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samedi 4 juin 2016

L'Abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-désert 2/2

Le cloître :



 Reconstitution

 La tradition nomme cette pièce situé contre l'église, la cellule de saint Guilhem.



Lors de la visite du cloître l'on découvre dans l'ancien réfectoire le musée de l'abbaye. Il s'agit d'un musée lapidaire, payant, qui conserve quelques œuvres d'exception.

Le réfectoire

Parmi les œuvres à ne pas manquer, le chancel et l'autel d'époque carolingienne de l'église pré-romane de l'abbaye :
 Hélas les fragments du chancel sont dispersés dans plusieurs musées de la région (Montpellier, Nîmes, Uzès), outre ceux présentés ici.
Le chancel en calcaire est daté du IXe-Xe siècle, alors que l'autel en marbre est quant à lui daté du VIIe-VIIIe siècle.

L'autel en marbre est quant à lui daté du VIIe-VIIIe siècle.

Dans la reconstitution graphique ci-dessus, on notera que ce type de barrière d'autel, largement répandu dans le monde chrétien au premier millénaire deviendra ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom d'iconostase.

Christ en majesté (vers 1100)
Jusqu'en 1990, il se trouvait incrusté dans la maçonnerie au dessus du porche de l'église avant d'être enlevé. On ne sait où il se trouvait auparavant, fragment d'un tympan ou de devant d'autel ?

Sarcophage dit d'Albane et de Bertrane
Daté du V-VIe siècle, ce sarcophage aurait conservé les restes d'Albane et de Bertrane qui selon la tradition étaient des sœurs de saint Guilhem, moniales dans un monastère voisin.

Sarcophage dit de saint Guilhem
Ce sarcophage du IVe siècle, a contenu les reliques de saint Guilhem lors de leurs élévations de la crypte et était posé sur des colonnes dans le sanctuaire derrière l'autel.


Mais aussi des fragments de l'ancien cloître,

et bien d'autres choses, que nous vous laissons découvrir sur place.

samedi 28 mai 2016

L'Abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-désert 1/2


L’abbaye de Gellone fut fondé en 804 par Guillaume (Guilhèm en langue d'oc) comte de Toulouse, duc d'Aquitaine et marquis de Septimanie dans le désert du vallon de Gellone, un vallon désertique au cœur des gorges de l'Hérault. Lequel s' étant retirer de la vanité de ce monde pour y vivre en simple moine, y finira ces jours saintement quelques années plus tard (812 ou 14). 

Le pont du diable à l'entrée des gorges de l'Hérault.
Pont roman construit pour faciliter la liaison entre les abbayes de Gellone et Aniane

L'entrée des gorges

La fondation de l'abbaye de Gellone s'inscrit dans le contexte de la conquête franque de l'Occitanie, arrivant après l'occupation par les Wisigoths suivie de celle des Musulmans. Pépin le Bref puis Charlemagne (742-814) s'efforcent de mettre en place une nouvelle structure administrative.

Alors que tout proche d'ici, à Aniane, un noble d'origine germanique devenu moine, Benoît d'Aniane se chargera dans la fondation d'un monastère dans les années 780 et de la réforme monastique carolingienne.
Guillaume (Guilhem), comte de Toulouse, cousin de Charlemagne par sa mère, après une carrière militaire bien remplie, se retire de la vie laïc et fonde en 804, deux cellules de l'abbaye d'Aniane, Notre-Dame de Caseneuve à Goudargues (Gard) et Saint-Sauveur de Gellone en y effectuant une donation, le 14 décembre 804. L'abbaye de Gellone restera sous l'autorité d'Aniane jusqu'au début du Xe siècle, avant d'être suffisamment prospère pour être indépendante. 

Le monastère se verra doté d'une précieuse relique de la Vrai Croix offerte par Charlemagne et par la suite du corps du bienheureux Guilhem. 
Reliquaire de la Vrai Croix

Reliquaire de saint Guilhem

L'abbaye deviendra donc une étape incontournable pour les pèlerins dans la région, notamment pour ceux venant de Arles et se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle, comme en atteste le Guide du pèlerin de saint Jacques de Compostelle au XIIe siècle :


Ces précieuses reliques et le flux de pèlerin favoriseront le développement d'un bourg autour de l'abbaye.
Plan du village
Le blason du village

Le moulin
Maison romane
Maison romane, place du village.
Au centre de la place du village face à l'entrée de l'abbatiale trône un imposant platane.
Un plaque atteste qu'en 1855 il avait 6m de circonférence.


