/16 janvier ; +512)
• saint Germain, évêque de Paris (28 mai / 10 juin ; +576)
• saint Procope, higoumène de Sazava (Bohême ; 16/29 septembre ; +1053)

Source et Traduction

samedi 25 février 2017

Sur les bords des fleuves de Babylone

Sur les bords des fleuves de Babylone (extrait)
chanté aux matines des Dimanches de pré-carême 
(du Dimanche du Fils Prodigue au Dimanche de l'Exil d'Adam)


Chant exécuté par la Chorale saint Jean Damascène 
dirigée par Serge Sorret sur une mélodie de AA Arkhangelsky.
Extrait du CD "C'est le jour de la résurection" - Chorale St Jean Damascène

lundi 20 février 2017

Interview du père Michel Quenot


réalisé par M. Tudor Petcu le 16 Novembre 2016.

1.) Tout d'abord, je vous serais très reconnaissant si vous pouviez nous faire savoir la raison pour laquelle vous avez choisi la conversion a l'Orthodoxie et comment l'Orthodoxie a-t-elle change votre vie et votre conscience.

Après une enfance paisible, je me souviens qu’à 13 ans, la personne du Christ me fascine. Dès l’âge de 16-17 ans, la question des images religieuses me préoccupe et gagne en acuité jusqu’à mes 19 ans où je séjourne deux ans en Italie. Les images religieuses côtoyées me provoquent avec cette question lancinante face à de nombreuses représentations naturalistes du Christ, de la Mère de Dieu, des Anges et des saints : ces images reflètent un monde étranger à la réalité ; il y a certes un effort et une tentative de dire l’indicible mais on reste trop dans l’émotionnel et une approche purement artistique. La fréquentation ultérieure des pinacothèques confirme ce malaise. Durant ce séjour, je suis un jour invité dans un chœur de circonstance dont la tâche sera de chanter la Divine liturgie orthodoxe lors d’un grand rassemblement. Ce premier contact avec le chant slavon, un long entraînement, puis la première Liturgie m’enthousiasment. Je comprends de l’intérieur que je me trouve face à quelque chose de fort qui me dépasse.
Et puis, je découvre l’icône, encore timidement présente dans le milieu des années soixante. Peu de temps avant Pâques, je tiens en mains une belle icône russe de la Descente aux Enfers qui me remplit de joie. Pour la première fois de ma vie, je soulève du bout du doigt le voile qui recouvre ce grand mystère, cœur de la foi des chrétiens. Cette image peinte dans la grande tradition me donne à comprendre ce que de nombreux livres sur le sujet n’auraient pu accomplir. La décision s’en suit de scruter l’iconographie orthodoxe. Quelle joyeuse surprise de puiser bientôt à pleines mains dans le trésor de cette Église qui comble généreusement ma soif d’eau vive. 
Quand on découvre une perle précieuse, le désir surgit d’en parler à ses amis. Ils m’écoutent avec attention, certains avec étonnement et des proches m’invitent à mettre ces paroles par écrit. J’hésite dans un premier temps par manque d’intérêt pour l’écriture. Puis l’invitation à donner un exposé sur l’icône dans un monastère catholique me provoque. Après quelques hésitations j’accepte, à condition de ne pas parler une soirée mais trois, par crainte d’effleurer le sujet sans profit réciproque, ce qui m’est accordé avec reconnaissance. Je me plonge ainsi durant un mois dans la préparation de ces exposés qui me font amorcer, à mon insu, le travail de recherche des décennies à venir. Les trois soirées avec projection de quelques icônes illustrant mon propos deviennent un moment de grâce et de ferveur extraordinaire. 
Un ami moine écrivain qui a lu mon texte me pousse à le publier. Je résiste une fois encore, puis je me remets au travail et complète le propos. Entre-temps, j’ai fréquenté de plus près l’Église orthodoxe et participé à maintes reprises à la Divine liturgie. Un prêtre orthodoxe me dit que le temps est venu de faire le passage mais je ne veux rien précipiter. En provenance du monde catholique où j’ai eu la chance, dès ma jeunesse, de côtoyer des personnes remarquables qui m’ont beaucoup donné, je ne m’en éloigne pas avec dédain mais mu par le seul désir de retrouver la source oubliée. J’entre ainsi dans l’Église orthodoxe, conscient qu’il me reste à tout apprendre et à assimiler, mais le passage se fait sans soubresauts, dans une paix profonde. 
À l’époque, je fréquente régulièrement avec mon épouse Élisabeth (devenue plus tard une bonne iconographe) le monastère de Saint Jean-Baptiste du Staretz Sophrony en Essex. À sa demande expresse, je poursuis mon travail d’écriture après mon premier ouvrage dont le succès inattendu me fait craindre le pire pour ma vie spirituelle et m’incite à ne plus toucher la plume. Fort de son soutien et de sa bénédiction, puis de celle de son disciple feu l’archimandrite Syméon, j’ai poursuivi cette diaconie jusqu’à ce jour.
Parler des changements dans ma vie dès ce moment me paraît présomptueux. Je saisis en revanche que l’image du Christ, son icône, s’est gravée en moi au fer rouge. La timidité et le manque d’aisance occasionnel à en parler ont fait place à une assurance dont j’ai été le premier surpris. On ne naît pas orthodoxe, on le devient, de sorte que cette étape jalonne ma vie où le vieil homme n’en finit pas de mourir et de renaître.


