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mardi 21 mai 2019

21 mai, nous célébrons la mémoire des Saints empereurs, couronnés par Dieu et Egaux-aux-Apôtres, CONSTANTIN le GRAND et sa mère HELENE


Saint Constantin le Grand, le premier empereur chrétien, devenu par la grâce de Dieu "Apôtre du Seigneur parmi les rois", était fils du brillant général Constance Chlore et de Sainte Hélène. Il naquit à Nissa (Nish) (vers 280) et grandit sur les champs de batailles, apprenant de son père non seulement l'art de la guerre, mais aussi le sage gouvernement de ses sujets et la clémence à l'égard des Chrétiens.

Peu après sa proclamation (288), Dioclétien devant gouverner un empire trop grand, menacé de toutes parts par les barbares et troublé par d'incessants complots, confia à son ami Maximien le gouvernement de l'Occident et, quelques années plus tard (293), il plaça deux césars comme auxiliaires des deux augustes : Galère Maximien en Orient et Constance Chlore en Occident, avec juridiction sur la Grande-Bretagne, la Gaule et l'Espagne. Afin de s'assurer la fidélité de ce dernier, il l'obligea à répudier Sainte Hélène pour épouser la fille de Maximien, et il garda de plus le jeune Constantin en otage à Nicomédie, sa capitale. Constantin passa donc son adolescence parmi les mœurs païennes, à la cour de Dioclétien puis de Galère, où il se distingua par son allure majestueuse et sa vaillance dans les combats, mais surtout par sa droiture morale et sa bonté, qui lui attiraient la sympathie de tous ceux qui l'approchaient. Il resplendissait par les vertus vraiment royales de la chasteté et de la mansuétude, qui l'élevaient au-dessus des intrigues et des bassesses coutumières aux milieux de cour. Mais ces qualités suscitèrent aussi des jalousies, en particulier de l'empereur Galère, qui l'envoyait constamment dans des campagnes périlleuses d'où Constantin sortait chaque fois victorieux, en en tirant un surcroît de gloire.

Après la démission de Dioclétien et de Maximien, les deux césars, Galère et Constance Chlore, furent élevés à la dignité d'auguste. Instruit des complots tramés contre son fils, Constance, malade et vieillissant, demanda que Constantin vienne le visiter. Échappant de justesse aux hommes envoyés pour le retenir, Constantin se précipita en Grande-Bretagne, où il eut la joie de revoir son père qui lui confia la succession de l'empire d'Occident, et lui recommanda d'aider et de protéger les Chrétiens violemment persécutés depuis les édits de Dioclétien. Constance Chlore trouva peu après la mort, à York, et Constantin fut aussitôt proclamé empereur par l'armée (25 juillet 306). Mais, entre temps, Galère, qui se considérait comme le premier empereur, avait désigné deux césars : Maximin Daïa pour l'Orient et Sévère pour l'Occident, avec Rome pour capitale. A la mort de Constance Chlore, il éleva ce dernier à la dignité d'auguste ; mais Sévère fut renversé par une révolte du peuple, suscitée par la garde ,prétorienne, et remplacé par Maxence, le fils de Maximien, qui fit bientôt régner à Rome une tyrannie sanguinaire et pleine de débauches. Maxence conclut un accord avec Constantin, auquel il laissait le pouvoir sur les régions les plus occidentales, avec Arles pour capitale. Constantin, respectant ces conditions, gouverna la part qui lui était échue avec justice et bonté ; il était aimé du peuple et redouté des Germains ainsi que des tribus barbares. Mais cette situation dura peu de temps, car Maxence entra bientôt en friction avec son père qu'il avait associé au pouvoir. Maximien se réfugia dans le royaume de Constantin, mais il tenta aussitôt de s'emparer du pouvoir grâce à la complicité de sa fille Fausta, la seconde épouse de Constantin, femme fourbe et intrigante, qui fut par la suite la cause de bien des malheurs pour le pieux empereur. Le complot fut dévoilé et Maximien mit fin à ses jours (310).

Galère, informé des événements qui troublaient l'empire d'Occident, et avide de s'accaparer tous les pouvoirs, désigna alors Licinius comme césar d'Occident et marcha vers Rome avec une puissante armée. Vaincu par Maxence, il battit en retraite et se retourna contre Constantin. Mais ce dernier lui infligea une défaite complète et Galère périt lamentablement, après avoir promulgué un édit modérant la persécution générale qui faisait rage en Orient (311). Maximin Daïa, païen fanatique et persécuteur acharné des Chrétiens, prit alors le titre d'auguste de l'empire d'Orient, et Maxence, resté seul à Rome, entreprit une campagne contre Constantin, en vue de s'arroger la totalité de l'empire d'Occident. Appelé au secours par les Romains qui souffraient de la tyrannie de Maxence, Constantin réunit ses troupes, passa les Alpes (septembre 312) et, conquérant aisément les villes d'Italie du Nord, il parvint jusqu'aux environs de Rome, où Maxence avait concentré des forces bien plus considérables.

Songe de Constantin
Bataille du pont Milvius
Invention de la Croix par ste Hélène
Enluminure du IXe s., grec 510, BNF, Paris.

Monté sur une hauteur, Constantin considérait avec perplexité la supériorité de ses adversaires lorsque, en plein midi, apparut dans le ciel une immense croix, constituée d'étoiles, autour de laquelle étaient écrits ces mots en grec : « Par ce signe tu vaincras ». La nuit suivante, le Christ Lui-même apparut à l'empereur et Lui commanda de confectionner une croix semblable à celle qu'il avait contemplée dans sa vision et de la placer comme étendard à la tête de son armée. Le signe de la victoire resplendit alors de nouveau dans le ciel, et Constantin crut de toute son âme que Jésus-Christ est le seul vrai Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui donne la victoire aux rois et guide toute chose vers la fin qu'Il a prévue avant l'origine du monde. Dès le lever du jour, il fit confectionner une grande croix en argent et donna l'ordre de la placer à la tête de ses troupes, à la place des aigles impériaux, comme "signe de victoire sur la mort et trophée d'immortalité". Dès lors Constantin commença à se faire instruire sur la Doctrine Chrétienne et s'adonna assidûment à la lecture des Livres Saints. Lors de la bataille décisive du pont Milvius, le 28 octobre 312, ce fut la Croix qui remporta la victoire. Maxence, en prenant la fuite, s'engagea sur le pont de bateaux qu'il avait fait construire, mais ce dernier s'effondra à son passage et le tyran périt englouti, avec tous ses officiers, comme autrefois Pharaon et ses cavaliers dans la mer Rouge (cf. Ex. 15).

Rendant grâce à Dieu pour cette victoire qui inaugurait une nouvelle ère de l'histoire humaine, Constantin fit une entrée triomphale dans Rome, qui le saluait comme son libérateur, son sauveur et son bienfaiteur. Il fit aussitôt élever le signe de la Croix sur les principaux monuments de la ville et l'on érigea une statue de l'empereur tenant en main la Croix, comme signe de victoire et emblème de son autorité reçue du Christ (2). Il fit restituer tous les biens confisqués par Maxence, rappela les exilés, libéra les captifs et fit rechercher les reliques des martyrs victimes de la Grande Persécution. A l'occasion de cette victoire sur Maxence, la religion chrétienne, si longtemps honnie et persécutée, pouvait désormais sortir de l'ombre et jouir de la protection du souverain. Tout en restant distincte du pouvoir politique, l'Eglise était désormais en mesure d'inspirer les gouvernants et de transformer en profondeur la vie des hommes et des états, pour leur inspirer les principes évangéliques. Quelques mois après, Saint Constantin rencontra Licinius à Milan (313) et les deux empereurs, qui se partageaient dès lors le monde, signèrent un Edit mettant fin à la persécution et donnant licence aux Chrétiens de pratiquer librement leur religion dans tout l'Empire. Constantin fut alors proclamé auguste suprême et on célébra le mariage de Constantia, sa sœur, et de Licinius.

Illuminé par la grâce de Dieu, le Saint empereur n'accorda pas seulement la liberté générale, mais il encouragea aussi le développement du culte chrétien. Il accorda des subventions pour construire des églises et orner dignement les tombeaux des martyrs, restitua les biens des confesseurs et des martyrs confisqués par l'Etat et les fit attribuer à l'Eglise lorsque ces derniers n'avaient pas laissé d'héritiers. Il rendait honneurs aux évêques qu'il recevait à sa table et il assistait aux Conciles locaux pour faire régner la paix et la concorde.