Au début du XIe siècle, l'abbé Pierre Ier fait reconstruire l'abbaye. Commencée vers 1030, l'abbatiale et le cloître sont représentatifs du « premier art roman méridional ». La campagne de travaux est marquée par la consécration d'un autel à Saint-Guilhem en 1076. Car en 1066, Guillaume de Gellone avait été canonisé sous le nom de Saint-Guilhem. C'est à cette époque que des troubadours commencèrent la composition de la Geste de Guilhem d'Orange, qui contribuera à son renom et à celui de l'abbaye.
À son apogée, l'abbaye devait compter une centaine de moines, la moitié résidant au monastère, les autres établis dans des prieurés dépendant de Gellone.


Le XVe siècle marque le début du déclin de l'abbaye. En 1568, pendant les Guerres de Religion, des protestants pillent l'abbaye. Une grande partie du mobilier et du temporel sera ensuite vendu pour réparer les dégâts. Un rapport de 1624, du chapitre général bénédictin, indique que malgré les réparations, les bâtiments conventuels, le réfectoire, le dortoir et les cellules sont en état de ruine. Les seize moines ne logent plus au monastère et ne suivent plus la vie commune.

L'abbaye est dans un état d'abandon avancé, quand la Congrégation de Saint-Maur en prend possession et réussit à sauver l'essentiel. En 1644, les bâtiments conventuels sont reconstruits, le cloître, le réfectoire, le dortoir et la salle capitulaire sont restaurés.

À la Révolution, six moines de Saint-Maur vivent à Saint-Guilhem.
L'abbaye est alors vendue comme bien national, et l'église devient l'église paroissiale du village. On installe dans le monastère une filature et une tannerie. Le cloître, vendu à un maçon, fait office de carrière de pierres.

En 1840, l'administration des Monuments historiques prend l'abbaye en charge. Des restaurations successives donnent un nouveau lustre aux bâtiments sauvés de la destruction. Néanmoins, en 1906, un collectionneur américain George Grey Barnard achète à Pierre de Vernière, juge à Aniane, un ensemble d'éléments sculptés du cloître aujourd'hui intégré à une reconstitution du cloître présentée au musée The Cloisters à New York.

L'abbatiale saint-Sauveur :

Le clocher a pris place sur le porche au xve siècle.

Plan de l'abbaye et du cloître

La nef

Reliquaire de saint Guilhem
Reliquaire de la Croix


L'autel du Saint-Sauveur, dit de saint Guilhem :

Dans l'absidiole sud se trouve l'autel du saint-Sauveur. Il s'agit d'un autel roman du XIIe siècle. En pierre calcaire, le devant d'autel en marbre blanc est incrusté de verre coloré.
Cette pièce exceptionnelle fut démembrée au XVIIIe siècle avant d'être reconstitué au siècle suivant et classé au Monument historique en 1903.
Il s'agit probablement de l'ancien maître-autel de l'abbatial.
L'iconographie du devant d'autel en marbre et verre est hélas légèrement détérioré par des sulfites, il nécessite donc des restaurations et une surveillance constante. L'autel est placé sous protection.
Reproduction de l'aspect originel de l'autel


La crypte :

Reconstitution de la crypte
Vestige de la crypte sous le sanctuaire
Les vestiges de la crypte furent retrouvés, et dégagé en 1962-1963. L'on y voit les restes du chevet de l'église pré-romane (la première église de l'abbaye). A la fin du Xe siècle, alors que l'on souhaitait exhumer les restes de saint Guilhem de sa sépulture, la partie inférieur du chevet fut aménagé en crypte voûtée et divisée en deux petites nefs.
Dans celle de droite, sur un socle de maçonnerie encore visible, un monument abrita les reliques du saint. En 1138, elles furent élevées dans l'abside romane et déposée dans un sarcophage paléo-chrétien, à droite du maître-autel (aujourd'hui conservée au musée de l'abbaye).

Il semblerait qu'au fond de la nef de gauche, un autre monument, aujourd'hui disparu, ait abrité la relique de la Vrai Croix, offerte par Charlemagne.

La crypte, sans doute abandonnée au moment des guerres de religions, fut comblée, ses voûtes détruites et son souvenir perdu jusqu'aux fouilles récentes. Les travaux de dégagements ont permis de retrouver et de rétablir les deux escaliers latéraux et le couloir transversal qui permettaient aux pèlerins du Moyen-Age de vénérer ici les saintes reliques.


Le cloître :



Suite dans le prochaine article..


Source : d'après Wikipedia et document de l'abbaye.