2.) Quelle serait la beauté spirituelle que vous avez découvert dans l'Orthodoxie, comment caractériseriez-vous le trésor de l'Orthodoxie?

Dans la dernière prière devant l’icône du Christ à la fin de la Divine liturgie, le prêtre dit : « Sanctifie ceux qui aiment la beauté de ta maison et glorifie-les en retour par ta grâce ». L’église, Maison de Dieu, est un lieu théophanique. La beauté spirituelle par excellence, c’est le Christ, sa Mère, les Puissances angéliques et les saints de tous les temps. Lieu de la rencontre, l’église est le pont et l’échelle sainte entre le ciel et la terre, le visible et l’invisible. La beauté spirituelle qui est harmonie et paix se reflète dans l’hymnographie et l’iconographie orthodoxe ancrée dans la tradition épurée de ses scories au fil des siècles. Mais attention, les images décadentes qui s’accommodent des critères du monde par des concessions au naturalisme qui gomme toute dimension ascétique et transfiguratrice ne sont plus des icônes et des fresques orthodoxes mais des images religieuses vidées de leur dimension ontologique. Il en va de même pour la musique apparentée aux sonorités mondaines qui flattent les sens et bercent sans rester au service de la parole prioritaire. 
Le trésor de l’Orthodoxie, c’est l’Esprit Saint qui anime l’Église et fait de chaque vrai disciple son temple vivant. C’est Lui qui inspire, transforme, accomplit, purifie et donne la vie en surabondance.
L’Orthodoxie connait la vraie grandeur de l’homme à la suite d’Isaac le Syrien qui questionne : « Quel est l’homme le plus grand ? » Et sa réponse déconcertante pour les néophytes : « Celui qui voit son péché ! » Reconnaître sa faiblesse, ses ombres et ses chutes n’est possible qu’en s’approchant de la lumière divine qui les révèle. Celui qui vit dans les ténèbres que sont l’éloignement de Dieu n’a pas conscience de son état et se révèle un nain, même s’il occupe les plus hautes sphères de la société. 
La beauté spirituelle se retrouve encore dans les trois piliers de l’ascension spirituelle que sont la purification, l’illumination et la sanctification ou déification. Quelle vocation que celle de l’homme : « Vous serez saints, parce que moi, votre Dieu, je suis saint » (Lévitique 11, 45 et 1 Pierre 1, 16). Appel repris sous une autre forme par les Pères qui déclarent : « Dieu s’est revêtu de chair afin que l’homme se revête de l’Esprit » ou encore « Dieu s’est fait homme afin que l’homme devienne dieu ». Qui dit mieux ?
Et comment ne pas mentionner le monachisme, ce fleuron de l’Orthodoxie et gardien de la foi à travers les siècles ! Sans lui, la vie de l’Église dépérit, la foi s’effrite et la piété se refroidit. Athlètes de Dieu, les moines et les moniales ont fourni les plus grands talents : iconographes, hymnographes et mélodes, liturgistes, etc., autant de domaines où s’exprime la vraie théologie inséparable de la vie d’union au Dieu trinitaire. Grâce aux monastères, la foi s’est enracinée et des milliers de gens ont progressé spirituellement sous la conduite de pères spirituels. L’hésychasme (amour du silence) qui s’y pratique tranche avec la civilisation du bruit visuel et phonique d’aujourd’hui.  
Et tout dans l’Orthodoxie parle de transfiguration. Transfiguration du Christ sur le Mont Thabor qui se révèle brièvement sous sa vraie nature humano-divine dans un flot de lumière. Transfiguration des saints Dons dans l’Eucharistie, transfiguration de l’homme par l’action de l’Esprit Saint et transfiguration de la terre promue à devenir une terre nouvelle.