Alors que la lumière de la vérité brillait ainsi en Occident, les ténèbres de l'idolâtrie et de la tyrannie continuaient d'être entretenues en Orient par Maximin Daïa, qui déclara la guerre à Licinius. Celui-ci le vainquit en Thrace (30 avril 313) et, devenu maître de l'empire d'Orient, il intensifia la persécution. Il imposa des restrictions aux évêques (2), ferma des églises, exila les Chrétiens en vue et confisqua leurs biens, et il fit cruellement châtier tous ceux qui venaient en aide aux détenus. Il imposa aux dignitaires d'offrir des sacrifices et fit régner l'injustice et la violence dans tous les domaines de l'administration. Apprenant ces mesures tyranniques prises en Orient contre les Chrétiens, Saint Constantin leva une puissante armée, guidée par le signe de la Croix victorieuse, et, à la faveur d'une campagne contre les barbares en Panonnie, il pénétra sur le territoire de Licinius (322). Après une première défaite à Andrinople, le tyran se replia à Byzance puis fut définitivement vaincu à la bataille de Chrysopolis (18 septembre 324). Constantin triomphant, au nom du Christ et de la Vérité, s'employa dès lors à offrir l'Empire romain réunifié en présent au Roi des rois, et tel un nouvel Apôtre il fit proclamer jusqu'aux extrémités de l'Orient et de l'Occident, de la Mésopotamie à la Grande-Bretagne, la foi au Dieu unique et en Son Fils incarné pour notre Salut. Usant de mansuétude envers les prisonniers de l'armée ennemie, il fit aussitôt appliquer en Orient les mêmes mesures en faveur de l'Eglise que celles qu'il avait décrétées auparavant en Occident. Dans un édit proclamé dans tout l'Empire, il déclarait que Dieu seul devait être considéré comme la cause de ses victoires et qu'il avait été choisi par la Providence pour se mettre au service du bien et de la vérité. Il plaça de nouveaux magistrats dans les provinces, auxquels il interdit d'offrir des sacrifices païens, et envoya dans toutes les contrées soumises à son autorité des lettres condamnant l'idolâtrie et exhortant à la conversion. Il incitait tous ses sujets à suivre son exemple, mais sans contraindre personne. L'Empire, régi par un seul empereur, présentait alors une image du Royaume de Dieu, déjà présent sur la terre, où tous les hommes réconciliés pouvaient jouir de la paix et élever vers Dieu de continuelles hymnes d'actions de grâces.

A ce nouvel Empire Chrétien, qui devait durer mille ans (4), il convenait de donner une capitale, mieux placée que Rome géographiquement et exempte des souvenirs de l'idolâtrie et de la tyrannie. Inspiré par un signe divin, le pieux empereur fixa son choix sur la petite ville de Byzance, qui occupait une position charnière entre l'Orient et l'Occident. Guidé par un Ange, il marqua lui-même les limites de la nouvelle ville, et donna l'ordre au maître d'œuvre, Euphrata, de n'épargner aucune dépense pour la doter de monuments et de voies publiques dépassant en gloire et magnificence toutes les autres villes du monde. Lors de la fondation de la cité, le 8 novembre 324, Byzance reçut le nom de Constantinople et de Nouvelle-Rome, et fut dédiée par la suite à la Mère de Dieu. Au centre du palais on dressa une immense Croix ornée de pierres précieuses et sur le forum on plaça au sommet d'une colonne de porphyre la statue de Constantin, dans laquelle était placée de saintes reliques, et on déposa au pied de la colonne les corbeilles ayant servi au miracle de la multiplication des pains. Les travaux furent menés en grande hâte et, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire du règne de l'empereur (11 août 330), on célébra avec faste l'inauguration de la nouvelle capitale.

Aussitôt après sa victoire sur Licinius, le premier souci de Saint Constantin fut de rétablir et de confirmer l'unité de l'Eglise, gravement menacée par 1'hérésie d'Arius (5), qui, d'Egypte, s'était répandue dans différentes contrées, à la faveur d'un décret de Licinius interdisant la réunion des synodes locaux. Après avoir envoyé, par l'intermédiaire d'Hosius de Cordoue, des lettres d'exhortations à l'Archevêque d'Alexandrie, Alexandre, et à Arius, dans lesquelles il exprimait sa souffrance devant la division, l'empereur convoqua tous les évêques de l'univers à Nicée, pour le premier grand et Saint Concile Œcuménique (6) (325). Cette première assemblée des évêques venus de toutes les extrémités du monde était une parfaite expression de la plénitude de l'Eglise et de l'unité de l'Empire Chrétien. L'empereur y siégeait au milieu des évêques, rayonnant dans un vêtement de pierreries. Il ouvrit les sessions en adressant une action de grâces à Dieu pour cette réunion, et il exhorta les participants à la paix et à résoudre les divisions semées par le démon dans la Maison de Dieu. Il participa aux débats et, par sa douceur et sa pondération, réussit à réconcilier les opposants. On procéda alors à la condamnation d'Arius et de ses partisans (7), et on résolut de célébrer Pâques partout à la même date, en signe d'unité de la foi. Pour conclure les sessions du Concile, Saint Constantin convia tous les Pères, à l'occasion du vingtième anniversaire de son règne, à un grand banquet, qui fut une somptueuse préfiguration du Royaume de Dieu, puis il les renvoya en paix dans leurs diocèses, munis de riches présents.

L'année suivante (326), l'impératrice Hélène, qui venait d'être baptisée, entreprit un pèlerinage en Palestine (8), au cours duquel on découvrit l'emplacement du Calvaire et, grâce à une révélation miraculeuse, la Croix du Seigneur enfouie sous terre (14 sept.). Saint Constantin ordonna alors d'ériger à cet endroit une somptueuse basilique dédiée à la Résurrection, laquelle fut inaugurée en 335, à l'occasion du trentième anniversaire de son règne. Sainte Hélène visita aussi d'autres Lieux saints et fit construire des basiliques à Bethléem et au Mont des Oliviers ; elle délivra les captifs et répandit de larges aumônes dans tout l'Orient. A l'issue de ce pèlerinage, elle rendit pieusement son âme à Dieu, à l'âge de quatre-vingts ans. Ses funérailles eurent lieu à Constantinople ; par la suite, son corps fut transféré à Rome (9).

La sécurité des frontières ayant été assurée par un habile jeu d'alliances, et les barbares ayant transformé leurs glaives en instruments agricoles, le pieux souverain put passer en paix le reste de son règne et s'occuper d'affermir les fondements et les institutions du nouvel Empire Chrétien. Il encouragea par tous les moyens l'expansion du Christianisme et transforma aussi en profondeur les lois romaines, en vue de les soumettre à l'esprit de charité et de mansuétude de l’Évangile. Dès son élévation au pouvoir, il avait décrété que le dimanche serait jour chômé dans tout l'Empire, il avait aboli la peine de mort par crucifixion, avait interdit les combats de gladiateurs et sévèrement châtié les rapts et les attentats à la pudeur. Par la suite, il encouragea l'institution de la famille, comme base de l'édifice social, en limitant le divorce, condamnant l'adultère et en légiférant sur les droits d'héritage. Il fit également lever les lois jadis promulguées contre ceux qui restaient sans progéniture, afin d'encourager le monachisme qui connaissait alors un grand essor, et accorda de larges dons aux vierges consacrées, qu'il respectait jusqu'à l'adoration. Lorsque le siège de l'administration fut définitivement transféré à Constantinople (330), l'empereur y interdit la célébration des fêtes païennes et empêcha l'accès des païens aux charges de l'Etat. Se considérant comme l'évêque des choses extérieures", il apparaissait dans tout son gouvernement comme une image vivante de Dieu, qui répand généreusement ses bienfaits sur tous. Il distribuait abondamment les aumônes à tous ceux qui étaient dans le besoin, Chrétiens ou non, soutenait les veuves et se faisait le père des orphelins. Il protégeait les pauvres contre les exactions des puissants, et il favorisa la prospérité de ses sujets en allégeant d'un quart l'impôt annuel et en faisant réviser l'évaluation des propriétés pour la répartition des charges fiscales.

