lundi 18 février 2019

La christianisation de la France (du IIe au VIIIe siècle)



La christianisation de la France (IIe - VIIIe siècle) de Pierre Pierrard, Desclée de Brouwer, 1994.
Cette ouvrage qui aurait très bien pu s'appeler la christianisation de la Gaule IIe-VIIe siècle, s'arrête à la fin du VIIe siècle juste avant l'avènement de Charlemagne. Il se veut un essai critique sur la réalité de cette christianisation : lente, citadine avant d’essaimer dans un monde rural où les survivance païenne persisteront encore longtemps, méditerranéenne avant de gagner l'ouest, puis le nord de la Gaule, contrairement au pieuse légende qui fait remonter l'arrivée de l’Évangile en Gaule à l'entourage de Jésus et son évangélisation à des évêques venu de Rome.
"Le livre de Pierre Pierrard permet à chacun de se faire une idée juste de l'arrivée du christianisme en Gaule et des conditions historiques de son assimilation."
En tant que lecteur orthodoxe outre deux ou trois confusion de l'auteur entre christianisme et catholicisme, ce livre retrace très clairement la période orthodoxe du christianisme en Gaule, jusqu'au début de son déclin, qui commença au milieu VIIe siècle suite à la mort du roi Dagobert (639) qui entraînera le royaume dans une crise politique qui engendrera une décadence culturelle et morale. Celle-ci aboutera à partir des carolingiens à la société médiévale et aux prémices de ce qui deviendra le catholicisme.
Un livre riche en information et en réflexion sur l'histoire du christianisme orthodoxe en Gaule.

lundi 11 février 2019

Cérémonie de l’inhumation d’un soldat russe inconnu au cimetière de Saint-Hilaire-le-Grand

Le vendredi 25 janvier 2019 a eu lieu l’office des funérailles d’un deuxième soldat russe inconnu du Corps expéditionnaire de l’Armée Impériale russe venu en France en 1916, retrouvé récemment au Chemin des Dames. L’inhumation d’un premier soldat russe inconnu avait eu lieu le mercredi 22 mars 2017.
22 mars 2017

L’Archevêque était entouré par l’aumônier de l’Association du Souvenir du Corps Expéditionnaire Russe en France dont la Présidente est la Princesse Madame Elisabeth Obolensky le Très Révérend Protopresbytre Anatole Rakovitch ainsi que du Très Révérend Archiprêtre André Drobot, recteur du skyte de Tout les Saints russes, du Protodiacre Jean Drobot et de la chorale de la cathédrale de la rue Daru sous la direction du Protodiacre Alexandre Kedroff.

La cérémonie d’inhumation a eu lieu en présence de Monsieur Denis CONUS, Préfet de la Marne, de Madame Agnès PERSON, le Maire de Saint-Hilaire-le-Grand, d’un détachement cynophile de l’Armée française, de l’Attaché militaire de l’Ambassade russe et des représentants de familles.

À la fin de la prière de l’inhumation les enfants de l’école de la commune de Saint-Hilaire-le-Grand ont déposés des fleurs sur le cercueil manifestant ainsi la solidarité franco-russe qui existe depuis le sacrifice de ces soldats russes pour la France.


Pour plus de photos cliquer sur les deux liens inclus dans le texte.

mardi 29 janvier 2019

29 janv. / Mémoire de notre vénérable Père GILDAS de RHUYS, en Bretagne.