3.) S'il vous plait aussi de nous expliquer quel est pour vous le plus important message de l'Orthodoxie mais aussi la plus importante prière orthodoxe.

Dans un monde rongé par le doute et s’efforçant par tous les moyens d’occulter la mort et d’en repousser les limites, le message de la Résurrection du Christ et de la résurrection des corps revêt une importance particulière. Le fait qu’environ 85 % des citoyens d’un pays comme la Suisse choisissent maintenant l’incinération après une longue tradition d’ensevelissement en dit long. Pourquoi la plupart des confessions chrétiennes se taisent ? N’est-ce pas une pratique nihiliste et païenne ? Quel contraste avec l’acclamation pascale inlassablement reprise : « Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a terrassé la mort ! »
Face à la résurgence des vieilles hérésies sur la nature du Christ, l’Église orthodoxe clame haut et fort sa divino-humanité. L’icône constitue à ce niveau le plus beau et le plus fort témoignage de l’Incarnation du Dieu-homme, Face visible du Dieu invisible. Quelle distance avec le Dieu des philosophes, Dieu distant et abstrait recherché dans une démarche rationnelle ! Le Dieu trinitaire frappe en revanche à la porte du cœur humain afin d’y établir sa demeure. Dans ce sens, le chrétien est celui qui a une expérience vivante de Dieu à travers une relation de personne à Personne. 
Dans la vie quotidienne, l’amour occupe le sommet des vertus, dernier échelon de l’échelle sainte conduisant au Royaume. Mais l’amour postule l’humilité, socle indispensable à tout progrès spirituel authentique. 
Encore enfant, Virgil Gheorghiu se désolait à la pensée qu’il ne serait jamais un saint parce que son père prêtre lui avait enseigné comme prioritaire le pardon des ennemis. Son constat qu’il n’avait pas d’ennemis à qui pardonner lui semblait ainsi un échec vers cet idéal. Le pardon est en effet au cœur de la spiritualité orthodoxe et le saint évêque Nicolas Vélimirovitch l’exprime à sa façon dans Prières sur le lac : « Je ne sais pas qui de mes amis et de mes ennemis, je dois aimer davantage. Mes ennemis me poussent davantage dans Tes bras que les amis. Mes amis me lient à la terre, mes ennemis me délient de la terre et détruisent tous mes espoirs en ce monde. » 
Finalement, le plus important message est celui donné par l’homme lui-même à travers sa vie selon l’enseignement de saint Séraphim de Sarov : « Acquiers l’Esprit saint et beaucoup autour de toi seront sauvés. » L’Orthodoxie, c’est la vie, la vie en Christ s’entend ! Et comme toute distorsion de la foi perturbe la vie spirituelle, la foi juste offre une garantie sur le chemin du salut.
À part la prière du Notre Père que le Seigneur nous a Lui-même laissée et enseignée, la prière du Nom : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous (ou : de moi pécheur) » revêt une très grande importance. Simple et précise, elle peut se réciter partout. Elle nous garde dans la mémoire de Dieu et se révèle une arme puissante contre les démons. J’aime aussi beaucoup la prière à l’Esprit saint qui véhicule une grande dynamique : « Roi du Ciel, Consolateur, Esprit de Vérité, Toi qui es partout présent et qui emplis tout, Trésor des biens et Donateur de vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, ô Toi qui es bonté ! »