Calme, paisible et maître des passions qui tourmentent en général les puissants, il s'était fait représenter sur les monnaies debout, le regard tourné vers le ciel, affirmant ainsi que le souverain doit être un homme de prière et un intercesseur pour la paix et la concorde de son royaume. Dans son palais, il s'était réservé une salle, où chaque jour il s'isolait pour prier et méditer les Saintes Écritures, et il passait souvent ses nuits à rédiger des discours, dans lesquels il exhortait le peuple à l'amour de la vérité et de la vertu. Apprenant un jour que quelqu'un avait jeté une pierre sur une de ses effigies, l'empereur, à qui on avait demandé de châtier le coupable, se passa la main sur le visage en souriant et dit : « Je ne sens aucune plaie et suis en pleine santé », et il laissa l'homme repartir librement. Quiconque l'approchait pour obtenir une grâce était sûr d'être satisfait, et l'on pouvait croire en ces temps, que Dieu régnait véritablement parmi les hommes.

Peu après le trentième anniversaire du règne, célébré par des fêtes grandioses (335), le roi de Perse, Sapor II, déclencha une persécution contre les Chrétiens de son royaume, puis, rompant son alliance avec Constantin, il envahit l'Arménie. Le pieux empereur leva alors une puissante armée pour partir à la défense des Chrétiens, et décida de participer en personne à la campagne. Mais il tomba malade à Hélénopolis et fut transporté en hâte jusqu'aux environs de Nicomédie, où il reçut le Saint baptême, que par respect il avait retardé depuis tant d'années. Refusant de revêtir de nouveau la pourpre impériale, il rendit son âme au Roi du ciel et de la terre, le jour de la Pentecôte 337, encore vêtu de la tunique blanche des néophytes. Après avoir prononcé une prière d'action de grâces, ses derniers mots furent : « Maintenant Je sais que je suis vraiment bienheureux, maintenant je sais que je suis devenu digne de la vie éternelle, maintenant je sais que je participe à la Lumière divine. » Son corps fut aussitôt transporté à Constantinople, où après de somptueuses funérailles en présence de tout le peuple, il fut déposé dans l'église des Saints Apôtres, au milieu des sarcophages vides des douze Disciples du Seigneur. Celui qui, converti par une révélation semblable à celle de Saint Paul, Apôtre des Nations, avait soumis par son oeuvre colossale l'Empire romain à la doctrine du Christ, fut ainsi glorifié au-delà de tous les autres empereurs et c'est à juste titre qu'il est vénéré depuis comme Égal-aux-Apôtres (10).


1). Cette notice de St. Constantin nous offre l'occasion de rappeler que le Synaxaire se place sur un autre plan que celui de l'histoire politique. La vénération de St. Constantin le Grand, comme tous les éléments "constantiniens" qui ont été préservés dans le culte orthodoxe, visent à l'édification de l'Eglise et à la confirmation de sa dimension eschatologique. La gloire de l'Empire n'est autre que le symbole et l'anticipation de la gloire du Royaume de Dieu. C'est ainsi, et non comme une nostalgie impériale, que les fidèles vénèrent les Saints Empereurs et prient encore aujourd'hui, à l'époque des démocraties laïcisées, pour la confirmation de l'Empire".
2). Certains synaxaires et l'office de ce jour (Gloire au Père des Vêpres), affirment de manière erronée que St. Constantin fut baptisé par St. Silvestre, lors de son entrée dans Rome. En fait, l'empereur demeura tout le reste de sa vie catéchumène, comme c'était alors souvent le cas, et ne fut baptisé qu'à l'approche de sa mort.
3). C'est alors que fut martyrisé S. Basile d'Amasée (cf. 26 av.).
4). Jusqu'à la prise de Constantinople par les Turcs, en 1453.
5). Cf. la notice de St. Athanase, 18 janv.
6). La mémoire de ce Concile est célébrée le Dimanche entre l'Ascension et la Pentecôte.
7). Malheureusement, après le synode, les intrigues de Constantia, sœur de l'empereur, réussirent à faire rappeler l'arien Eusèbe de Nicomédie, et à faire déposer St. Eustathe d'Antioche et exiler St. Athanase. L'arianisme et ses variantes continuèrent de troubler la paix de l'Eglise pendant de nombreuses années, quasiment jusqu'au Second Concile Œcuménique (381), qui marqua le triomphe définitif de l'Orthodoxie.
8). Il semble que Ste Hélène accomplit ce pèlerinage en expiation du double meurtre qui venait d'assombrir le règne de son fils. Crispus, le fils de la première épouse de Constantin, avait été accusé d'avoir tramé un complot contre son père. Peu après l'avoir livré à la mort, l'empereur réalisa qu'il s'agissait d'une accusation mensongère suscitée par Fausta, qui désirait assurer ainsi la succession au profit de ses trois fils, et il la fit exécuter. Ces événements tragiques sont la raison principale pour laquelle les historiens mettent en doute la Sainteté personnelle de Constantin. Mais il convient de replacer ces actes dans les conditions de l'époque, où le monarque concentrait toute l'autorité judiciaire et avait pouvoir de vie et de mort sur ses sujets. Ces historiens omettent d'ailleurs de relever les marques de repentir de l'empereur, que laissent supposer le reste de sa conduite et de son gouvernement, inspirés par les principes évangéliques.
9). On peut voir son sarcophage au musée du Vatican.
10). Répondant aux objections courantes sur la canonisation de St. Constantin, Christos Yannaras écrit : « L'Eglise n'a pas reconnu sa Sainteté en utilisant un étalon de perfection morale individuelle ( ... ) Seul le lien de la Sainteté avec la vérité de l'Eglise (comme prémices du Royaume de Dieu), et non avec les vertus individuelles, peut nous conduire à apprécier correctement le fait de la canonisation de Constantin le Grand. De même que l'Eglise a vu dans la personne des Apôtres les fondements de l'Edifice Divin, dont la "Pierre d'angle" est le Christ, en la personne de Constantin elle a vu l’Égal-aux-Apôtres, le fondateur de l'universalité et de la mondialité visibles de l'Eglise ( ... ) Dans la personne de Constantin le Grand, l'Eglise comprit que la vérité de sa nature universelle : assumer le monde entier, le transfigurer en Royaume de Dieu, prenait des dimensions historiques concrètes. » Vérité et unité de l'Eglise, éd. Axios, 1990, pp. 71-72.

Source : Synaxaire orthodoxe

dimanche 21 mai 2017

INVENTION ORTHODOXE DES RELIQUES DE Ste HELENE


Chers frères et sœurs vous pouvez assister aux offices devant les reliques de Ste Hélène à Paris! 

Le premier MOLEBEN (Action de Grace) dans l'Eglise St Leu St Gilles, où reposent les reliques de la Sainte Hélène égale aux Apôtres, a eu lieu le 28 Septembre 1997, le jour de l'après-fête de l'Exaltation de la Croix. 

C'était le premier office orthodoxe devant les saints restes de l'impératrice Hélène, la mère de Constantin le Grand, depuis les derniers 900 ans. 
Cette grande première fut célébrée par des représentants des différentes Eglises orthodoxes. Débutée sous le signe de l'unité, cette oeuvre reste miraculeusement fidèle à sa vocation, encore maintenant, 11 ans après, au moment où les relations entre certaines juridictions orthodoxes se sont nettement dégradées. 
Une petite communauté orthodoxe qui s'est formée entre temps autour des reliques de Ste Hélène est composée des croyants issus des paroisses orthodoxes russes des juridictions différentes. 

Nous sommes très heureux aussi d'avoir parmi nous nos frères et soeurs serbes, grecs, français, moldaves, japonais(!), ukrainiens, biélorusses, géorgiens. Notre groupe, donc, est parfaitement international, ce qui est assez rare, il faut l'avouer, chez les orthodoxes. C'est ici, dans ce lieu saint, qu'ils peuvent se retrouver. Quel bonheur de voir tous ces gens, appartenant à des cultures tellement différentes, former un groupe où règne une ambiance de sympathie, d'amitié, de tolérance et une sorte de complicité et de joie de se retrouver ensemble. 

