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samedi 27 août 2016

Les reliques de saint Césaire d'Arles

Bien qu'ayant vécu au VIe siècle, il nous reste un nombre impressionnant de reliques du saint. Celles-ci sont conservées dans la ville d'Arles.
On peut lire avec intérêt ce document, réalisé pour l'exposition consacré à saint Césaire, au Louvre en 2012, qui les présentent : Les reliques de saint Césaire d'Arles (pdf).

La basilique saint-Trophime conserve quelques fragments de ces ossements dans sa chapelle aux reliques.



Le musée départemental Arles antique conserve les reliques suivantes, notamment un sarcophage du IVe siècle ayant contenu les reliques de saint Césaire :


Parmi les plus impressionnantes figure les reliques (tunique, chaussure, ceinture, pallium) ayant été portées par saint Césaire. Exceptionnel témoignage du VIe siècle.


Le pallium de st Césaire et la tunique reconstitué
Le chrisme sur le pallium

samedi 17 janvier 2015

saint Antoine le grand

icône de saint Antoine 
(basilique st Trophime à Arles, près des reliques du saint)

Lors de notre visite de la basilique saint-Trophime à Arles nous vous avions présenté les nombreuses et précieuses reliques conservées dans cette église. L'une des principales d'entres elles est sans nul doute celle de saint Antoine le grand, d'ailleurs conservé à part des autres.


Quelle est l'histoire de ces reliques, comment du désert égyptien où fut enseveli Antoine en 356, sont-elles arrivé en Provence dans la ville d'Arles. C'est ce qu'explique le texte ci-dessous que nous vous proposons :

ARLES ET LES RELIQUES DE SAINT ANTOINE DU DÉSERT

Si l'on en croit les écrits hagiographiques, saint Antoine abbé mourut le 17 janvier 356 au mont Colzim. Par souci d'humilité il avait recommandé à Macaire et Amathas, les deux disciples qui le servirent durant les quinze dernières années de sa vie, de garder secret le lieu de sa tombe afin que son corps ne soit ni embaumé ni vénéré.

Si l'on en croit la légende, le lieu de sa sépulture resta ignoré durant cent soixante seize ans et fut
mystérieusement découvert sous l'empire de Justinien. Ses restes furent alors apportés à Alexandrie
et déposés dans l'église de Saint-Jean-Baptiste en 529 comme le rapportent les martyrologes de
Bédé et Usuard), ainsi que nombre d'auteurs ecclésiastiques (Victor de Tunes qui aurait assisté à cet
événement, Saint-Isidore de Séville, Freculphe).

Devant l'expansion sarrasine, son corps fut transféré à Sainte-Sophie, à Constantinople, vers l'an
670 ; il y reposa jusqu'au XIe siècle, époque à laquelle il fut transporté en Europe par un baron dauphinois, Jocelin. Les bénédictins de Montmajour entrèrent en leur possession en 1083, date à laquelle l'église de Saint-Antoine en Isère fut donnée à l'abbaye de Montmajour d'Arles.

Parallèlement à l'implantation bénédictine, et face au développement de l'ergotisme (sorte de gangrène provoquée par un champignon se développant sur le grain, particulièrement le seigle, avarié), apparut un ordre hospitalier : les frères de l'Aumône ou antonins. Une rivalité s'instaura entre les deux ordres, aboutissant à l'expulsion des bénédictins par les antonins en 1290 : fere midi ignominiose fuerunt expulsi.

Cet acte marqua l'origine de l'antagonisme entre Arles et Saint-Antoine en Isère à propos de la possession des reliques de saint Antoine abbé. En effet, si jusqu'alors, les reliques étaient demeurées en Dauphiné, sous la garde des deux ordres (les antonins détenaient un bras, et les bénédictins le reste
du corps), après 1290 les avis divergèrent. Les bénédictins affirmèrent avoir emporté avec eux la
partie des reliques placée sous leur garde, alors que les antonins prétendirent qu'ils la laissèrent sur
place.

Dans un premier temps, ce débat fut occulté par celui du dédommagement dû par les hospitaliers
(transformés en ordre régulier) aux bénédictins en compensation de la perte du prieuré de Saint-Antoine (érigé en abbaye). Une pension annuelle de 1 300 livres tournois fut ainsi attribuée à perpétuité à Montmajour. Cela perdura pendant deux cents ans, jusqu'en juin 1490, date à laquelle une bulle papale inversa la situation en plaçant l'abbaye arlésienne sous la domination de l'abbaye dauphinoise, supprimant de ce fait la pension. L'affaire dura jusqu'au 31 décembre 1495, date à laquelle une bulle d'Alexandre VI supprima l'union des deux abbayes.