Publié en la fête de saint Guilhem.

vendredi 13 février 2015

Cathédrale Saint-Fulcran de Lodève


Lodève, cité connu depuis l'antiquité, est un point de passage fréquenté encore aujourd'hui sur la route reliant le massif centrale à la méditerranée. La cité devint le siège d'un évêché au début du Ve siècle après avoir été évangélisée par saint Flour à la fin du IVe siècle.

Tympan du portail nord. 
Que l'on pourrait intituler : Synaxe des saints de Lodève :
Le Christ dans une mandorle foule au pied un dragon et tient dans son bras l'église de Lodève, entouré de (de gauche à droite) saint Amans évêque de Rodez (d'après la tradition évêque de Lodève avant de partir évangéliser le pays Ruthénois) (Ve s.) ; saint Fulcran évêque de Lodève (+1006), saint Geniès martyr à Arles (IIIe s.) ; saint Georges évêque de Lodève (IXe s.) ; saint Flour premier évêque de la ville et son évangélisateur avant de passer en Auvergne (IVe siècle).

Comme à chaque fois, avant d'arriver à l'édifice actuel, plusieurs cathédrale se sont succédées. Quelques vestiges de plusieurs bâtiments antécédents sont conservés dans la crypte. La première cathédrale du temps de la fondation de l’évêché vers la fin du IVe siècle reste inconnue. Des chapiteaux des VIe et VIIe siècles, conservés au Musée Fleury, laissent supposer un chantier aux temps du royaume des Wisigoths. Les murs extérieurs de la crypte semblent provenir de cette période.
Au Xe siècle une nouvelle cathédrale est édifié et consacrée par saint Fulcran en l'an 975.
L'église actuelle date quant à elle des XIIIe-XIVe siècle.
Depuis l'origine la cathédrale fut dédiée au saint martyr Geniès d'Arles, avant de passer sous le vocable de saint Fulcran au XVe siècle.
Lodève perdra son rang d'évêché avec la Révolution (en 1790).



Quelques photos de la crypte (non visitable)
Où le corps de saint Fulcran reposa pendant un temps.

Quelques uns des vitraux du choeur :
Saint Georges et saint Fulcran                      Saint Flour et saint Amans

                    Saint Pierre apôtre et saint Fulcran        Saint Geniès martyr et saint Paul apôtre.


La chapelle saint Fulcran et la chapelle des reliques :
Elle se situent au même endroit comme vous pouvez le voir sur le plan (supra).
  • La chapelle des reliques 

  • La chapelle saint Fulcran

Au droite du maître-autel et juste à côte de la chapelle des reliques la chasse conservant les reliques de saint Fulcran.

Quelques tableaux évoquant la vie de saint Fulcran orne la chapelle :

Ce évoque tableau évoque un sombre événement de la vie de Lodève. Environ un siècle après sa mort, le corps de saint Fulcran fut exhumé et découvert incorrompu. Il fut placé dans une chasse. Cette incorruptibilité fut même constatée par des professeurs de la faculté de médecine de Montpellier (existant depuis le XIIe siècle). Lors de la fête solennelle de saint Fulcran chaque année, il était coutume d'asseoir le saint richement vêtu d'ornement la main levée en signe de bénédiction (cela rappel le saint évêque Athanase de Loubensk qui fut patriarche de Constantinople (XVIIe siècle) et dont le corps incorrompu est conservé assis couvert de ses ornement épiscopaux). Mais lorsque le 4 juillet 1573 les huguenots (prostestant) s'emparèrent de la ville, la cathédrale n'échappa pas plus que le reste de la ville au saccage et au pillage. Le corps incorrompu du saint évêque fut tiré hors de sa chasse, traîné en ville, avant d'être dépecé par un boucher et enfin jeter dans la Lergue. Des fidèles (catholique-romain) purent néanmoins recueillir quelques fragments qui sont conservés dans le reliquaire ci-dessus.




Le cloître
Datant du XVe-XVIe-XVIIe siècle. 


Le clocher est orné de quatre statues, qui représentent des saints vénérés au diocèse : saint Michel (archange), saint Genies (premier patron de la cathédrale), saint Flour (premier évêque de Lodève et apôtre de l’Auvergne) ou bien saint Amans (évêque de Rodez) et saint Fulcran (évêque de Lodève au xe siècle et patron actuel de la cathédrale).


Lodève est une ville étape sur la route venant de Arles et menant à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le clocher contient 7 cloches. Dont "Lou gran campan de san Froucan" (2200 kg).
Encore aujourd'hui, chaque soir le grand campan sonne 13 coup en mémoire de saint Fulcran.
Lequel est né au ciel le 13 Février 1006.


Le clocher et l'ancien palais épiscopale (XVII-XVIIIe)




Publié en la fête de saint Fulcran de Lodève.