II - Quelques détails historiques de ce premier MOLEBEN: 
il fut célébré par l'archiprêtre Andréas Fyrillas (recteur de la paroisse ST Constantin et Hélène du Patriarcat de Constantinople), le prêtre Grégoire Bertrand Hardy (du Patriarcat de Roumanie), le protodiacre André Chepelev (paroisse Notre-Dame-Joie-des-Affligés du Patriarcat de Moscou), le diacre (qui est actuellement le prêtre) Nicolas Nikichine (paroisse des Trois St Hiérarques du Patriarcat de Moscou). 

Le père recteur de l'Eglise St Leu St Gilles de l'époque, Georges Morand, exprima sa grande joie d'accueillir un tel grand nombre d'orthodoxes pour la première fois dans sa paroisse et remarqua qu'un des chemins bénéfiques de la communication entre les catholiques et les orthodoxes pourrait être la vénération commune des saints communs. 

Par la suite il y a eu d'autres offices orthodoxes, toujours organisés par l'infatigable et persévérant diacre Nicolas Nikichine. Ils ont été célébrés à raison d'une fois par an à peu près, en liaison avec les dates importantes de la vénération de Ste Hélène: le jour de commémoration de la translation des reliques de Ste Hélène de Rome à l'abbaye bénédictine d'Hautvillers (7 février), du transfert des reliques à Paris (le 20 novembre) et le jour de la fête orthodoxe des St Constantin et Hélène (le 3 juin). 

LE 17 MARS 2000 le corps de Ste Hélène fut transféré dans la crypte de l'Eglise St Leu St Gilles, endroit où il était plus accessible à la vénération. Autrefois le reliquaire était suspendu à une hauteur de 10m, au-dessus et en arrière du maître-autel de l'Eglise. 

LES OFFICES ORTHODOXES REGULIERS ont commencé au mois d'AVRIL 2002. Depuis cette date, tous LES VENDREDI A 16H est récité l'Acathiste aux St Constantin et Hélène (sauf les mois de juillet et août). 

LA PREMIERE LITURGIE ORTHODOXE devant les reliques de Ste Hélène a été célébrée le 22 FEVRIER 2003. 

Quelques détails sur cette date historique: à cette célébration participèrent des prêtres de l'Eglise orthodoxe Russe du Patriarcat de Moscou et un représentant de l'Eglise orthodoxe de Roumanie. Parmi les participants se trouvaient des croyants des différentes paroisses orthodoxes russes, y compris de la paroisse des Trois St Hiérarques (du Patriarcat de Moscou) et de la Cathédrale Alexandre Nevski (du Patriarcat de Constantinople). L'événement fut salué par le père Georges Morand, recteur de St Leu St Gilles de l'époque, qui exprima son espoir que, dans l'avenir, les liturgies orthodoxes devant les reliques de Ste Hélène soient célébrées régulièrement (!) 

A l'heure actuelle une liturgie orthodoxe est célébrée une fois par mois selon le calendrier établi à l'année. 

Guidés par le Seigneur et notre sainte patronne Ste Hélène , nous nous sommes engagés sur ce sentier inexploré, semé d'épines, certes, mais combien de fois déjà récompensés par de bonnes surprises! En nous attribuant récemment une chapelle se trouvant en face de la crypte où reposent les reliques de Ste Hélène pour les célébrations orthodoxes nos frères catholiques nous ont fait un cadeau inestimable. Depuis octobre 2005 elle porte le nom de St Séraphin de Sarov ( sur la demande de la paroisse de St Leu St Gilles). " Que tes oeuvres sont grandes, Seigneur, toutes avec sagesse tu les fis". 

III 
Le mérite de l'invention orthodoxe de cette grande relique chrétienne appartient indiscutablement au prêtre Nicolas Nikichine qui, à l'époque, était le diacre de la paroisse des Trois St Hiérarques ( du Patriarcat de Moscou), à son infatigable enthousiasme dans les œuvres de Dieu et son invincible optimisme. 

Qui pouvait imaginer cela il y a 11 ans? 
"Que tes chemins sont impénétrables, Seigneur". 
C'est le père Nicolas, qui assura les premiers offices orthodoxes dans ce lieu. 

Mais à l'heure actuelle nous avons toute une liste de prêtres qui ont célébré devant les reliques de Ste Hélène: le père Philippe Parfeneov (qui fut pendant quelques années à la paroisse des Trois St Hiérarques, actuellement retourné en Russie), deux prêtres moldaves: les frères père Joseph et père Nicodème Pavlintchouk; le père Alexis Dumond (recteur de la paroisse Notre Dame de Kazan à Marseille), le père Nestor Sirotenko (recteur de la paroisse des Trois st Hiérarques du Patriarcat de Moscou), le père Nicolas Rehbinder (la paroisse de la Présentation de la Vierge au Temple, Patriarcat de Constantinople), le père Nicolas Tcherbakov (en Russie actuellement). 

Plusieurs prêtres sont venus vénérer Ste Hélène avec des groupes de pèlerins de la Russie, de l'Ukraine, de Biélorussie, de l'Allemagne, de l'Autriche, d'Italie, de Hollande. 


De plus en plus de pèlerins orthodoxes viennent, d'ailleurs, dans ce lieu. 
Dans leur accueil et l'organisation des offices orthodoxes nous voyons l'une de nos missions. Nous effectuons en quelques sorte un lien entre les propriétaires de cet endroit, la paroisse catholique St Leu St Gilles, et les orthodoxes. 
Ces innombrables pèlerins, souvent mal organisés ( ce qui est assez fréquent chez nous, les Slaves), cherchant parfois à débarquer en dehors du temps réservé aux offices orthodoxes, nous posent régulièrement des problèmes dans nos relations avec les catholiques de la paroisse. Dieu merci, ceux-ci font preuve de beaucoup de patience et de bienveillance à notre égard.


IV 
A l'occasion des dix ans de présence des orthodoxes russes à l'Eglise St Leu St Gilles, une de ses paroissiennes, Catherine Fantou-Gournay, auteur de pièces de théâtre, a monté un spectacle dont l'action se déroule en Russie et en France. 

C'est l'histoire d'un chercheur français qui, étant en voyage professionnel en Russie, découvre la foi au contact de l'univers de Diveevo et grâce à une intercession de St Séraphin de Sarov. La première de cette pièce, qui a e lieu le 16 novembre 2007, a attiré un grand public, malgré les grèves de transport qui ont presque paralysé la ville ce jour-là. Catherine de Fantou-Gournay est allée plusieurs fois à Diveevo et nous a impressionnés par sa connaissance du monde orthodoxe et de la vie de St Séraphin dans ses moindres détails. 

Par la suite, nous avons découvert qu'elle n'était pas seule catholique à vénérer notre saint batiouchka, tellement cher au cœur de tout orthodoxe russe. Nous voyons maintenant assez souvent des catholiques nous demander ses icônes, nous poser des questions sur sa vie. Quelques uns, comme Catherine, sont allés jusqu'à Diveevo. Ce sont les catholiques de la paroisse St Leu eux-mêmes qui nous ont proposé d'aménager une chapelle pour des célébrations orthodoxes et l'appeler Chapelle St Séraphin de Sarov. 

Le projet de spectacle a laissé d'abord le côté orthodoxe très sceptique et fortement réticent. 
Nous n'avons pas cette culture de spectacle religieux (le dernier film de Pavel Lounguine sobrement intitulé "Ile" est une heureuse exception). Dans l'inconscient d'un occidental doit, je pense, vivre la mémoire des Mystères médiévaux, des processions de Noël de St François d'Assise... La culture orthodoxe est beaucoup plus intériorisée, l'icône n'est qu'une évocation d'un autre monde, on ne supporte pas une approche trop figurative dans nos sentiments religieux. 

Or, Catherine de Fantou-Gournay rêvait justement de monter ce spectacle en coopération. Grâce à son incroyable énergie et sa force de conviction au service d'une bonne cause, son oeuvre "Pomogui" a été une réussite. Les orthodoxes ont fini par apporter leur participation ( dans la distribution des rôles, la fabrication de costumes et de décors). Ma plus grande crainte personnelle était de voir quelqu'un représenter St Séraphin de Sarov. L'idée même en était insupportable! Dieu merci, l'excellent acteur Michael Lonsdale s'en est sorti dignement. Ayant une très forte vénération personnelle pour St Séraphin ,il a dû être guidé, je pense, par batiouchka Séraphin lui même. 