Ce fut dans ce contexte troublé que les reliques devinrent un enjeu politique et que fut ravivée la
querelle sur la légitimité de leur possession. Si leur présence à l'abbaye bénédictine d'Arles n'est attestée que par de très rares écrits, elle semble être confirmée par la découverte d'insignes de pèlerinage en plomb autour de Montmajour. Leur présence ne paraît guère trouver d'explication en dehors du contexte d'un pèlerinage.

Devant la crainte d'une tentative d'un coup de force des antonins pour prendre possession de l'abbaye
arlésienne, les reliques furent solennellement transférées à Saint-Julien d'Arles, le dimanche 9
janvier 1491 (1490 si l'on considère le style calendaire de l'Annonciation). Sous cette translation,
l'église Saint-Julien fût placé sous le double vocable Saint-Julien/Saint-Antoine, et saint Antoine
abbé, considéré avec saint Marc, comme un des patrons de la ville fit l'objet d'une importante dévotion. Sa statue ornait une des tours de la porte de la cavalerie, et sa procession était la plus importante puisqu'elle réglait, chaque année, le parcours des autres processions arlésiennes.

Son buste reliquaire en argent, qui était un des plus importants d'Arles, après avoir réchappé aux
fontes d'argenterie du XVIIIe siècle, fût victime du creuset dans lequel la Révolution précipita tant
d'œuvres d'art. Ses reliques furent restituées au culte par décision de la Congrégation des Rites en
1859 après bien des péripéties qui virent raviver le débat sur leur authenticité entre Arles et Saint-Antoine l'abbaye.

L'oubli dans lequel la dévotion à saint Antoine abbé est plongée depuis un demi-siècle à Arles
contraste singulièrement avec la ferveur qu'elle suscite dans le monde chrétien, tant romain qu'orthodoxe. Ainsi, les reliques arlésiennes sont plus adorées en Italie, où la chasse est régulièrement
envoyée, qu'à Arles même. Souhaitons qu'à l'avenir la fête de saint Antoine redevienne un temps
fort de l'année liturgique arlésienne et que sa chasse soit rétablie dans l'église qui l'a abritée pendant
plus de cinq cents ans.

Texte de Michel Baudat, extrait du bulletin n°1 de l'Association les Amis de la Major et de Saint-Julien Saint-Antoine « Histoire, patrimoine et accueil » d'Arles du 6 janvier 2008.

Source : Patrimoine de la ville d'Arles


Publié en la fête de saint Antoine le grand

samedi 12 avril 2014

Dimanche des Rameaux

Bonne fête à tous de l'Entrée à Jérusalem de Notre Seigneur Jésus Christ !

Avant ta Passion Tu T'es fait le garant de notre commune résurrection, en ressuscitant Lazare d'entre les morts, ô Christ Dieu. 
C'est pourquoi nous aussi comme les enfants portant les symboles de la victoire, nous Te chantons, à Toi le vainqueur de la mort : 
Hosanna au plus haut des cieux, béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur.
(Tropaire de la fête)

Entrée du Christ à Jérusalem - détail d'un sarcophage du milieu du IVe siècle, Basilique st-Trophime à Arles.


***
On remarque par ce sarcophage que l'iconographie de la fête est déjà établie au IVe siècle. Le Christ (imberbe ici) assis sur l’ânesse bénis de la main droite. On remarque l’ânon sous l’ânesse, qui ne figure pas (ou plus) dans l'iconographie établie, rappelant la parole du Christ : "Allez au village qui est devant vous; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle; détachez-les, et amenez-les-moi." (Mat 21:2) ; Évangile lu lors des Matines de la fête, mais qui ne précise pas sur quel animal le Christ s'assit puisqu'il est écrit : "Ils amenèrent l'ânesse et l'ânon, mirent sur eux leurs vêtements, et le firent asseoir dessus." (Mat 21:7). L'iconographie établie suit quant à elle l’Évangile de Jean, lu lors de la Liturgie de la fête : "Jésus trouva un ânon, et s'assit dessus, selon ce qui est écrit: Ne crains point, fille de Sion; Voici, ton roi vient, Assis sur le petit d'une ânesse." (Jn 12: 14-15). Les personnages suivant le Christ figure les apôtres, et l'on remarque la présence obligée de l'arbre d'où sont tirés les rameaux. Les personnes qui précèdent le Christ étendent leurs vêtements et figure la foule qui l'acclame du fameux Hosanna! Seul manque ici la présence d'enfants, peut être par manque de place, qui eux figurent immanquablement dans l'iconographie établie portant des rameaux et étendant des vêtements.
En comparatif cette icône tirée d'un iconostase (Monastère de Vatopeidi, Mt Athos, vers 1600) :