4.) Il y a en Occident de nos jours beaucoup de représentants de l'Orthodoxie dont les noms sont bien connus dans les pays orthodoxes, comme par exemple, le père Placide Deseille, le père Gabriel Bunge, Jean-Claude Larchet, etc. Comment l'orthodoxie peut-elle être redécouverte en Occident a vos yeux?

La distinction entre Orient et Occident me semble surannée. Le monde entier n’est-il pas devenu un grand Occident ? En effet, si l’Occident doit indéniablement se ré-orienter, l’Orient traditionnel s’avère dés-orienté. Il en découle que les pays de tradition orthodoxe endossent une lourde responsabilité dans l’image renvoyée aux pays d’autres confessions chrétiennes. J’ai personnellement une grande dette envers l’émigration russe en France, avec notamment des personnes comme Paul Evdokimov, Wladimir Lossky, Georges Florowsky, Serge Boulkakov (même si je ne partage pas ses idées sur la Sofia), Alexandre Schmemann, les iconographes Léonid Ouspensky et Georges Morosov, et tant d’autres. Leur témoignage puissant à travers leurs écrits et leur vie a guidé incontestablement de nombreuses personnes hétérodoxes en recherche vers l’Orthodoxie. 
Si l’icône a été un chemin royal dans cette découverte jusqu’à récemment, un changement de paradigme dans nos sociétés, changement provoqué par l’intrusion massive des visibilités par des moyens techniques sophistiqués, parasite et déjoue plus ou moins ce message. L’homme est tellement saturé par le visuel qu’il ne sait souvent plus regarder et distinguer l’image authentique qu’est l’icône d’une simple imagerie. À ce niveau, l’icône peut exercer un rôle curatif dans la redécouverte de l’image révélatrice de l’invisible et de Celui qui est Parole.
Dans un monde marqué du sceau de la vitesse (Isaac le Syrien l’attribue aux démons) et d’un progrès illusoire, la tradition orthodoxe met l’accent sur la patience et la fidélité dans la durée. Sur le plan ontologique, l’homme est le même hier et aujourd’hui avec ses passions, autant d’énergies éparses et marquées par la Chute qu’il s’agit de réorienter dans la quête du Royaume. Au culte du présent, la vision du monde orthodoxe oppose l’ancrage dans la tradition, non pas une tradition figée, mais tendue vers un dépassement créatif dans l’attente du retour glorieux du Christ. Voilà pourquoi la Divine liturgie orthodoxe qui n’a pas changé au fil des siècles garde toute sa fraicheur et véhicule une dynamique incomparable. 
À ceux qui cherchent et qui frappent, je réponds à la suite de mon divin Maître : « Venez et voyez ! » Trop de chrétiens contemporains n’ont jamais fait l’expérience du Christ dans leur vie et cette expérience incontournable conduit à la conversion qui est retournement de tout l’être. Dieu est au-delà de la réalité telle que nous la connaissons, au-delà de l’espace et du temps. Perfection de l’amour, il a aimé les hommes jusqu’au don de son Fils incarné en la personne de Jésus qui a terrassé la mort du péché par sa propre mort sur la Croix. 
Esseulés dans un monde égocentrique et froid, les hommes sont conviés à communier au mystère de la filiation divine. Se sentir aimé de Dieu conduit à aimer les autres. Nous sommes en effet les enfants de Dieu, bénéficiaires d’un amour illimité et éternel. Mais notre liberté, preuve de cet amour qui rend libre de choisir, nous  place devant un choix redoutable. Et la relation aux autres change dès qu’ils sont perçus comme des personnes à l’image de Dieu, image peut-être recouverte de boue et illisible, mais image qui à l’exemple d’une pièce de monnaie encrassée retrouve sa brillance lorsque nettoyée et purifiée. 
L’Occident, selon l’ancienne terminologie, véhicule un passé orthodoxe qui s’étend sur près d’un millénaire. La plupart des gens l’ignorent et il est urgent de le leur rappeler ainsi que les circonstances qui ont conduit à l’éloignement, puis à la séparation. Que reste-t-il de commun et qu’est-ce qui a été perdu ? La redécouverte de l’Orthodoxie ne peut se faire que dans un dialogue de vérité à l’écart de toute démarche politique ou béatement consensuelle. Et puisqu’il est question de la foi, cette démarche implique une grande fidélité aux acquis de la tradition sans compromis théologique qui viderait tout rapprochement de son contenu spirituel. 
Le témoignage des pays de tradition orthodoxe s’avère ainsi plus que jamais crucial. Que la nation s’efface devant le message chrétien plutôt que de l’enfermer dans une nouvelle forme de nationalisme comme la tentation s’en manifeste aujourd’hui. L’église locale, ouverte à tous, doit pouvoir s’épanouir sans entraves, sans tentative d’en faire un ghetto national. L’inculturation, indispensable, prend du temps, mais il faut la promouvoir. Les vrais chercheurs de Dieu ne sont pas attirés par la nation en embuscade derrière l’église mais par le vécu d’une communauté fraternelle ancrée en Christ.