Une délégation de la ville de Sarov, qui a assisté à la première, a été impressionnée non seulement par le fait d'un tel intérêt de l'Occident chrétien pour un saint russe, mais aussi par l'accueil que nous réservent les paroissiens de St Leu St Gilles, et cette ambiance de bienveillance et de sympathie qui règne dans nos relations. 
Gloire à Dieu! 

Une chapelle située en face de la crypte où reposent les reliques de Ste Hélène est réservée maintenant (depuis octobre 2005) aux célébrations orthodoxes. Elle porte le nom de St Séraphin de Sarov. 
Quand on nous a proposé de l'aménager selon nos traditions, nous nous sommes retrouvés devant un problème aussi délicat que coûteux. Les églises en France n'appartiennent pas à leurs paroisses, mais à l'Etat et donc les fidèles, qu'ils soient catholiques, ou les orthodoxes, ne peuvent y faire ce que bon leur semble. A St Leu -St Gilles, cela se complique par le fait qu'il s'agit d'un monument historique. Peu importe pour le Ministère de la Culture que le bâtiment soit dans un état d'avarie spectaculaire : le problème d'évacuation d'eau n'est pas traité depuis des années, les murs, moulures, tableaux, orgues, boiserie en chêne, parquet, tout est ravagé par l'eau . Des bouts de plâtre, de chaux, des pierres tombent par terre. Plusieurs chapelles de St Leu sont ainsi gravement abîmées à la suite des dégâts des eaux. Par contre, on n'a pas le droit de toucher aux murs (soit disant pour préserver la peinture d'origine !) Le dossier alertant la Mairie de Paris est depuis des années sur un des bureaux de ses fonctionnaires. Mais tout le monde sait qu'à Paris la sauvegarde des Eglises n'est vraiment pas une priorité 
(Paris plage oblige !). 

Notre chapelle St Séraphin est actuellement dans un piteux état, comme toute l'Eglise St Leu. Mais nous allons nous battre à côté de la paroisse catholique pour mettre cet endroit au moins hors d'eau. Dans cette situation nous ne pouvons qu'envisager une petite chapelle orthodoxe « de camp », pliable et transportable (rangée dans un placard actuellement). A la guerre comme à la guerre. Après tout, quand Ste Hélène est arrivée en Palestine elle n'a trouvé qu'une « abomination de la désolation » sur les lieux saints. Et c'est grâce à son œuvre qu'ils se sont transformés. 

Le R.P Nicolas Nikichine (à droite)
devant l'iconostase de la chapelle St Seraphim

Si vous venez un jour participer à nos offices vous verrez que la Chapelle St Séraphin est transfigurée au cours de la liturgie orthodoxe : tout brille et scintille de toutes les couleurs. Icônes, bougies, chandeliers dorés, lutrins, couverts de tissus magnifiques. 
Nous avons même une splendide iconostase ( pliable aussi ) ! 
C'est notre grande fierté. L'œuvre est d'un des meilleurs peintres d'icônes de la Russie d'aujourd'hui, Igor Nagnoini Pavlov, diplômé de l'Ecole d'icône de l'Académie spirituelle de Moscou, membre de l'Union des peintres de la Russie. Il a participé à la création dans l'Eglise du Christ Saint Saveur à Moscou et quelques autres églises de la capitale, de Serguev Possad, de St Petersbourg. La boiserie sculptée, quant à elle, a été réalisée par des ébénistes travaillant avec l'atelier d'icônes de la Laure de Trinité St Serge à Serguiev Possad.
Par cette œuvre d'art d'église remarquable nous nous sentons liés à ce haut lieu de la spiritualité russe qui est la Laure St Serge. Ce sont les moines de l'atelier d'icônes de ce monastère qui nous ont énormément aidé et encouragé dans la création de notre iconostase. 
Remerciements particuliers à l'higoumène Kronide Karev qui a pratiquement sorti ce projet de l'impasse au moment où une accumulation d'épreuves en tous genres risquait de compromettre sa réalisation. Quand après milles et une aventures dignes d'un roman policier (notre iconostase a fait d'abord un voyage couvert de fleurs jusqu'en Hollande, où une agence de transport avait accepté de nous le transporter gratuitement avec une marchandise allant au plus grand marché de fleurs d'Europe) nous l' avons ramenée enfin en France, à Paris. 
Nos catholiques de St Leu, qui ne s'y attendaient pas du tout , en ont été bouleversés. Apparemment, ce qui les a surtout préoccupés en la voyant, c'est qu'ils ne pouvaient pas assurer sa sécurité. L'Eglise St Leu souffre malheureusement régulièrement d'actes de vandalisme et de cambriolage. La rue où elle se trouve est une des plus épouvantables de Paris. (Aussi nous ont-ils accordé un endroit très sûr où nous pouvons la cacher entre deux offices). Mais tout cela ne va pas nous décourager : avec l'aide du Seigneur et les saints, qui allaient toujours dans les endroits les plus difficiles, nous allons persévérer pour rendre ce lieu digne de la Maison de Dieu. 

Alla Gouraud, 

Paroissienne de l'église des Trois saints Docteurs à Paris 
et responsable laïque de la communauté orthodoxe autour des reliques de Ste Hélène 
l'Eglise St Leu St Gilles (92, rue St Denis 75002 Paris) 

Renseignements : tel. 0632494610 ; 0145488432


lundi 3 octobre 2016

CALENDRIER DES CELEBRATIONS ORTHODOXES DEVANT LES RELIQUES DE STE HELENE

CALENDRIER DES CELEBRATIONS ORTHODOXES DEVANT LES RELIQUES DE STE HELENE A L’EGLISE ST LEU - ST GILLES 2016/2017
PARIS: 92, rue St Denis (M. Etienne Marcel) 


- L’ACATHISTE AUX STS CONSTANTIN ET HELENE
est récité tous les vendredis à 16h à partir du 2 septembre 2016 jusqu’au 30 juin 2017

- Il n’y aura pas d’office orthodoxe:
- le vendredi de la première semaine du Grand Carême
- le vendredi de la Passion du Christ (semaine sainte selon les calendriers catholiques et orthodoxes)

VENDREDI 18 NOVEMBRE la célébration solennelle en commémoration de la translation des reliques de Ste Hélène à Paris. 17h

- LA LITURGIE ORTHODOXE sera célébrée à 9.30 selon le calendrier suivant :
SAMEDI 1 OCTOBRE 2016
SAMEDI 5 NOVEMBRE 2016
SAMEDI 10 DÉCEMBRE 2016
SAMEDI 28 JANVIER 2017
SAMEDI 11 MARS 2017
SAMEDI 6 MAI 2017
SAMEDI 3 JUIN 2017 fête des sts Constantin et Hélène

Il n’y aura pas de célébrations orthodoxes aux mois de juillet et août. La reprise est au mois de septembre 2017.

Source : Parlons d'Orthodoxie

Le coin orthodoxe dans l'église St-Leu-St-Gilles
crédit photo

samedi 21 mai 2016

Eglise saint-Leu-saint-Gilles



L'église Saint-Leu-Saint-Gilles est située 92, rue Saint-Denis dans le 1er arrondissement de Paris.
La rue Saint-Denis était la voie des grands pèlerinages vers l'Abbaye Saint-Denis sur le tombeau de Saint Denis, Évêque de Paris. Elle était empruntée par le cortège royal, lors de l'entrée solennelle des rois dans Paris après leur couronnement, ou de l'inhumation des rois de France dans cette Abbaye.

Entre les numéros 84 et 92 de cette rue, s'élevait autrefois l'Abbaye Saint-Magloire où les moines venus de l’île de la Cité étaient venus s'établir en 1120. Dès le XIIe siècle, il y avait dans le monastère une chapelle Saint-Gilles réservée aux fidèles du quartier. Saint Gilles ermite en Provence (VIIe siècle) dont le culte était très populaire est fêté le 1er septembre. Au XIIIe siècle, en 1235, on décide la construction d'une église indépendante du monastère, dédiée à Saint Gilles. On y ajoute le nom de Saint Leu (Saint Loup), évêque de Sens (VIe siècle), dont la fête est également célébrée le 1er septembre. 