dimanche 29 décembre 2013

Basilique Saint-Trophime à Arles

Nous vous proposons dans cet article de découvrir l'ancienne cathédrale primatiale Saint-Trophime, dédié au premier évêque de la cité d'Arles. Il ne s'agira ici que d'une présentation générale de la basilique. La sublime façade romane qu'elle arbore, et les galeries romanes de son cloître pourraient faire à eux seuls l'objet de plusieurs publications, nous préférons en donner seulement un aperçu général complet et inviter nos lecteurs à aller voir par eux-mêmes les détails de ces sculptures romanes, d'une exceptionnelle qualité, fleurons de l'art roman provençal. Les plus impatients trouverons un échantillon de photo de la façade ici.
Nous reviendrons ultérieurement sur cette basilique et l'histoire du quartier dans lequel elle s'insère. N'étant pas un bâtiment isolé, elle s'inscrit dans un ensemble, une cité épiscopale dont les origines remontent au IVe-Ve siècle.

Au XIIe siècle, l'ensemble épiscopal existant depuis le Ve siècle à cet emplacement, est reconstruit. Il comprend la Primatiale Saint-Trophime, l'Archevêché et les bâtiments canoniaux organisés autour d'un cloître dont la construction ne se terminera qu'au XIVe siècle.
Un chœur gothique viendra prolonger l'église au XVe siècle.
Au XVIIe siècle le palais épiscopal est reconstruit, des modifications sont apportées à l'église et aux bâtiments des chanoines.

(N'oubliez pas de cliquer sur une image pour la voir en plus grand)











Panneau présentant les traditions concernant la primo-évangélisation de la Provence. Le caractère historique d'une partie de ces traditions sont sujettes à caution et nous y reviendrons en tant utile.

Les vitraux du XIXe siècle*.
 La Vierge Mère de Dieu et saint Trophime 1er évêque d'Arles (IIIe s.).

Saint Virgile évêque d'Arles (+610) et saint Etienne le proto-martyr à qui était dédiée la basilique du Ve siècle.

Saint Honorat évêque d'Arles (+430) et saint Genès martyr à Arles (+308).

La chapelle des reliques de la Basilique (face nord).

Parmi les plus fameuses reliques conservées ici on relèvera : 
- st Etienne le proto-martyr
- st Sébastien martyr à Rome
- st Laurent diacre martyr à Rome
- st Genès martyr à Arles
- st Trophime évêque d'Arles
- st Aurélien évêque d'Arles
- st Césaire évêque d'Arles
- st Virgile évêque d'Arles
- st Hilaire évêque d'Arles
- ste Anne mère de la Mère de Dieu
- stes myrrophores : Marie Jacobé, Marie Salomé, Marthe.
- ste Césarie moniale à Arles, sœur de st Césaire.
- ste Rusticule abbesse à Arles.
- etc....
Sans oublier celle de saint Antoine le grand.


Reliquaire de saint Antoine le grand, contenant une partie de ses reliques, dont le crâne du saint.

Sarcophage de Paulus Geminus (début du Ve siècle), situé dans la chapelle du Saint-Sépulcre (une des chapelles rayonnantes) (Crédit photo)
Le Christ entouré des apôtres Paul (à gauche) et Pierre (à droite, portant une croix conformément à l'iconographie de cette époque).

 Sarcophage du IVe siècle dit "du passage de la mer rouge", situé dans la chapelle saint-Genès (face nord de l'église).

Ce sarcophage du milieu IVe-Ve siècle, provient de l'église Saint-Honorat des Alycamps (site majeur auquel nous consacrerons un article ultérieurement) où il servait de maître-autel jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Il aurait été le sarcophage de saint Honorat évêque d'Arles. Transporté dans cette église, il servit de fond baptismaux. Illustrant ainsi parfaitement la parole de l'apôtre : "ayant été ensevelis avec lui (le Christ) par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts." (Col 2:12). Il est aujourd'hui encastré dans le mur nord de l'église.
 
Description des scènes du sarcophage.


Basilique vue de la cour de l'archevêché

Le cloître
Ce bâtiment construit au XIIe (galerie Nord et Est) et au XIVe siècle (galerie Ouest et Sud) était destiné à la vie régulière des chanoines attachés à la cathédrale : il comporte la salle capitulaire (salle du chapitre) au Nord, le dortoir en étage à l'Est et le réfectoire à l'Ouest.
Un plan légendé de toutes les sculptures du cloître se trouve ici.

 Galeries romanes du cloître


 Le cloître
Sur le toit du cloître

 Le dortoir

Salle capitulaire (Crédit photo



+Publié en la fête de saint Trophime évêque d'Arles+