Saint Gildas naquit en 497 à Altcluyth, au sud-ouest de l’Écosse, sur les rives de la Clyde. Il était le plus jeune enfant d’une famille princière ; trois de ses frères et une de ses sœurs exerçaient déjà la vie érémitique. A sept ans, il fut baptisé et entra au monastère de Llantwit, au sud du pays de Galles, pour y être enseigné, tant dans les lettres humaines que dans la Loi évangélique, sous la direction de saint Iltud qui fut aussi le père spirituel de saint Malo, saint Samson [28 juil], saint Paul de Léon [12 mars] et d’autres saints bretons. Dans ce monastère régnait un zèle ardent pour la vie spirituelle, l’ascèse et le travail intellectuel.
Ses études terminées, Gildas voulut accroître son ascèse dans la prière et le jeûne. Il ne mangeait plus que trois jours par semaine, en petite quantité. Ordonnée prêtre (vers 518), il décida d’aller soutenir par sa prédication les populations chrétiennes du nord de la Grande-Bretagne. Il se rendit ensuite en Irlande, accompagné de saint Cado et de saint David, pour travailler à la fondation de monastères et à l’instruction du peuple, car la foi et la pureté des mœurs s’y trouvaient menacées depuis la mort de saint Patrick [17 mars]. Il entretint d’amicales relations avec saint Brigitte de Kildare [1er févr.], et l’on raconte qu’il fondit pour elle une châsse et une cloche. Il organisa à Armagh (en 525) une école monastique qui restera célèbre en Irlande, et opéra de nombreuses conversions, grâce aux miracles éclatants qui venaient confirmer la vérité de sa prédication
Il entreprit ensuite un pèlerinage à Rome, pour y prier sur les tombeaux de saint Pierre et saint Paul. Sur le chemin du retour, il parvint en Gaule et, décidant de mener la vie érémitique en Armorique, il s’établit sur la petite île d’Houat, entre Belle-Île et Vannes. Éloigné de toute consolation humaine et faisant de la méditation des saintes Écritures et de la prière sa seule activité, il reçut en abondance la grâce du Saint-Esprit. Le rayonnement de sa vertu attira bientôt quelques pêcheurs qui s’empressèrent de faire connaître aux habitants de la côte qu’un homme de Dieu habitait parmi eux. Un nombre croissant de disciples se rassembla dès lors autour de Gildas, désirant partager son mode de vie angélique, et il fut contraint de fonder un monastère sur la presque île de Rhuys, aidé dans cette entreprise par un seigneur des environs de Vannes. Après avoir organisé sa communauté selon le mode de vie cénobitique, basée sur les vertus évangéliques de pauvreté, de pénitence et d’humilité, il se retira dans un ermitage sur les rives du Blavet, près de Castennec, mais revenait de temps en temps sur l’île d’Houat. Par l’intermédiaire du saint, de ses enseignements et de sa prière aux effets miraculeux, c’était vraiment Dieu qui était présent dans la région avec puissance. Beaucoup de malades recouvraient par lui la santé de l’âme et du corps, et le monastère de Rhuys devint un centre d’évangélisation de tout le pays.
Il rédigea alors son livre : De la chute et de la conquête de la Bretagne (De excidio et conques tu Britanniae)*, résumé de l’histoire de la Grande-Bretagne depuis la conquête romaine jusqu’à son époque, qui était en même temps une éloquente exhortation à la conversion du peuple pour éviter les malheurs qui les menaçaient : guerre civile et invasion barbares. Outre la réputation acquise par ses prédications, c’est à la suite de cet ouvrage qu’il reçut le surnom de Gildas le Sage. Dans la deuxième partie de son livre, il adressait une audacieuse critique aux cinq rois bretons. Cette diatribe attira sur lui la fureur des intéressés, qui le firent enlever par quatre faux moines. Les faux moines le jetèrent à l’eau, mais il put regagner l’île d’Houat à la nage et de là son monastère.
En 565, saint Gildas fut rappelé en Irlande par le roi Ainmir pour rétablir la paix dans ce royaume et le bon ordre dans un monastère. De cette époque, il nous reste ses Canons de discipline ecclésiastique et un Pénitentiel. De retour sur l’île de d’Houat, le Seigneur lui apprit qu’il ne lui restait plus que huit jours de vie terrestre. Il légua en guise de testament spirituel à ses moines une hymne qui avait le pouvoir de repousser les attaques du démon. Puis il donna l’ordre, qu’après sa mort, son corps fût déposé sur une barque et abandonné au gré des flots. Tous ayant répondu : « Amen ! », il remit son âme à Dieu, le 29 janvier 570.
Après avoir appliqué l’ordre de leur père spirituel, les moines de Rhuys s’étant imposés trois jours de jeûne et de prière dans l’espoir de recueillir ses reliques, l’un d’eux apprit par révélation que le corps avait échoué près de la petite chapelle de Sainte-Croix, bâtie par le saint. Les précieuses reliques furent transférées, le 11 mai, à Rhuys, où elles peuvent être vénérées aujourd’hui, ainsi que son tombeau.

* D’après certains historiens, GILDAS LE SAGE, auteur du De exicidio Britaniae et du Pénitentiel, serait distinct de S. Gildas de Rhuys.

Source : Synaxaire orthodoxe


Tropaire à saint Gildas le Sage, (source)
Tu naquis en Ecosse et tu fus éduqué*
Dans un saint monastère du Pays de Galles.*
Tu voyageas en Irlande, puis en Bretagne,*
Et tu devins ermite en presqu'île de Rhuys,*
Avant d'y établir une communauté.*
Saint Gildas, prie le Christ d'avoir pitié de nous!

lundi 21 janvier 2019

Patrimoine à Paris : un mirage d’église orthodoxe : l'église saint Serge

Le Parisien a récemment publié cette article sur l'église orthodoxe st Serge (rue de crimée) à Paris.