Vers 1320, on commence la construction d'une nouvelle église. Les deux travées voûtées en appareillage de pierre marquent l'emplacement de l'ancien chœur. L'église a subi plusieurs remaniements importants, notamment en 1611, 1727 et finalement 1780, lorsqu'une chapelle souterraine lui a été ajoutée. En 1857, au moment du percement du Boulevard Sébastopol on supprime le chevet et on confia à Baltard le réaménagement de l'église : reprise du déambulatoire, chapelles latérales, construction de bâtiments annexes vers la rue de la Grande Truanderie, décoration du chœur, détails du portail. 


En 1819, les reliques de sainte Hélène sont transférées de l’abbaye d’Hautviller (près d'Epernay, au sud de Reims) dans l'église de Saint-Leu par l'ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre.

En 1875, après la Commune de Paris, la châsse de Saint-Leu est ouverte afin d'établir un certificat médical décrivant du point de vue anatomique les reliques de sainte Hélène. Se basant sur ce certificat, Mgr Richard, archevêque de Paris, constate que « la châsse renferme le tronc presque entier du corps de sainte Hélène ; dépourvu de tête et des membres fortement comprimé et aplati dans le sens bilatéral et que l'état du corps conservé dans la châsse de l'église Saint-Leu-Saint-Gilles correspond aux descriptions connues enregistrées par les Bollandistes au xviiie siècle ». La châsse est alors placée plus en vue, au-dessus et en arrière du maître-autel, au pied du grand crucifix, suspendu entre les deux piliers de l'abside.

Le 17 mars 2000 les reliques de sainte Hélène sont transférées dans la crypte des chevaliers de l'ordre du Saint-Sépulcre, endroit plus accessible pour la vénération. Autrefois le reliquaire était suspendu au-dessus du maître-autel de l’Eglise.

Source texte: Wikipedia et Guide Tourisme France

Le premier Moleben (office d'action de Grâce) dans l’Eglise St Leu St Gilles, devant les reliques de Sainte Hélène égale aux Apôtres, a eu lieu le 28 Septembre 1997, le jour de l’après-fête de l’Exaltation de la Croix. C’était le premier office orthodoxe devant les saints restes de l’impératrice Hélène, la mère de Constantin le Grand, depuis les derniers 900 ans. 
La première liturgie orthodoxe devant les reliques de Sainte Hélène est célébrée le 22 février 2003.

Depuis les orthodoxes y ont laissés des traces comme en témoigne le côté du déambulatoire proche de la crypte.
Ste Geneviève et St Denis de Paris
St Séraphim de Sarov

Ou encore le reliquaire même de sainte Hélène :


La crypte de l'église catholique-romaine st-Leu st-Gilles est non seulement fréquentée par les pèlerins orthodoxes mais aussi utilisée comme lieu de culte. L'hymne acathiste à sainte Hélène y étant célébré tous les vendredi à 16h, la Divine Liturgie tous les samedi matin, ainsi que lors de certaines fêtes [sauf période estival de fin juin à début septembre].


jeudi 21 mai 2015

Les reliques de ste Hélène à Paris

A l'occasion de la fête des saints empereurs, égaux-aux-Apôtres, Constantin et sa mère Hélène, nous reprenons une homélie prononcé par le père Nicolas Nikichine (alors diacre), directeur du Centre de pèlerinage du diocèse de Chersonèse, sur sainte Hélène et la présence de ces reliques à Paris.


Les reliques de ste Hélène en I'église St.Leu-St.Gilles

Mes frères et sœurs,

Ste Hélène est plus que connue dans l'histoire de l'Eglise. Saint Grégoire le Grand la représentait comme l'instrument dont Dieu se servit, pour faire briller dans le cœur des Romains les lumières de la foi.

Elle était la mère du 1er empereur chrétien, st. Constantin qui fut " le premier qui a soumis sa pourpre au Christ librement, le reconnaissant comme Dieu et Roi de tous " (Vêpres, stichère du Lucernaire). Saint Ambroise estime " Constantin bienheureux d'avoir été formé par telle mère " ; saint Paulin de Nole affirme que " Constantin doit autant à la foi de sa mère, qu'à la sienne propre, d'avoir été le prince des princes chrétiens ".

Son autre titre de gloire fut la découverte de la Vraie Croix. La " Vraie ", parce que sur cette croix précisément notre Sauveur fut crucifié. L'Eglise a consacré par l'institution de deux fêtes le souvenir de cet acte de la vie de ste Hélène :
  • le 6 mars selon le calendrier grégorien ou le 19 mars selon le calendrier julien – Anniversaire de l'Invention de la Vraie Croix et d'autres reliques de la Passion de Notre Sauveur ;
  • le 14 septembre / le 27 septembre – Fête de l'Exaltation de la Vraie Croix.


C'est ste Hélène qui se distingua également par la restauration des Lieux Saints en Israël. Jusqu'à Hélène, cette terre était presque déserte et profanée par les Romains qui ont soit détruit soit caché sous des amas de décombres tous les vestiges de l'histoire évangélique. Ste Hélène, animée par une foi ardente, arriva en Palestine. Elle fit une véritable campagne de recherches pour identifier et authentifier les lieux liés avec la vie terrestre du Sauveur : de son lieu de naissance à Bethléem au lieu de sa crucifixion au Golgotha. Par ces découvertes, elle donna un argument puissant de la vérité historique des récits de Évangile. Grâce à ste Hélène, la Terre Sainte a été intégrée dans la vie spirituelle de l'Eglise. Elle a frayé la route des Saints Lieux, les générations de chrétiens ne cesseront d'y marcher sur ses traces pour puiser aux sources de notre foi.

Bref, ste Hélène est une des figures féminines les plus grandioses que l'antiquité chrétienne nous ait léguées. Ainsi, les Pères du 4-ème Concile œcuménique voulaient faire un éloge à l'impératrice Pulchérie, ils la proclamèrent " une seconde Hélène, digne émule de la première, par son zèle à défendre et à propager la foi orthodoxe ".

Ste Hélène est tellement grande que si l'on pose la question, en Russie ou en Grèce : où devrait être son corps, si Dieu l'a conservé pour nous ? La réponse naturelle serait d'associer ce lieu présumé avec l'un des centres de l'histoire chrétienne comme Jérusalem, Rome ou Constantinople. En aucune façon Paris ne serait parmi les candidats pour un lieu qui abriterait le corps de ste Hélène.

Et nous, nous sommes ici devant elle pour implorer son aide.

Est-ce que c'est vrai ou faux?

On éprouve d'abord un cruel embarras. Ste Hélène ? Au centre de Paris ? Dans cette ville qu'on associe davantage aux loisirs qu'aux événements de l'histoire de l'Eglise ancienne.
De plus, si l'on regarde du côté des scientifiques, des historiens, on ne trouve que le silence ! Comment est-il possible qu'ils aient oublié dans cette ville qui n'est pas du tout gâtée par les monuments antiques, la mère d'un des plus grands empereurs romains ?

La réponse aux premiers doutes est simple ! Notre science actuelle aime-t-elle le Christ, n'a-t-elle pas rejeté la foi en Lui, d'abord préférant la voix de la raison, ensuite celle de ses passions ? La science d'aujourd'hui occulte tout ce qui touche la vraie lumière. C'est pourquoi il faut être très prudent avant d'accepter les conclusions des historiens concernant le domaine spirituel, là où la nature de l'Eglise se manifestent avec ses propres lois.

Et les Parisiens ?

Où sont les héritiers de la vénération que st Ambroise de Milan, st Fortunat de Poitiers, st Grégoire de Tours manifestaient envers ste Hélène ?

Nous, les étrangers, nous ne nous rendons pas compte, au vu de la prospérité matérielle de l'Occident vis à vis des malheurs de nos propres pays d'origine, de la tragédie spirituelle qu'éprouve encore la France, et Paris en particulier. Paris a connu quatre révolutions dévastatrices pour l'Eglise : en 1789,1830,1848 et 1871. Encore en 1871, les Communards ont tiré du canon à l'entrée de l'église St.Leu-St.Gilles. L'église fut pillée, transformée en club. C'est par un miracle que les reliques de ste Hélène furent sauvées.

Et après ? Les lois anti-chrétiennes de la séparation de l'église et de l'état, la confiscation des biens de l'Eglise et des monastères, l'expulsion des ordres monastiques de France.

Et actuellement c'est la période du rationalisme triomphant qui nie les saints, ridiculise par tous les moyens les mystères de la foi, sans avoir trouvé d'opposition spirituelle adéquate. La société française du 20-ème siècle n'est pas encore passé par une perestroïka comme en Russie, où l'on voit ressurgir des cendres des églises, des monastères, des nouveaux séminaires.