5.) Quelle serait votre perspective orthodoxe sur les maladies spirituelles, d'ailleurs un sujet très important dans la pensée de Jean-Claude Larchet?

La question des maladies spirituelles fait partout surface dans les écrits des Pères. Elle découle de la conception de la Chute et du relèvement qui sous-tend la théologie orthodoxe. Tout homme étant pécheur, il en résulte la nécessité de se purifier pour recevoir l’illumination sur le chemin vers la sainteté qui fait participer aux énergies divines. Sans vouloir entrer dans le détail, il me semble important de revenir à une vision ternaire de l’homme : physique, psychique et spirituel. L’abandon de l’esprit au XIIIe siècle se révèle en effet lourd de conséquences dans toute la pensée jusqu’à nos jours où l’on confond souvent psychique et spirituel.
L’homme est un composé indissociable, de sorte que tout ce qui affecte un domaine exerce une répercussion sur l’ensemble. La mise à l’écart du spirituel ampute l’homme qui ne parvient plus ainsi à son plein épanouissement et passe à côté de sa vraie vocation à la sainteté. S’il est essentiel de diagnostiquer les maladies, il l’est surtout de proposer des remèdes en vue de la guérison. 
Il me semble urgent d’accorder davantage d’attention au phénomène du bruit visuel et auditif qui envahit aujourd’hui le quotidien. La rencontre de l’homme avec Dieu se fait dans le silence. Le déluge d’images déversé sur les gens détourne de l’essentiel, souille le cœur et l’esprit, crée une captivité et une accoutumance qui nourrit toutes les maladies spirituelles. Dans la perspective du jeûne, la sélection des images et des sons l’emporte en importance sur celle des nourritures terrestres. Nous devenons en effet ce que nous absorbons !
Je n’en dirai pas davantage puisque mon dernier livre Maladie et guérison : les saints médecins anargyres, développe le sujet et propose des pistes.


6.) Que diriez-vous a quelqu'un qui n'a pas encore choisi l'Orthodoxie, mais veut la découvrir et comprendre?