À l’occasion du Noël orthodoxe le 7 janvier, nous sommes allés visiter l’église Saint-Serge, à Paris. Étonnante parenthèse slave dans le XIXe.

La grille en fer forgée contraste avec les enseignes lumineuses de la rue de Crimée (XIXe). Au loin, seule une icône juchée sur une maisonnette révèle l’exotisme du lieu. Après un chemin de terre sinueux qui monte vers la colline, un pavillon de bois apparaît, caché au milieu de la verdure : c’est l’église orthodoxe Saint Serge. Tel un îlot perdu hors du temps.


En gravissant le sentier, le piaillement des oiseaux couvre peu à peu le vrombissement des automobiles. Sur le seuil de l’édifice, Milan Radulovic, longue barbe et yeux bleu clair, comme lui aussi sorti d’un autre âge, accueille ses hôtes d’un air affable.

« Rentrez donc », invite notre guide en ouvrant la lourde porte de bois. On ne sait où regarder : tout n’est que dorure, profusion d’ornements et de couleurs… Des murs bleus, des colonnes vertes, un tapis rouge qui s’étire jusqu’à l’iconostase. Des fresques du plafond aux bancs sculptés, la minutie des motifs est frappante. Milan Radulovic nous tire de notre rêverie. « A l’origine, c’était vide », raconte le chantre de la paroisse.

LP/ Philippe Lavieille

Retour en 1857. Un Allemand, un certain von Bodelschwing, séduit par la magie de l’endroit, décide de construire un temple luthérien. Le style est épuré et simple, propre aux édifices protestants.

L’œuvre « du Michel-Ange russe »
Mais alors, d’où viennent ces décors grandioses ? « Du Michel-Ange russe », s’exclame l’historien Cyril Semenoff-Tian-Chansky. En 1924, le Comité orthodoxe rachète le terrain et commande des esquisses à Dimitri Stelletsky, éminent décorateur de théâtre. Ses modèles sont d’abord refusés. « C’est ça ou rien », martèle l’artiste. Le Comité cède. « Stelletsky était aussi intense que son art », concède Milan Radulovic.

Son œuvre ? « Une fantastique supercherie », s’enthousiasme Cyril Semenoff. Car le visiteur, persuadé de pénétrer dans une architecture en bois, aura la surprise de découvrir, s’il a la curiosité d’en faire le tour, des murs en briques typiques des églises protestantes. « Certains artistes auraient remplacé les vitraux néogothiques ou l’escalier, mais Stelletsky s’est réapproprié les éléments d’origine », détaille l’historien. Un pari risqué. Mais réussi : de cette communion improbable se dégage une incroyable impression d’harmonie.

Grâce à un travail acharné. « Stelletsky a réalisé en deux ans ce que d’autres auraient fait en une décennie », souligne Milan Radulovic. Il dessine, peint, sculpte, agence. De la taille des rosaces à la forme des porte-cierges, l’artiste peaufine chaque détail. Avec un tempérament bien trempé. L’évêque qu’il a enfermé dans l’église — après un différend — aurait pu en témoigner.

LP/ Philippe Lavieille

De la paume de la main, Milan Radulovic effleure les plantes ondulantes d’une peinture murale. « Stelletsky était seulement aidé par deux personnes qui broyaient les couleurs », précise-t-il. Avant de s’attarder devant l’icône Notre-Dame de Vladimir : « Mais c’est elle qui réalisait les finitions ». Elle ? La princesse Lvova. Devant notre air décontenancé, il s’explique : « Stelletsky a collaboré avec cette immense iconographe. Elle a dessiné tous les visages des icônes ». Les yeux noirs, la finesse de la bouche. C’est donc elle. « Seul un génie pouvait se fondre dans l’art de Stelletsky. On a l’impression qu’il a tout fait seul. »

Et pour cause : l’artiste après avoir terminé son œuvre a laissé une plaque avec l’inscription « J’ai commencé à peindre l’église le 6 novembre 1925. J’ai terminé le 1er décembre 1927. Dimitri Stelletsky. » Aucune mention de la princesse. Sympathique.

Eglise Saint Serge, 93 rue de Crimée (XIXe). Visites en dehors des offices sur rendez-vous au 06.32.68.41.92. Ou par mail milanjrad@gmail.com. Gratuit.
Le site de la paroisse http://www.saint-serge.fr


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On rencontre la princesse Lvova, reine des icônes

Elle était « aussi simple et modeste » que Stelletsky, l’architecte et décorateur à l’origine de l’église Saint-Serge, « était original et emporté ». Difficile de trouver des informations en français sur la princesse Elena Sergueievna Lvova. Et pourtant son père n’est autre que le frère du prince Lvov, président du gouvernement provisoire après l’abdication du tsar Nicolas II.