En bref, l'absence de vénération actuelle de ste Hélène est une conséquence des problèmes sociaux et moraux d'aujourd'hui, mais en aucune façon n'est liée avec le problème d'authenticité de ses reliques.

Jamais de doutes

Si l'on s'adresse à la voix de l'Eglise, la réponse est plus que simple. Il n'y eut jamais de doutes ni d'objection jusqu'au 20-ème siècle. Tout le monde en Occident acceptait ce fait. D'abord à Rome :
on croyait que ste Hélène y a été enterrée en 328 par son fils Constantin dans un mausolée dont les vestiges existent à nos jours, d'où elle a été ramenée au 9-ème siècle par le moine Teutgis au monastère d'Hautvillers dans le diocèse de Reims.
A Hautvillers :
on a d'abord douté qu'un moine si simple, si chétif, puisse s'emparer d'un pareil trésor, du corps d'une véritable impératrice (imaginez en nos jours l'éventualité du vol du corps d'un président de France). 
Les moines ont effectué plusieurs expertises, ils ont notamment fait une analyse historique pour s'assurer que ste Hélène fut bien à Rome. Ensuite on a envoyé une commission compétente à Rome pour constater la disparition des reliques. Enfin, on a fait subir à Teutgis une épreuve, qu'on utilisait dans les circonstances exceptionnelles pour tester si le témoin dit la vérité. En présence de l'évêque de Reims, le célèbre Hincmar, du roi Charles le Chauve et de sa cour, Teutgis est passé par l'eau bouillante, croyant fermement que ste Hélène le délivrerait : il resta sain et sauf. 
Depuis, la foi en l'authenticité du corps de ste Hélène resta à Hautvillers inébranlable jusqu'à la Révolution. De plus beaucoup de miracles grâce aux prières à ste Hélène, ne pouvaient qu'affermir davantage cette foi.
A Paris :
on accepta l'authenticité des reliques car depuis leur arrivée à Hautvillers, elles avaient été examinées plusieurs fois à l'occasion des changements de châsse et des divers malheurs dûs aux guerres de religion du 16-ème siècle. Les conclusions des commissions qui ont procédé à l'ouverture de la châsse et à la translation des reliques de ste Hélène se corroborent. Elles témoignent que ce sont les mêmes reliques qui furent reçues au 9-ème siècle et qui ont été transmises en 1820 par le moine Grossard à la Confrérie des Chevaliers du Saint-Sépulcre qui avaient leur siège à l'église St.Leu-St.Gilles.
En 1875, après les désastres de la Commune de Paris, on a ouvert la châsse une dernière fois. On établit un certificat médical décrivant du point de vue anatomique les reliques de ste Hélène. Se basant sur ce certificat, Mgr Richard, archevêque de Paris, constata que " la châsse renferme le tronc presque entier du corps de ste Hélène ; dépourvu de tête et des membres fortement comprimé et aplati dans le sens bilatéral et que l'état du corps conservé dans la châsse de l'église St.Leu-St.Gilles correspond aux descriptions connues enregistrées par les Bollandistes au 18-ème siècle ". La châsse fut alors placée plus en vue, au-dessus et en arrière du maître-autel, au pied du grand crucifix, suspendu entre les deux piliers de l'abside. Depuis personne n'a ouvert le reliquaire.

La Croix est une folie...

Au 20-ème siècle, les historiens ont qualifié la translation de ste Hélène de Rome à Hautvillers par le terme de " vol ". Ils ont insisté sur ce terme, sous-entendu que tout devient suspect : les circonstances décrites, l'objet-même du vol.

Est-ce vraiment ste Hélène qui est arrivée en France ? Teutgis ne fut-il pas victime ou même personne consentant à la duperie ?

Or c'est ici que nous touchons le domaine propre de la foi. Les reliques sont-elles seulement des " objets " de ce monde, sous-entendu passifs, et dans ce cas elles ne sont que les témoins du passé ou bien sont-elles des " sujets " et, alors, elles sont et peuvent être actives.

Pour nous les chrétiens, la vénération des reliques repose sur la foi que les saints sont plus facilement accessibles par leurs restes terrestres que Dieu a voulu nous confier. Et ce saint continue à participer dans la vie de l'Eglise entière, dans notre vie personnelle par l'intermédiaire de ses reliques, à sa façon, selon la volonté de Dieu.

Plusieurs circonstances enregistrées dans le récit de la translation de ste Hélène de Rome à Hautvillers : événements extraordinaires, guérisons, – témoignaient à ceux qui les ont accompagnées lors du trajet, du consentement réelle de ste Hélène à poursuivre le chemin. C'est pourquoi, nous ne devons pas être étonnés, sachant que le pape Léon IX, après avoir reçu la commission des moines de Hautvillers venus vérifier le récit de Teutgis, n'avait pas réclamé les reliques. Après s'être renseigné sur l'histoire de la translation, il a compris que telle était la volonté de ste Hélène, elle-même, de reposer dans un autre endroit que Rome.

L'Eglise orthodoxe a déjà tranché dans un cas similaire, notamment en ce qui concerne la translation des reliques de st Nicolas de Myre en Asie Mineure à Bari en Italie, en 1087. On chante dans l'office du 22 mai commémorant l'événement, qu'il ne fut pas digne que ces reliques restent sans la vénération qui leur est due dans un lieu désert. C'est pourquoi elles ont été transférées de l'Asie Mineure, dévastée par les Turcs en Italie, pour servir aux fidèles dans un pays qui était à cette époque en voie de développement.

Rappelons que le 9-ème siècle, l'époque de la translation des reliques de ste Hélène, était l'époque de l'épanouissement culturel et politique, dit de la Renaissance carolingienne, période où se sont constitués en germe les états du monde moderne issus des royaumes barbares.

La conclusion s'impose : c'est vraiment le corps de ste Hélène qui est devant nous.

Dans ce cas des questions se lèvent :
  1. Pourquoi est-ce à Paris que repose ste Hélène, pourquoi cette rue fut-elle choisie dans cette ville ;
  2. Pourquoi cet abandon actuel ?

Peut-on comprendre ce signe que Dieu nous envoie ? Nous ne pouvons que sonder les desseins de Dieu.

Pourquoi Paris ?

Même si ce n'est pas une ville dite sainte, Paris est l'un des centres de la civilisation, de la culture incontournables des temps modernes. Comment voulez-vous que Dieu, qui veut que tout le monde soit sauvé et que chacun arrive à la connaissance de la vérité, sauve son peuple et son héritage. Il nous offre des signes de salut : les reliques des héros de notre foi, pour qu'elles soient à notre portée et là où l'histoire moderne se creuse réellement.

Pourquoi cette rue ?

On ne peut voir ici que le vice. Mais soyons prudents : les derniers peuvent devenir les premiers, et on se souvient de la mise en garde : les prostituées vous précédent dans le Royaume des cieux.

D'autre part, cette rue porte le nom de st Denis. C'est elle qui menait de l'Ile de la Cité, siège du pouvoir terrestre, à la Basilique de st Denis, lieu d'enterrement du 1er évêque de Paris, du patron spécial de la monarchie, de l'état français. C'est par cette rue que passaient les cortèges funèbres accompagnant les rois sur leur dernier chemin vers le lieu du repos à la Basilique, et c'est par elle que le cortège emmenait le roi de Reims après le couronnement. Ce n'est pas une rue, c'est la rue qui relie Paris à ses origines chrétiennes, la France terrestre avec son protecteur céleste.

Est-ce un hasard que celle qui a ranimé la foi de l'église déchirée par les querelles ariennes, se trouve ici sur cette rue qui mène vers celui qui a engendré la foi à Paris ?

Pourquoi cet abandon, cet oubli ?

C'est un signe, que l'évolution éthique et politique est défaillante et qu'il faut changer quelque chose.

Nous ne pouvons agir que pour nous-mêmes. Croyons, comme st Séraphin de Sarov : sauve-toi toi-même et mille autres seront sauvés.

Quel est le vrai sens de ce signe, de cette invention ?