Ma parole à quelqu’un en recherche dépend fondamentalement de la personne, de son âge, de sa propre histoire, de son lien préalable ou non avec une autre confession chrétienne. Si le désir de découvrir l’Orthodoxie et de la comprendre est sincère, je l’invite à venir à l’Église dans la ligne de saint Jean Damascène qui répondait à un musulman venu s’enquérir de sa foi : « Venez et regardez les icônes ». Mais il importe avant tout que cette personne participe à un office et ouvre tout grand son cœur. En ce qui concerne les icônes, il arrive encore malheureusement qu’elles soient si décadentes et frelatées qu’elles égarent celui qui cherche au lieu de le conduire vers la vérité. Il importe par conséquent de veiller à ce que le premier contact soit authentique.
Dès le départ, l’essentiel est le vécu. À l’encontre d’une approche rationaliste sans issue, la rencontre avec de vrais chrétiens s’impose. Un dialogue avec le prêtre est aussi indispensable, faute de quoi la personne risque de se concocter une Orthodoxie à la carte, ce qui conduit très vite à l’abandon. Tout se joue au niveau du cœur, ce grand champ de bataille où la victoire est donnée à ceux qui s’approchent avec foi et amour de l’Ami des hommes.

lundi 13 février 2017

Vie de saint Fulcran évêque de Lodève


L'évêque Lodèvois saint Fulcran a toujours reçu une grande vénération populaire, pas moins de cinq vitae lui ont été consacrées au fil des siècles. Mais il n'est pas toujours aisé de distinguer la vérité historique, de la volonté de surenchère dont faisait preuve certains hagiographe de cette époque. Ainsi nous pouvons résumer en quelques phrases la vie de saint Fulcran avant de donner accès à plusieurs autres documents plus complet.


Fulcran (Fulcrammus) naît et grandit à Lodève ou dans la région de Lodève. Il est issu d’une famille riche et noble.
Il est âgé d’environ 20 ans et est déjà prêtre quand il est consacré évêque en 949 par
l’archevêque de Narbonne à Narbonne.
L’évêque Fulcran a une réputation de charité : il aide son peuple à la mesure de sa richesse,
particulièrement lors d’une grave famine où il n'hésite à aller au devant d'un comte avide afin de fournir la nourriture à son peuple.
Son pouvoir spirituel est fort : homme de prière, thaumaturge et guide spirituel. Lors des grandes fêtes, il accomplissait des actes d’humilité en lavant les pieds des pauvres, et leur donnant nourriture et vêtement.
A Lodève, il fait bâtir une cathédrale de style roman consacrée à St Genès martyr à Arles (l’actuelle
cathédrale est édifiée à la place de cette dernière).
Il s'intéresse aussi la vie monastique, visitant monastères et sanctuaires en Auvergne, consacrant dans divers abbayes église et autel, ou en soutenant la restauration de quelques monastères.
A sa mort, en 1006, il lègue sa fortune à l’Eglise.
Fulcran mourut donc âgé après un épiscopat de 57 ans.
Fulcran a durant sa vie beaucoup voyager. Notamment il participa à plusieurs conciles locaux et se rendit plusieurs fois en pèlerinage à Rome.
Saint Fulcran vénéré de son vivant et est aujourd'hui encore un millénaire après son trépas vénérer dans son ancien diocèse. Chaque soir sonne le glas de St Fulcran, rappelant son bienheureux trépas.
Sa sainteté a en outre été validée par le miracle de la non-putréfaction de son corps.
Son « martyr » survient en 1573 lorsque Claude de Narbonne, chef du parti protestant met
le siège devant la ville de Lodève. La cathédrale est démolie, le corps de l’évêque est extrait
du tombeau et traîné dans les rues, découpé puis jeter à la rivière. Seules quelques reliques ont été sauvées et sont conservées dans l'ancienne cathédrale.

- Vie de saint Fulcran, tirée des Bollandistes.
- Une nouvelle vie de Saint Fulcran de Lodève, par Gérard Alzieu, Etude Héraultaises 1988.

lundi 6 février 2017

Compte-rendus de pèlerinages


  • Le samedi 10 décembre 2016 a eu lieu un pèlerinage à Chiry-Ourscamp où se trouve conservé le sommet du chef de sainte Anne mère de la Très Sainte Mère de Dieu. La Divine Liturgie y a été célébrée.

  • Le lundi 19 décembre (fête de saint Nicolas -ancien style) a été célébrée la Divine Liturgie à Saint-Nicolas-de-Port.