Elle fait partie de ces aristocrates russes contraints de quitter leur pays natal après la révolution de 1917.Ce n’est qu’après son arrivée en France qu’elle se consacre à l’art qui occupera toute sa vie : l’iconographie. Dès la fin des années 1920, elle s’impose comme l’une des meilleures de son temps. De la Finlande à la Tunisie, en passant par l’église Notre-Dame-du-Signe du boulevard Exelmans (XVIe), ses icônes sont partout.

Son empreinte ? Aucune. Son style se fond dans le classicisme. Epuré, simple, sans fioriture. Ses œuvres sont à l’opposé de l’inspiration ardente de Stelletsky. « Elle s’effaçait autant dans sa vie que dans son art. » Cette princesse est restée une figure incontournable, mais méconnue, de l’art russe du XXe siècle.


On découvre : une relique dans une croix métallique
Regardez bien à l’intérieur de la croix métallique de l’icône principale, vous aurez la surprise de découvrir un petit morceau… de Saint Serge de Radonège. Le patriarche de Moscou, Alexis II, a fait don de cette relique à l’ancien recteur en 2000.

Mais d’ailleurs pourquoi l’église est-elle dédiée à ce saint du XIVe siècle ? Par une curieuse affaire de circonstances ! En 1924, alors que de nombreux Russes ont rejoint la France après la révolution bolchevique de 1917, le métropolite Euloge, figure de l’orthodoxie locale, est à la recherche d’une église pour la formation de ses prêtres.

Grâce aux dons amassés par sa communauté, il parvient à acquérir le terrain de la colline lors d’une vente aux enchères… le 24 juillet 1924. Le jour de la fête de Saint Serge de Radonège. Dès lors, l’édifice parisien fut consacré à cette personnalité incontournable de l’histoire religieuse russe.


jeudi 17 janvier 2019

Des fragments des reliques de saint Antoine le Grand, venus de France, ont été offerts à la paroisse dédiée au saint à Bucarest

Juillet 2017
Des centaines de Bucarestois ont participé à un moment historique pour la paroisse Saint-Antoine de la ville, qui a reçu un fragment des reliques de son saint protecteur. Le coffret contenant les saintes reliques a été amené par Mgr Joseph, métropolite de l’Église orthodoxe roumaine en Europe occidentale et méridionale, accompagné par plusieurs prêtres, à l’église Saint-Antoine.
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dimanche 13 janvier 2019

HILAIRE DE POITIERS ET LA PASSION DE LA COMMUNION


Hilaire de Poitiers et la passion de la Communion, actes du colloque consacré à Hilaire de Poitiers par l'association Caritas Patrum.


HILAIRE DE POITIERS ET LA PASSION DE LA COMMUNION

Pionnier de la théologie d’expression latine, il continue de nous enseigner à travers ses textes et ses combats. Passionné du mystère de Dieu et de sa transmission, il vivait, disait-il, l’épreuve du langage confronté à la nécessité de formuler la foi tout en gardant une vive conscience des limites de nos simples mots face au mystère de Dieu.

Cette quête de cohérence et d’intelligibilité ne cessera d’éclairer sa recherche de vérité au long cours. Baptisé à l’âge adulte, puis choisi comme évêque par les clercs et les laïcs de sa ville, il fut intimement mêlé à la lutte contre l’arianisme. Payant le prix fort pour son engagement, il n’eut d’autre objectif, d’autre combat que d’affirmer la réciprocité entre vérité et communion au sein de l’expérience chrétienne. Artisan du rétablissement de l’orthodoxie en Gaule (on l’appellera « l’Athanase de l’Occident »), reconnu déjà comme « docteur de l’Église » par Augustin, sa théologie trinitaire, nourrie par l’Ecriture, s’enrichira, pendant ses années d’exil, de sa découverte des sources grecques. Pour notre plus grand profit.

Au sommaire de ces Actes :
- Le rassembleur (Philippe HENNE)

- Hilaire de Poitiers, l’homme des communions (Pascal-Grégoire DELAGE)

- Dimensions eucharistiques de la communio (Denis DUPONT-FAUVILLE)

- Le peuple juif dans le Commentaire sur Matthieu (Marc MIHAU)

- Hilaire de Poitiers à l’épreuve du langage (Annie WELLENS)

- Considération sur la prière selon Hilaire de Poitiers (Michel COZIC)

- La basilique dédiée à saint Hilaire à Poitiers : Bilan des dernières recherches archéologiques (Anne JEGOUZO)

- Phoébade d’Agen et la christianisation de l’Aquitaine (Pascal-Grégoire DELAGE)

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