Les Pères ont dit que Dieu souvent nous révèle les saints : leurs reliques, leurs tombeaux oubliés, la veille d'événements pénibles, de grands bouleversements pour nous affermir. Et tout incite à penser ainsi, en regardant le monde autour de nous. C'est comme si l'on déterrait les anciennes armes de guerre. Parfois Dieu révèle ces trésors pour manifester Sa gloire, Sa puissance. C'est pourquoi on pourrait trembler face à cette nouvelle invention des reliques de ste Hélène, mais nous devons croire que tout est pour notre bien, pour le mieux.

Qui oserait pénétrer les desseins de Dieu ?

Il y a un parallélisme frappant entre l'époque où vivait ste Hélène et la nôtre : l'indifférence spirituelle, la décadence morale, la foi chrétienne ridiculisée. C'est Hélène qui fut choisie comme l'un des instruments pour ranimer la foi chrétienne fléchissante. C'est elle qui a cru à la grâce des Lieux Saints et, par un effort extraordinaire, vu son âge avancé, elle a ouvert la voie vers la grâce aux innombrables foules de pèlerins. Les parcelles de la Vraie Croix retrouvée ont été distribuées à toutes les églises comme témoins de la vérité de l'Incarnation et les miracles qui ont été produits manifestaient la realité de l'Amour divin envers nous.

Aujourd'hui, quand notre foi est devenue plutôt tiède, quand notre salut est menacé, c'est pour rallumer la flamme de notre foi, qu'elle est là. Elle-même, à la fin de sa vie terrestre, a trouvé les lieux saints en Palestine. Actuellement c'est une terre déchirée par les conflits nationaux et religieux.

Maintenant, dans sa vie céleste, elle nous indique un autre lieu saint presque ignoré : Paris. Ne donnons que quelques exemples :

  • c'est ici dans la Sainte Chapelle que fut gardée la Couronne d'épines actuellement conservée à Notre-Dame de Paris ;
  • c'est à Argenteuil, à 15 mn de Paris, que l'on garde la Tunique du Christ, celle qui fut tirée au sort par les soldats au pied de la Croix (Qui va prier devant cette Robe " sans couture ", symbole par excellence de l'unité de l'Eglise ?) ;
  • c'est dans la Basilique St-Denis, aujourd'hui vide, que repose encore maintenant le corps de st Denis, de celui qui a fondé l'Eglise de Paris. D'après la Tradition unanimement confessée jusqu'aux Temps Nouveaux, temps de la Raison, peut-être, mais au profit de la foi, ce fut un disciple de st Paul Denys l'Areopagite, devenu 1er évêque d'Athènes, qui est venu évangéliser la Gaule et finit ses jours par un martyr glorieux. Les œuvres qu'on lui attribue ont fait de lui l'un des piliers de la théologie orthodoxe et occidentale.

Prions pour que le zèle ardent de ste Hélène fasse naître dans nos cœurs un élan pour nous débarrasser de nos préjugés rationalistes, pour que nous puissions nourrir notre foi auprès de ces sources pures que Dieu, dans son Amour a mis à notre disposition, à côté de nous.

Une chose est sûre : le fait que ste Hélène, la sainte universelle, ait choisi la France pour y reposer signifie l'incorporation de la France dans l'orthodoxie. Cette invention ouvre une nouvelle page dans les relations Est-Ouest, dans les relations entre les deux églises. Là où les discussions théologiques sont dans l'impasse, où les pourparlers entre les institutions représentatives des Eglises piétinent, Dieu fait intégrer l'Eglise de France dans l'économie du salut universel par le fait qu'une des plus grandes saintes orthodoxes repose ici. Cette terre ne peut plus être étrangère pour nous, car ste Hélène l'a choisi pour y habiter après son départ aux cieux.

Rappelons que dans l'Eglise orthodoxe sa mémoire est unie à celle de st Constantin, son fils. Leur fête est célébrée le 21 mai / 3 juin. On les vénère comme des " empereurs saints, glorieux, couronnés de Dieu et égaux aux apôtres ".

En Occident sainte Hélène a son propre jour de fête. C'est le 18 août. Dans la notice au Martyrologe Romain elle est aussi associée à l'empereur Constantin : " Fête de sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, lequel donna l'exemple aux autres princes, par son zèle pour la défense et l'extension de l'Eglise ".

Diacre Nicolas Nikichine

Sainte Hélène, prie Dieu pour nous. 

                                                                          _ _ _

Tropaire et kondakion à Sainte Hélène
Tropaire, ton 8.
Illuminée par la clarté divine, sainte Hélène, / tu délaissas en vérité les ténèbres de l'ignorance, / et fidèlement tu as servi le Roi des siècles, le Christ, notre Dieu.

Kondakion, ton 3.
En ce jour, avec sa mère Hélène, Constantin / a montré au grand jour le bois vénérable de la Croix, / sujet de honte pour les juifs et les païens, / arme de rois chrétiens pour triompher de l'ennemi / et qui pour nous-mêmes est devenue / un signe sublime, redouté des adversaires du Christ.

Source : La France orthodoxe ...vue de la Russie

samedi 6 septembre 2014

Calendrier des offices devant les reliques de ste Hélène


L’ACATHISTE AUX SAINTS CONSTANTIN ET HÉLÈNE
est récité tous les vendredis à 16h à partir du 12 septembre 2014 jusqu’au 26 juin 2015 (92, rue Saint-Denis (Metro Étienne Marcel)

Il n’y aura pas d’office orthodoxe :
- le vendredi de la Passion du Christ (semaine sainte selon les calendriers catholiques et orthodoxes)
- le vendredi de la vénération orthodoxe de la Couronne d’épines à Notre-Dame de Paris (semaine de l’Exaltation de la Croix du Seigneur), la date sera communiquée ultérieurement


VENDREDI 21 NOVEMBRE - la célébration solennelle en commémoration de la translation des reliques de Sainte Hélène à Paris, 17h


LA LITURGIE ORTHODOXE
sera célébrée à 9h30 une fois par mois selon le calendrier suivant :

SAMEDI 13 SEPTEMBRE 2014
SAMEDI 4 OCTOBRE 2014
SAMEDI 15 NOVEMBRE 2014
SAMEDI 13 DÉCEMBRE 2014
SAMEDI 7 FÉVRIER 2015
SAMEDI 7 MARS 2015
SAMEDI 25 avril 2015
MERCREDI 3 JUIN 2015 fête des sts Constantin et Hélène


Il n’y aura pas de célébrations orthodoxes aux mois de juillet et d'août. La reprise est au mois de septembre 2015.

jeudi 5 septembre 2013

Liturgie devant les reliques de sainte Hélène




SAMEDI 7 SEPTEMBRE 2013 à 9h30 sera célébré la Divine Liturgie devant les reliques de sainte Hélène dans l'église saint Leu - saint Gilles à Paris (92 rue st Denis, métro Etienne Marcel).

Renseignements complémentaires : Alla Gouraud, 06 32 49 46 10.


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CALENDRIER des offices orthodoxes devant les reliques de sainte Hélène (Année ecclésiale 2013/2014).

- L’ACATHISTE AUX STS CONSTANTIN ET HELENE
est récité tous les vendredis à 16h
à partir du 6 septembre 2013 jusqu’au 27 juin 2014

- LA LITURGIE ORTHODOXE sera célébrée à 9h30 une fois par mois selon le calendrier suivant :
SAMEDI 7 SEPTEMBRE 2013
SAMEDI 5 OCTOBRE 2013
SAMEDI 9 NOVEMBRE 2013
SAMEDI 14 DÉCEMBRE 2013
SAMEDI 1 FÉVRIER 2014
SAMEDI 22 MARS 2014
SAMEDI 3 MAI 2014
MARDI 3 JUIN 2014 fête des Sts Constantin et Hélène

- Célébration solennelle en commémoration de la translation des reliques de Ste Hélène à Paris VENDREDI 22 NOVEMBRE à 17h.


- Il n’y aura pas d’office orthodoxe :

le vendredi de la Passion du Christ (Semaine Sainte) : le 18 avril 2014

le vendredi de la vénération orthodoxe de la Couronne d’épines à Notre-Dame de Paris (Semaine de l’Exaltation de la Croix du Seigneur), la date sera communiquée ultérieurement

- Il n’y aura pas de célébrations orthodoxes aux mois de juillet et août. La reprise est au mois de septembre 2014.

Renseignements: Alla Gouraud, 06 32 49 46 10.

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N.B : Les Offices sont en Slavon et en Français.